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TABLE DES MATIERES
PAR ORDRE ALPHABETIQUE
ALBERT Ier, Prince DE Monaco. — No 208. — Sur la douzième Campagne de Ia Princesse-Alice II. BerteL (Rudolf). — No 219. — Sur une nouvelle méthode de recherches
qualitatives de la lumiere dans des profondeurs différentes de la mer. (Note preliminaire).
Catvet (Louis). — No 215. — Diagnoses de quelques espèces nouvelles de Bryozoaires Cyclostomes provenant des Campagnes scientifiques accomplies par S. A. S. le Prince de Monaco, a bord de la Prin- cesse-Alice (1889-1910).
CrprpDE (Casimir). — No 202. — La Flore planctonique du Pas de Calais en 1906. CHEVREUX (Ed.). -— No204. — Diagnoses d’Amphipodes nouveaux pro-
venant des Campagnes de la Princesse-Alice dans l'Atlantique Nord.
CoUTIERE (H.). — No 197. — Sur les Alpheidæ du Genre Athanas Leach, provenant des Collections de S. A. S. le Priuce de Monaco.
DELAGE (Yves). — No 198. — La Spongiculture à Tamaris.
Dusois (Raphaël). — No 191. — Nouveaux essais de spongiculture au Labo- ratoire Maritime de Biologie de Tamaris-sur-Mer.
Famincyn. — No 200. — Note sur les Bryopsis de la côte de Monaco.
FAURE-FREMIET (E.). — No 192. — Révision de la famille des Textularidæ.
FAURÉ-FREMIET (E.). — No 216. — La constitution dn test chez les Fora-
minifères arénacés.
- Fauve (Pierre). — No 194. — Troisième note préliminaire sur les Poly- chètes provenant des campagnes de l’Hirondelle et de la Princesse- Alice, ou déposées dans le Musée Océanographique de Monaco.
GUÉRIN-GANIVET (J.). — No 195. — Notes préliminaires sur les Gisements de Mollusques comestibles des côtes de France : la Rade de Brest (avec une carte).
GUÉRIN-GANIVET (J.). — No 203. — Notes préliminaires sur les Gisements de Mollusques comestibles des côtes de France (avec deux cartes).
GUÉRIN-GANIVET (J.). — No 217. — Notes prélimineires sur les Gisements de Mollusques comestibles des Côtes de France : les Anses de la Côte occidentale du Finistère et l'archipel de Sein (avec une carte).
Guérin-Ganiver (Mme G.). — No 207. — Étude préliminaire des Bryo- zoaires rapportés des côtes septentrionales de l’Europe par l’expé- dition du Jacques-Cartier en 1908,
Hansen (H.-J.). — No 210. — The Genera and Species of the Order Euphausiacea, with Account of remarkable Variation.
Hautreux (A.). — No 211. — Températures de l’Atlantique Nord (Surface et profondeurs).
HeıLeronn (Dr Alfred). — No 201. — Observations faites au Musée Océa- nographique de Monaco, sur le mode et la vitesse de croissance de Stauridium cladonema H. |
Jousin (L.). — No 213. — Études sur les Gisements de Coquilles comestibles des Côtes de France : la Presqwile du Cotentin (avec deux cartes).
IKEHLER (R.). — No 196. — Isopodes nouveaux de la famille des Dajides provenant des campagnes de la Princesse-Alice.
KŒHLER (R.). — No 214. — Arcturidés nouveaux provenant des campagnes de la Princesse-Alice ou appartenant au Musée Océanographique de Monaco.
Maas (Dr Otto). — No 212. — Contributions au système des Méduses, basées sur des formes bathypélagiques des Campagnes Scientifiques de S. A. S. le Prince de Monaco (suite).
Maraguin (A.) et Carin (F.). — No 205. — Note préliminaire sur les Anne- lides pelagiques provenant des campagnes de |’ Hirondelle et de la Princesse-Alice.
NIELSEN (J.-N.). — No 209. — Sur les températures des grandes profondeurs particulierement dans la Mediterranee (Note preliminaire). RicHARD (J.). — No 218. — Campagne scientifique de l’Zirondelle II en
1911, liste des Stations (avec une carte).
Roucu (J.). — No 206. — Expedition Antarctique du Docteur Charcot a bord du Pourquoi-Pas ? Sr Ah Principaux resultats d’Oce- anographie physique.
SUDRY (L.). — No 199. — Densité, température, coloration de l'eau de mer et courants sur la côte de Calvados pendant l’été 1910.
ZUGMAYER (Erich). — No 193. — Diagnoses des Poissons nouveaux pro- venant des campagnes du yacht « Princesse-Alice».
TABLE DES MATIERES
Le numéro de chaque article se trouvant au bas du recto de chaque feuillet il est tres facile de trouver rapidement l'article
195.
201.
202.
cherché. Nos 191. — Nouveaux essais de spongiculture au Laboratoire Maritime de Biologie de Tamaris-sur-Mer, par M. le Professeur Raphaél Dusois. 192. Révision de la famille des T'extularidæ, par E. FAURE-FREMIET.
Diagnoses des Poissons nouveaux provenant des Campagnes du yacht « Princesse-Alice » (1901 a 1910), par Erich Zuc- MAYER.
Troisieme note preliminaire sur les Polychetes provenant des campagnes de l’Hirondelle et de la Priniesse-Alice, ou de- posees dans le Musée Océanographique de Monaco, par Pierre FAuver.
Notes préliminaires sur les Gisements de Mollusques comes- tibles des Côtes de France : la Rade de Brest (avec une carte), par J. GUERIN-GANIVET.
Isopodes nouveaux de la famille des Dajidés provenant des campagnes de la Princesse-Alice, par R. K&HLEr, professeur ala Faculté des Sciences de Lyon.
Sur les Alpheidæ du Genre Athanas Leach, provenant des Collections de S. A.S. le Prince de Monaco, par H. CouTIÈRE.
La Spongiculture a Tamaris, par M. le Professeur Yves DELAGE.
Densité, temperature, coloration de l’eau de mer et courants sur la côte de Calvados pendant l’été 1910, par L. Supry.
Note sur les Bryopsis de la cöte de Monaco, par M. le Pro- fesseur Famincyn, de l’Académie des Sciences de St-Péters- bourg.
Température & I’ Atlantique Nord (Surface et profondeurs), par A. HAUTREUX.
La Flore planctonique du Pas de Calais en 1906, par Casimir CEPEDE, docteur és sciences chargé de De de biologie de aux pêches maritimes.
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Notes préliminaires sur les Gisements de Mollusques comes- tibles des côtes de France (avec deux cartes), par J. GutrRin- GANIVET.
Diagnoses d’Amphipodes nouveaux provenant des Campagnes de la Princesse-Alice dans l'Atlantique Nord, par Ed. CHEVREUX. | |
Note préliminaire sur les Annélides pélagiques provenant des campagnes de l’Ærrondelle et de la Princesse-Alice, par A. MALAQUIN et F. Carin.
Expedition Antarctique du Docteur Charcot a bord du Pour- quoi-Pas ? (1908-1910). Principaux résultats d'Océanographie physique, par J. Rouch, enseigne de Vaisseau.
Étude préliminaire des Bryozoaires rapportés des côtes septen- trionales de l’Europe par l’expédition du Jacques-Cartier en 1908, par Mme G. GUÉRIN-GANIYET.
Sur ia douzième Campagne de la Princesse-Alice II, par S. À. S. ALBERT ıer, PRINCE DE Monaco.
Sur les températures des grandes profondeurs particulièrement dans la Méditerranée (Note préliminaire), par J.-N. NIELSEN, ~ hydrographe des expéditions du Thor, Copenhague.
The Genera and Species of the Order Euphausiacea, with Account of remarkable Variation, by H. J. HANSEN
Observations faites au Musée Océanographique de Monaco, sur le mode et la vitesse de croissance de Stauridium clado- nema H., par le Dr Alfred HEILBRONN.
Contributions au systeme des Meduses, basees sur des formes bathypélagiques des Campagnes Scientifiques de S. A. S. le Prince de Monaco (suite), par le Dr Otto Maas.
Etudes surles Gisements de Coquilles comestibles des Cötes de France : la Presqu’ile du Cotentin (avec deux cartes), par L. JOUBIN.
Arcturidés nouveaux provenant des Campagnes de la Princesse- Alice ou appartenant au Musée Océanographique de Monaco, par R. KŒHLER.
Diagnoses de quelques espèces nouvelles de Bryozoaires Cyclos- tomes provenant des Campagnes scientifiques accomplies par S. A. S. le Prince de Monaco, a bord de la Princesse-Alice (1889-1910), par Louis CALVET.
La constitution du test chez les Foraminiferes arénacés, par E. FAURE-FREMIET.
Notes preliminaires sur les Gisements de Mollusques comes- tibles des Côtes de France: les Anses de la Côte occidentale du Finistere et l’archipel de Sein (avec une carte), par J. GUÉRIN-GANIVET.
Campagne scientifique de l’Hirondelle II en 1911, liste des Stations, dressée par J. RICHARD, avec une carte.
Sur une nouvelle méthode de recherches qualitatives de la lumière dans des profondeurs différentes de la mer. (Note préliminaire), par Rudolf Berter, Professeur à la Deutsche Oberrealschule à Pilsen.
BULLETIN
DE
{Fondation ALBERT Ier, PRINCE DE Monaco)
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NOUVEAUX ESSAIS DE SPONGICULTURE
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AU LABORATOIRE MARITIME DE BIOLOGIE
DE TAMARIS SUR MER
par M. le Professeur Raphael DUBOIS.
Directeur du Laboratoire Maritime de Tamaris-sur-Mer.
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BRELRTIN DE L'INSTITUT .OCEANOGRAPHIQUE (Fondation ALBERT I”, Prince de Monaco)
N° 191 — 5 Janvier ıg11.
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Nouveaux essais de spongiculture au Laboratoire Maritime de Biologie de Tamaris-sur-Mer.
Spongiculture par essaimage ou ensemencement, — fixation des larves déponges commerciales, — élevage et description des Olynthes d Euspongia officinalis, — position systéma- tique des éponges fibreuses commerciales, — pêche des éponges commerciales sur la cöle du département du Var.
par M. le Professeur Raphaël DUBOIS.
Directeur du Laboratoire Maritime de Tamaris-sur-Mer. .
En 1901, ayant été chargé par le Ministère des Colonies d'une mission pour l’étude des huîtres perlières sur les côtes de la ‘Tunisie, j'avais été frappé de l'intérêt qu'il y aurait à installer un laboratoire maritime de biologie dans les eaux du Golfe de Gabès, pour permettre de résoudre scientifiquement un certain nombre de problèmes d'ordre pratique, d’où dépend directement la richesse du sud tunisien et, plus spécialement, l’importante question des éponges (règlementation de la protection, pêche, culture, etc., etc.) |
La haute administration de la Régence et, en particulier, l’eminent ingénieur M. de Fages, aujourd’hui directeur Général des travaux publics de Tunisie, voulut bien prendre en considé- ration la proposition que je lui fis d'organiser cet établissement et d'en prendre la direction technique. M. A. Allemand-Martin,
do
préparateur à mon laboratoire de physiologie générale et com- parée de Lyon, détaché au service du gouvernement tunisien me fut adjoint en qualité de sous-directeur.
Le laboratoire fut installé en 1903, et jusqu’en 1906 on as tiplia les recherches et les expériences. Eépoqme @xaete de l'émission des larves, jusqu'alors fort controversée, fut définiti- ment fixée, ce qui permit d'établir une réglementation basée sur des données scientifiques. La biologie de l'éponge (Hippo- spongia equina) fut l’objet d’études spéciales et surtout la spongi- culture par fragmentation. Nos essais ont été assez encourageants pour que le gouvernement de la Régence ait décidé qu'ils seraient poursuivis sous la surveillance très active et fort habile du Commandant du port de Sfax, M. le Capitaine Capriata. Sous son heureuse influence, et grace à la constante sollicitude d’une administration éclairée, le parc d'essai pour la spongiculture à Sfax a pris une grande importance. Les résultats obtenus font présager que l’on pourra arriver dans un avenir prochain à la solution pratique industrielle de l’importante question écono- mique de la culture artificielle de l'éponge commerciale ; ils ont été publiés dans un grand nombre de volumes, de brochures, de Revues et de journaux (1). Mais malgré cette opulente publi- cation, il faut croire que l'existence même du laboratoire de Sfax et les multiples expériences qui y ont été faites pendant
(1) RAPHAEL DüuBois, Le laboratoire maritime de biologie de Sfax (Tunisie) : Ann. de la Soc. linnéenne de Lyon, 12 Février, 1906, T. LV.
A. ALLEMAND-Martin, Etudes de physiologie appliquée à la spongicul- ture sur les côtes de Tunisie : thèses pour le doctorat es-sciences, Lyon, 23 novembre, 1908.
E. pe Faces & Ponzevera, Les pêches maritimes de la Tunisie: Tunis, 1908.
RAPHAEL DuBois et A. ALLEMAND Martin, Contribution a l’etude de la biologie des éponges et a la spongiculture sur les cotes demie Ann. de la Soc. linnéene de Ton TA LV, 1906.
RAPHAEL Dusois, Rapport sur la spongiculture et sur la mytiliculture en France: C. R. du Congres international des peches maritimes des Sables d'Olonne, 1909.
R. DE Ceccaty, La Depeche Sfaxienne, 29 septembre 1908, 5 decem- bre vu Be, no 16 septembre, 1910.
DE Cuapenac, Le laboratoire de Sfax, la station maritime de Tamaris- sur-mer, Aa spongiculture et l'industrie des éponges en Tunisie : Ligue maritime, IQ10.
La culture des eponges sur le littoral méditerranneen frangais — La Nature, 16 janvier 1909 et 7 Novembre 1906.
La spongiculture : Revue générale des Sciences. Paris, 30 décembre, HOOF). Are. lc.
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plusieurs années consécutives ont complètement échappé à la connaissance des savants de l United states Bureau of Fisheries, qui vient de publier un important travail de M. H. F. Moore, un de ses assistants scientifiques (1).
Les résultats auxquels sont arrivés les expérimentateurs américains sont identiques à ceux que nous avons publiés avant eux et ils ont employé, comme nous, la méthode de la frag- mentation ou du bouturage.
Nous terminions ainsi le travail que nous avons publié en collaboration avec M. A. Allemand-Martin, en 1908 (loc. cit.) « Tous les faits résumés succinctement dans cette note nous permettent d'espérer qu'à une époque plus ou moins rapprochée, selon les moyens d’action dont nous pourrons disposer, la spon- giculture entrera dans une phase pratique et que les efforts scientifiques et administratifs, déjà faits en ce but, recevront leur juste récompense. »
M. Moore, de son côté, a fait de nombreuses observations sur lesquelles ıl a basé ses calculs. Mais il dit comme nous l’avions fait remarquer nous-mêmes, que les conclusions basées Ber les expemences actuelles sont grandement théoriques et qu'une donnée définitive ne pourra être obtenue avant que le travail soit repris sur une échelle commerciale. «On peut croire, avec confiance, ajoute M. Moore, que si les investigations sont poursuivies dans une localité convenable, le revenu net actuel par acre pourra étre considerablement plus grand que ceux qui ont été établis.» L’expérimentateur américain a admis, avec les réserves ci-dessus indiquées, que le revenu net d’un placement d’environ 225 livres sterling, par acre, serait, en moyenne, par année, de 200 livres sterling.
M. Moore a serré de plus pres que nous la question finan- ciére, mais les conclusions sont les mémes que les notres et que celles de MM. de Fages et Ponzevera (loc. cit). Tout porte donc à croire que, grace aux perfectionnements nombreux
(1) A pratical method of Spongia culture: in Bull. of the Bureau of Fisheries V. XXVIII, Washington, 1910.
(191)
apportes a la methode des boutures, les previsions de F. Cava- lini, d’Oscard Schmidt et de Buccich, de Emile von Maren- zeller, recevront bientöt une sanction industriellement pratique.
Cependant, comme nous l’avons fait remarquer depuis longtemps, le spongiculteur ne devra pas se borner à multi- plier les éponges par le bouturage, il devra s'appliquer à en obtenir directement par essaimage ou ensemencement.
La methode du bouturage et de l’essaimage naturel, peuvent être conduites simultanément, puisque la fragmentation n’em- pêche pas la production des éléments reproducteurs et l’émis- sion des larves.
Le procédé de l’essaimage naturel est basé sur la reproduc- tion des éponges parquees et sélectées au moyen des larves. Il paraît de prime abord beaucoup plus simple que le précédent. Il n'exige en effet, d’autre technique que l'observation précise des conditions essentielles de biologie suivantes :
1° Que la pêche et l'installation soient faites à une tempé- rature voisine de la température optima de + 15°. ;
2° Que les éponges destinées à cette culture soient pêchées au scaphandre ou à la plongée à nu ;
3° Que les éponges, au moment de leur capture, soient immobilisées de la meilleure facon possible dans des caisses à claire-voie, ou de préférence, dans des corbeilles, s'il s'agit d’éponges entières, sans écrasement ni blessures, et transportées dans les conditions indiquées (loc. cit.) sur le lieu des opéra- tions ;
4° Que ces éponges soient placées dans un parc installé dans les mêmes conditions que le parc type du laboratoire de Sfax, c'est-à-dire enclos, et à un mètre environ les unes des autres. —
Les larves, au moment de leur émission se déplacent à l'inté- rieur du parc, puis tombent parfois et se fixent au fond sur les rhizomes de zostères et sur les collecteurs placés au préalable, et composés de pierres, de débris de poterie, de coquilles, etc.
Lorsque les petites éponges deviennent visibles à l’ceil nu, l'opérateur doit, si. elles sont fixées sur des collecteurs wep rapprochés les uns des autres, écarter suffisamment les collec- teurs pour que les éponges ne puissent pas se gêner mutuel-
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lement, et pour qu elles puissent trouver dans l’eau ambiante la quantité de plankton nécessaire a leur nourriture. Apres sa fixation a l’etat de larve, dans les eaux du laboratoire de Sfax, où ont été faites ces constatations, l'éponge grossit très rapide- ment. Pendant le premier été, elle atteint la taille d’une petite orange, dans le cours ou à la fin de la deuxième année, elle peut arriver à la grosseur commerciale minima (o ™ 30 de circonfé- rence). Ce procédé donne des résultats beaucoup plus rapides que la spongiculture par fragmentation; il y a lieu toutefois, de multiplier les essais avant de pouvoir se prononcer en toute connaissance de cause sur la valeur industrielle de ce procédé. (V. Les pêches maritimes de la Tunisie, 1908.)
Les premiers essais que nous avons tentés dans cette direction avec M. Allemand-Martin au laboratoire de Sfax, au début de sa fondation, n’ont pas été démonstratifs en raison des travaux de - dragages effectués dans le port de Sfax, très voisin du laboratoire et aussi parce que les clôtures étaient très imparfaites. D’impor- tantes améliorations ont été depuis apportées au parc d'essai par l'Administration des Travaux publics sous l'impulsion féconde de son éminent directeur M. de Fages, secondé avec beaucoup de zèle de compétence et d’habileté par le capitaine Capriata. Il n'est pas douteux, en tous cas, que l’on arrivera à des résultats supérieurs à ceux que nous avions obtenus avec M. Allemand- Martin au début.
Pourtant ce qui nous avait toujours frappé l’un et l'autre, cest l'énorme disproportion qui existe, même à l'état naturel, entre le nombre colossal de larves émises par les éponges et le nombre infiniment petit des éponges issues des larves.
Je n'avais vu qu’une fois se développer une petite éponge sur une pierre de notre bassin d’essai de Tamaris, où cepen- dant nous avions parqué plusieurs belles éponges de Tunisie.
Les résultats de l’essarmage naturel, même en parc clos avec collecteurs variés,n’ayant pas été satisfaisants,nous avons essayé d'arrêter les larves, de les enfermer autant que possible et de les attirer sur des collecteurs placés à leur portée. C’est ce qu'on pourrait appeller l’assaimage artificiel, méthode nouvelle ainsi qu'on en peut juger par ce passage du travail récent
(191)
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de M. Moore (loc. cit., p. 554) qui montre que rien de sem- blable n’avait été tenté avant nous.
« Il est probable, dit l’auteur, que l'éponge peut être cultivée depuis les œufs jusqu’à un volume commercial, mais cela n’a pas été démontré jusqu'ici. D’après certaines expériences, faites avec des éponges non commerciales, on sait qu’elles peuvent être conservées pendant longtemps vivantes après le développe- ment de l'œuf. On ne connait aucun cas dans lequel elles ont été artificiellement conduites à la maturité ou à un développe- ment important et les expériences avec les éponges commer- ciales sont toujours sans conclusions.
« L'élevage des éponges à partir de l’œuf restera très proba- blement toujours une délicate opération praticable seulement par un habile chercheur pourvu de facilités spéciales et entièrement au dessus de la portée d’un praticien engagé dans une affaire commerciale. Pour cette raison, la méthode paraît mal adaptée aux présents besoins de la pêche aux éponges et a été, par con- séquent, écartée dans le travail expérimental décrit dans cette publication. |
«Cependant, comme cela a été indiqué dans une discussion académique par M. H.-V. Wilson, il se peut que cette methode prenne une place distincte dans la culture future de l'éponge, bien que son développement et son application nécessiteraient probablement la main d’unopérateurexceptionnellement habile.
« Il pourrait alors faire engendrer des éponges par des parents sélectés et obtenir ainsi des races perfectionnées pour faire la culture par bouturage ou fragmentations. Peut-étre quelque pro- cédé d’hybridation pourrait être aussi obtenu, comme l'ont fait pour les plantes les horticulteurs expérimentateurs.
« Mais, en raison de la plasticité de l'éponge, de son extreme susceptibilité aux influences du milieu, aussi bien que des difli- cultés que rencontreront les expérimenteurs dans leurs tenta- tives de reproduction et d’hybridation, une longue attente sera
nécessaire, si tant est que les résultats heureux ne fassent pas
complètement défaut ». On ne pouvait faire un meilleur exposé que celui de M. Moore de l'état de la question, mais nous ne saurions partager
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ee le pessimisme du savant américain pour les raisons que nous allons exposer.
Au mois de novembre 1909, nous avons fait pêcher au sca- phandre, sur le littoral du département du Var et dans le voisi- _ nage du laboratoire de Tamaris-sur-Mer, des éponges commer- cialeset particulierementdes Euspongia officinalis var. adrialtica. Ces spécimens ont été recueillis avec le plus grand soin ettrans- portés dans des paniers remplis d'algues et baignant dans l’eau. Les éponges arrivées en parfait état de conservation, ont été immédiatement placées dans les appareils que nous avions fait construire spécialement pour essayer comparativement l’essai- mage naturel et l’essaimage artificiel.
Ces appareils se composent de radeaux flottants en bois blanc, supportant des vases en terre cuite percés de vingt-cinq trous du diamètre de un centimètre chacun pour permettre la circulation de l’eau et susceptibles de recevoir des couvercles de diverse nature.
Les radeaux ont une longueur de 3™8o et une largeur de o™8o. Ils sont composés d'un cadre en poutrelles de o™16 de côté et d'un plancher en voliges. Toutes les pièces sont réunies par des vis de cuivre. Le plancher est percé de trous de 0™35 centi- mètres de diamètre, distants les uns des autres de quinze centi- mètres. Ces trous reçoivent des vases en terre cuite, en forme de cônes tronqués qui ne sont autre chose que des pots à fleurs dont les parois ont été percés de trous, comme nous l’avons dit plus haut.
Leur fond avait aussi été percé de cingtrous pour permettre l'écoulement des dépôts vaseux.
Un certain nombre de vases ne présentaient que l’orifice existant normalement dans tout pot à fleurs mais c’est la une disposition à modifier pour empêcher la vase de s'accumuler dans le fond des récipients.
Les vases ont une ouverture d’un diamètre de 0" 35 centi- mètres et une hauteur également de 0” 35 centimètres.
L'ouverture supérieure a été fermée respectivement pour cha cun de ces récipients, par des verres de couleurs différentes, par des plaques de marbre blanc ou par des tuiles ; d’autres vases ont été laissés ouverts.
(191)
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Nous avons mis en expérience une vingtaine de ces viviers enterre cuite. |
Les radeaux ont été amarrés dans un grand bassin d’essai, ayant 500 métres carrés de superficie, situé en face du labora- toire et ot l’eau est constamment renouvelée par le passage des bateaux à vapeur faisant le service des Sablettes et de Tamaris a Toulon, toutes les heures environ, dans un sens ou dans l’autre.
La profondeur de l’eau est très peu considérable et varie de un mètre à un mètre cinquante centimètres ; elle est même tombée plus bas pendant les mois d'été.
Les radeaux sont accolés à un pont de bois qui permet de surveiller facilement ce quise passe dans les viviers et,en outre, ils peuvent suivre les mouvements de hausse et de baisse de l'eau très facilement, en glissant le long de tiges fixées au pont et traversant des pitons vissés sur le bord du radeau tourné du côté du pont.
D'autres viviers et radeaux de même espèce avaient été ins- tallés dans notre parc de mytiliculture, lequel n’est pas abrité comme le bassin d'essai, mais est beaucoup plus profond; le mauvais temps ayant dérangé nos expériences de ce côté, nous les avons provisoirement abandonnées pour adopter cette année un dispositif nouveau plus avantageux.
Les éponges du parc d'essai ont été fixées de différentes façons.
Les unes ont été attachées sur les parois du vase au moyen d'une ficelle passée dans les trous destinés à la rénovation de l'eau, d’autres ont été fixées également à l’aide d’une ficelle, mais sur des petites plaques carrées de marbre blanc dressé mais non poli, indépendantes, appuyées debout le long de la paroi et que l’on pouvait enlever à volonté quand cela était nécessaire pour mesurer l'accroissement de la taille ou pour le nettoyage des viviers.
Nous avons également employé comme support ces petits pavés hexagonaux en terre rouge que l’on appelle dans le midi des «tomettes» ; l'éponge était fixée non pas sur la surface polie, mais sur l’autre, laquelle présente des reliefs favorables à la fixation de l'éponge.
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Dans tous les cas, nous avons obtenu des fixations solides permettant d’enlever la ficelle fixatrice au bout d’un temps relativement court. Le procédé le plus économique est celui des _«tomettes » ; c'est aussi le meilleur à d’autres points de vue.
Les éponges ont été abandonnées.dans leurs viviers respec- tifs pendant l’hiver, le printemps, l'été et une partie de l’au-
tomne: on s’estcontente d’enlever de temps en temps la vase qui s'était déposée dans le fond.
Au commencement du mois de novembre dernier, nous avons examiné les viviers.
Dans les vases restés ouverts, l'accumulation de la vase, des détritus de surface et très probablement aussi l’action des radia- tions solaires avait fait périr une certaine quantité des éponges du bassin d'expériences, qui n'étaient guère séparées de la sur- face que par une couche d’eau de 30 à 40 centimètres.
Les éponges du parc à mytiliculture placées dans des vases semblables mais à une profondeur de deux mètres environ et en eaux vives avaient, l’année précédente, parfaitement résisté malgré l’absence de couvercle, elles étaient noires et leur volume s'était notablement accru dans l’espace de quelques mois.
D’autres éponges, placées dans les mêmes conditions, mais dans des vases dont l’orifice supérieur était fermé par un cou- vercle de terre cuite, étaient également bien portantes ; elles s'étaient dépigmentées par suite de l’absence d’eclairage, mais avaient acquis un volume supérieur à celui des précédentes.
12, meme remarque de l'influence de la lumière sur les éponges commerciales avait déjà été faite au laboratoire de Sfax dans nos recherches antérieures. Mais nı dans les vases ouverts, ni dans les vases couverts du parc a mytiliculture nous n'avions constaté ce que nous avons vu en novembre dernier dans les vases supportés par les radeaux du bassin d’experimentation situé en face du laboratoire.
La face inférieure des couvercles des vases fermés, leurs pa- rois intérieures et parfois même la paroi extérieure, surtout la partie tournée du côté nord, les supports formés de plaquettes Br marbre et ‚les tomettes portaient en nombre plus ou moins grand de petites amphores de cinq à dix millimètres qui n'étaient autre chose que des olynthes.
(x91)
— VO -
On a, comme on sait, considéré longtemps les olynthes comme des espèces d’un genre particulier d’éponge, mais plus tard, on a reconnu que ce n’était qu'une forme spéciale d’un des stades de développement des éponges.
L’abondance de ces olynthes dans des vases demi-clos ren- fermant des Æuspongia officinalis, ne permettait pas de sup- poser qu'ils n'étaient pas issus des éponges en question, d'autant
mieux que jamais on n’en avait constaté la présence dans le
bassin d'essai antérieurement à nos expériences.
D'autres éponges avaient été suspendues tout autour des radeaux : on avait disposé des collecteurs variés dans leur voi- sinage, mais ils ne portaient pas traces d’olynthes. Ceux-ci s'étaient développés uniquement sur les pots, sous les couvercles de ces pots et sur les supports mobiles des éponges qu'ils
contenaient. Ils étaient surtout abondants à la face inférieure des cou-
vercles de verre rouge et de verre jaune, en quantité moindre sur les verres verts et sur les bleus. Le verre violet ayant été brisé, il nous a été impossible de savoir quel aurait pu être son action. Sous le couvercle du verre rouge nous avons compté plus de cent olynthes. Ces:couvercles étaient tous, sur leur supérieure, recouverts d’une légère couche de limon.
Il est difficile de dire si les différences constatées sont dues a la prédominance de certaines radiations colorées ou à des diffrences d'intensité éclairante.
Nos verres sont loin d’être monochromatiques et nous ne pouvons avoir que des indications un peu vagues sur l'influence de la qualité de la lumière, sur le développement des olynthes. Nous nous proposons de reprendre ce côté de nos études, en nous plaçant dans des conditions expérimentales d'un déter- minisme plus rigoureux. Ce qui n’est pas douteux c’est que les olynthes n’existaient pas en même proportion à la face infé- rieure de tous les verres colorés. Il restera à résoudre également la question de savoir si l'abondance constatée sous certains verres tient à ce que les olynthes se sont développés plus volontiers grace à l'influence de certaines radiations, ou si simplement les larves mobiles ont été attirées en plus grand nombre par les
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radiations rouges et jaunes. Peut-étre les deux influences se sont-elles fait sentir a la fois.
Quant a l’influence de la quantité de lumière ou si l’on mrevere, de l'intensité eclairante, elle est bien évidente. Un éclairage trop violent est aussi préjudiciable qu’une obscurité trop prononcée. Ce qui vérifie une fois de plus cette loi physio- logique qu’il n'y a pas d’animaux lucifuges ou négativement héliotropiques ou phototropiques et que tous sont positivement phototropiques, mais à des degrés différents.
Dans les vases où 1l y avait une obscurité à peu près com- plete, c’est-à-dire dans ceux qui n'avaient qu'un trou au fond et étaient fermés par une plaque débordante de marbre blanc, il n’y avait pas d’olynthes ; mais on en voyait en assez grand nombre sur la paroi inférieure de la plaque de marbre, en dehors de l'ouverture du vivier de terre cuite ; les larves avaient dû fuir la trop grande obscurité de l'intérieur, glisser entre les bords du pot et la plaque de marbre et s'établir dans les points extérieurs de la face inférieure mieux éclairés.
Ces données ont une importance considérable parce qu'elles montrent qu’on peut orienter suivant certaines directions les larves mobiles des éponges et les forcer à se fixer et à se déve- lopper sur certains collecteurs, de préférence à d’autres. Or c'est la grande dissémination des larves qui semblait surtout être la cause de l'énorme disproportion existant entre ces dernières et les éponges produites : on aura ainsi un moyen de vaincre cette difliculté capitale de la spongiculture par essaimage.
Il est vraisemblable aussi que les larves doivent étre la proie dune foule d’animaux pélagiques qui vivent du plankton. Dans nos récipients nous avons trouvé à côté des olynthes une grande quantité d’ascidies solitaires, particulierement de jeunes Phal- lusia mamillata Sav. et une autre espéce non mobile que nous déterminerons ulterieurement. Ces commensaux qui peuvent être dangereux pour les larves mobiles, ne le sont certainement pas pour les olynthes : 1l semble même que ceux-ci profitent des courants entretenus par les siphons des ascidies, car nous avons vu plusieurs olynthes fixés à la surface de ces derniers.
(197)
— 12 —
A côté des ascidies nous avons remarqué une assez grande quantité de petits gastéropodes, qui pourraient bien étre des ennemis de nos olynthes et qui seront l’objet d’une surveillance particuliere. En tous cas, la pluplart des ennemis des larves de l'éponge et particulièrement les poissons, doivent être empéchés par les dispositions que nous avons adoptees.
Le verre jaune supportant nos sujets étant tombé dans une flaque d’eau douce, s’est brisé. Nous en avons recueilli les fragments et malgré un bain de quelques secondes dans cet élément nouveau, les olynthes ont pu être maintenus vivants dans des cuvettes plates et dans des cristallisoirs où l’eau n'est jamais renouvelée. Dans un certain nombre de ces récipients on s'est contenté de mettre quelques ulves vertes.
Depuis un mois, les spécimens en observation se sont bien comportés, la mortalité a été insignifiante : le volume de plusieurs sujets s’est accru. Il s’est même montré des jeunes que nous n'avions pas aperçus au début et qui peut-être
n’existaient pas. Cela permettrait de supposer qu’il existait
encore, en novembre, des larves libres, à moins que de la désa- grégation de quelques olynthes soient nés d’autres olynthes par le procédé indiqué par H. V. Wilson pour les éponges adultes.
Nous avons entrepris diverses expériences sur l'influence de quelques agents physiques et chimiques, de l'alimentation, etc. sur les olynthes d’Euspongia. Nous en ferons connaître les résultats ulterieurement. Nous dirons seulement que le plus grand de nos sujets a atteint la taille de quinze millimetres.
L’olynthe d’Euspongıa officinalis ala forme d’une amphore, mais l’oscule est entourée d’une Elegante couronne de longues soles immobiles, qui ne sont autre chose que des conuli formés par des spicules monaxiaux. La surface est hérissée de ces mémes conull.
Si l'on immerge un olynthe dans une solution d’hypochlorite de potassium (eau de Javelle), son tissu organique se désagrége et on trouve comme résidu, à côté de quelques débris organiques
inattaqués, une quantité considérable de spicules, en aiguilles
simples pouvant atteindre jusqu’a un millimetre de longueur.
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me cote de ceux-ci, et en plus grande quantité, on voit de nombreux spicules triactines et /rès rarement des spicules tétractines. Les branches de ces spicules ne dépassent pas 1/5de millimètre. Les acides les dissolvent rapidement avec déga- gement de bulbes gazeuses : ce sont évidemment des spicules calcaires.
Cette constatation présente un grand intérêt parce qu’elle montre que les éponges charnues ou cornées commerciales, et probablement les autres également, ne doivent pas étre, comme on l’a prétendu (1), rapprochées des éponges siliceuses.
Däilleurs, si lon fait subir la même opération à un fragment d’Euspongia officinalis, on trouve un résidu formé de parties organiques et de parties minérales. Ces dernières seulement s’eclairent dans la lumière polarisée, les nicols étant croisés mais ca et la, bien qu'en /res petil nombre, on rencontre encore des spicules en aiguilles, monaxiaux et des spicules triactines. Nos sujets sont donc bien des olynthes d'Euspongia.
Les grains brillants dans la lumière polarisée ne sont pas des grains de sable : ils se dissolvent comme les spicules dans les acides. Ces granules, tous calcaires, paraisssent venir du canal medullaire des fibres de l’éponge et doivent être produits par le même mécanisme que les spicules, dont ils ne sont peut-être que des débris. Cette explication est au moins plus acceptable que l'hypothèse qui consiste à les considérer comme des grains de sable, saisis par le capuchon des spongioblastes coiffant les extrémités des conuli superficiels. De cette hypothèse, sans fon- dement, on a tiré cette singulière conséquence que «des condi- tions de sedimentations convenables sont nécessaires à l'éponge, et que là où la sédimentation serait nulle ou trop grossière, l'éponge ne pourrait prospérer. (loc. cit. p. 742.)
Il y a lieu de n'attacher, au point de vue de la spongiculture, aucune importance à des conclusions qui ont pour point de départ un fait certainement inexact.
L'importance des observations que nous venons de signaler est grande puisqu'elle ne permet plus de classer les éponges
(1) Yves DeLace — L'état actuel de la biologie et de l’industrie des éponges. Revue gen. des Sciences, 1898.
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ua commerciales dans le groupe des éponges acalcaires et de rapprocher ces éponges fibreuses des éponges siliceuses. La classification actuelle doit donc étre remaniée. Les monocé- ratides, éponges fibreuses comprenant les genres Euspongia et Hippospongia sont en réalité, a l’état jeune, à la fois des mono- axonides calcaires par la prépondérance des spicules mono- axiaux, et des tétractinellides calcaires à cause des spicules triactines calcaires.
Les spicules calcaires, si nombreux chez l’olynthe, dis- paraissent presque completement dans l’etat adulte des éponges fibreuses commerciales, au moins chez Euspongia officinalis, Var. adriatica.
DEUXIEME PARTIE
La peche des éponges commerciales sur la cote du département du Var. (à)
Quatre sortes commerciales d’éponges sont pêchées sur le littoral du département du Var :
1° La Syrienne balarde : C'est la meilleure comme qualité; elle se vend seche et choisie soixante francs le kilog. et non choisie environ vingt-cing francs le kilog. Elle est achetée prin- cipalement a Paris, en Italie et a Marseille.
Dans une saison de six mois, d’avril à fin septembre, com- prenant environ 120 jours de travail effectif, un bateau avec quatre scaphandriers peut pécher dix kilogrammes d’éponges (sèches) par jour, en moyenne. Sur 10 kilogrammes d’éponges pechees, il y a environ 9 kilogrammes de Syrienne bätarde. Les autres sortes sont les suivantes :
(1) Nous prions M. le Professeur Topsent, de Dijon, d’agreer tous nos remerciements pour l’amabilite et l’empressement avec lequel il a bien voulu entreprendre, sur notre demande, lidentification des dénominations commerciales des éponges du Var avec leurs dénominations scientifiques, et M. Lanthiome patron pêcheur de corail et d’eponges, a Toulon, pour les nombreux renseignements qu’il a bien voulu nous communiquer.
RP ET oF
7 Ce
LE Be.
2°. La demi-Syrienne, plus fine, plus douce que la précé- dente est d'un prix un peu supérieur ;
3° L’oreille d’elephant qui est payée à peu près le même prix que la syrienne bâtarde ;
La Gerby ou Zerby, belle et grosse éponge, très estimée, de même qualité que celle qui se pêche à Sfax eten Tripolitaine, où elle se vend jusqu’à 120, 150 et même 160 fr. le kilogramme. Elle est très rare sur les côtes du Var, où l'on n’en pêche guère que 3 à 4 kilogrammes dans une saison. Cette sorte serait supérieure à celle de Sfax parce que son tissu est plus serré ;
5° La vraie Syrienne. Il y a 4 ou 5 ans, M. Lanthiome aurait peche deux ou trois. spécimens de cette sorte, un du côté de Vile de Porquerolles et deux dans le Golfe de St-Tropez. Cette sorte pourrait atteindre jusqu’au prix enorme de 1200 francs le kilogramme (7). L’acclimatation et la culture de cette espèce précieuse est donc possible dans nos eaux et ne devrait pas être négligée. La Syrienne bätarde, la demi-syrienne et l'oreille d'éléphant paraissent être trois variétés d’Euspongia officinalis (inne) F. E. Schulze.
Boreille d’elephant, d'après M. le professeur. Topsent, est certainement ELuspongia officinalis, Var. lamella F.S. Schulze : elle aurait pour synonyme Spongia agaricina, Pallas.
La Syrienne bätarde correspondrait à Euspongia officinalis, Var. adriatica F. E. Schulze.
Syn; ( Spongia Adriatica, O. Schmidt. ( » Garneriensis, O. Schmidt.
Lademi-syrienne ne serait qu'une variété plus molle d’adria- tica, car la mollissima est en forme de coupe ce qui n’est pas le cas de la sorte en question.
M. Topsent a fait des réserves au sujet de la sorte Gerby ou Zerby, en raison du mauvais échantillon qui lui a été commu- niqué. En comparant les échantillons que je possède avec ceux que J'ai rapportés de Tunisie et qui ont servi aux expériences faites à Sfax avec la collaboration de M. Allemand Martin, je crois qu'il s agit de l’Æippospongia equina.
Nous n'avons pu nous procurer ce que M. Lanthiome appelle la Syrienne véritable.
(191)
BE:
Localités. On trouve des éponges commerciales sur presque tous les points du littoral du département du Var, particulie- rement pres du fanal de Porquerolles, dans le passage des Grands Roubauds et du Langoustier, aux iles du Levant, et aux autres iles d’Hyeres, a Cavalaire, au cap Lardier, au cap Negre, a la Croisette etdans tout le golfe de St-Tropez. On nous a signale egalement les localites suivantes plus au Sud, Saint- Raphaél, le Dramont, Agay, le Golfe Juan pres de iles Sainte- Marguerite, le cap d’Antibes, Villefranche dans les Alpes-
Maritimes. A l’ouest de Toulon : Le Brusc, Les Embiers, loca- |
lité autrefois tres riche, le cap Sicié, Bandol (éponges peu abon- dantes sur les côtes de l'ile), St-Cyr, où il y aurait une localité très riche en éponges et en beau corail, près de la pointe du Gremier, en face de La Ciotat. |
On pêche encore des éponges depuis La Ciotat jusqu’à Marseille et aux étangs de Berre. La localité la plus proche de
laboratoire de Tamaris est dans la presquile de St-Mandrier,
au pied de la Tour des signaux dans un endroit nommé le Rascasse.
Quand une localité a été épuisée, on n'y repasse que 4 ou 5 ans après et alors on trouve de nouveau de belles éponges.
On rencontre les éponges à toutes les profondeurs, depuis vingt-cinq centimètres au dessous de la surface jusqu'à cinquante metres.
Comme le corail, l’eponge cherche l’ombre, s’accrochant principalement aux rochers, sur toutes les faces d’orientation. On en trouve, mais rarement: sur les racines de Zosteres ton de Posidontes:: ce sont alors des “ Gerby 7’ l'opinion que cette sorte est bien |’ Hippospongia equina, de Sfax. Les courants, les eaux vives lui semblent favorables, mais on
ce qui confirmerait
en trouve aussi dans les criques où l’eau est peu mobile. On n'en rencontre jamais au voisinage des cours d’eaux douces. Les plus belles éponges, les plus grosses, par conséquent les plus vieilles, renferment souvent des Annélides, des Néreides particulièrement. Parfois on en trouve accolées à des ** Vioulets” (Ascidia microcosmus), ce qui concorde bien avec ce que nous avons dit à propos de la fixation des olynthes d’Euspongia sur les Ascidies. (voir page 11).
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— 17 —
Péche. — Ce n’est qu’exceptionnellement que les éponges sont capturées au moyen de la grapette, du rateau ou par la plongée à nu.
Dans la région, on ne se sert que de bateaux scaphandriers, pour les plongées et on emploie le « miroir d’eau » pour découvrir les sujets à pêcher.
L’equipage du bateau de M. Lanthiome se compose de six hommes pour la roue du scaphandrier, d’un patron pêcheur, de trois mousses et de quatre scaphandriers. Le scaphandrier touche 350 fr. par mois et il est nourri. Sion les prend «à la part», alors on leur donne soit une part de marchandise, soit une part du prix de la marchandise.
IE est forme six parts: 4 parts de scaphandriers $ ı part d'équipage ; 2 parts pour le patron.
Les hommes d'équipage sont autrement payés à raison de f201r, par mois et nourris, le mousse a de 5o fr. à 60 fr.
Le bateau armé vaut 8000 fr. tout compris. Outre les frais d'entretien et de traitement du personnel, ıl y a des frais de prévoyance : 3 francs par mois et par homme et 5 francs pour les étrangers, les invalides et les assurances. Les accidents sont très rares. M. Lanthiome n’en a vu qu'un cas grave: il s'agissait d’un homme fatigué qui avait été descendu à 48 mètres, il fut retiré paralysé « ce n’était qu'une loque humaine » : il mourut 7 mois plus tard à l'hôpital. Le danger ne commence qu’à partir de 30 ou 40 mètres. Il faut toujours s’enquerir si l'individu n’a ni bu, ni mangé et surtout s'il n’a pas fait d’excés sexuels, ce qui, paraît-il, est une cause prédisposante aux accidents très fréquentes. (1) Les plongeurs ne doivent pas manger avant que le travail soit terminé.
Les meilleurs scaphandriers sont ordinairement les grecs et les turcs. On emploie aussi des italiens, des espagnols et des russes, mais ils sont très inférieurs.
Les éponges sont remontées par le scaphandrier dans un sac avec deux anses en fer soutenant un filet et ressemblant assez à une petite drague : elle est suspendue à sa ceinture. Pendant le
(1) Ces accidents, comme on le sait depuisles belles recherches de mon maître Paul Bert, sont dts à des embolies gazeuses se produisant par la décompression brusque dans les centres nerveux, et, en particulier, dans la moelle.
(191)
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retour de l’endroit de pêche à la terre, on enfile les éponges avec une cordelette et on commence a les piétiner pieds nus. Apres avoir fait cette premiere operation, on les pend au long du bord dans l’eau afin de les laisser mourir, ensuite on recom- mence deux ou trois fois cette opération. On les trempe encore et on les étend pour les faire sécher sur le pont.
Dans certains cas, sans que l'on sache pourquoi, la chair est plus noire et plus difficile a séparer du squelette, alors on la détache avec un couteau.
Ordinairement on les vend brutes, en gros. Quelquefois cependant, pour une vente directe, on les trempe à plusieurs reprises dans une solution de permanganate de potasse et, ensuite, dans l’acıde chlorhydrique dilué. Pour leur donner la couleur jaune, on les passe a la chaux vive, mais cette pratique les brüle et les rend cassantes.
En Corse, ce sont les mémes éponges et les mémes pécheurs que ceux qui viennent sur nos côtes. I] y a une dizaine d’années, des grecs étaient venus avec des brick-goélettes. C’etaient de gros bateaux ayant à leur bord chacun plusieurs bateaux scaphandriers. Ces deux à trois brick-goëlettes dévalisèrent la Corse. On les chassa, mais il revinrent, venant de Sfax avec soi-disant des autorisations.
Il serait urgent que l’on prit définitivement des mesures sérieuses pour la règlementation de la pêche des éponges sur nos côtes et sur celles de la Corse, comme on a fait en Tunisie, surtout si l'on veut essayer du repeuplement et l’acclimatation deespeces tres fines.
Les essais de Lamiral pourraient aujourd’hui étre repris dans
des conditions beaucoup plus favorables. D'ailleurs, au lieu de
transporter les éponges adultes, ce qui est toujours delicat, méme avec les moyens que nous avons imaginés et qui nous ont permis d’amener de Sfax au laboratoire de Tamaris des Hippospongia parfaitement vivantes, il serait préférable d’a- mener des olynthes, puisque nous avons montré qu’on pouvait les obtenir facilement par fixation des larves. Ces olynthes d’eponges commerciales sont bien peu encombrantes, en raison de leur très petite taille et d'une endurance beaucoup plus consi- dérable que celle des éponges adultes.
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GCONELESIONS
1° La Spongiculture est entrée dans une phase nouvelle grace a la découverte de procédés d’essaimage artificiel ;
2° Les larves d’Euspongia officinalis ont pu être fixées et amenées à l’état d’olynthes ;
3° Ces olynthes sont très résistants et semblent se prêter facilement à l'élevage artificiel ;
4° Les éponges commerciales, fibreuses ou charnues ne doivent pas être rapprochées des éponges silicieuses. Ce sont des éponges calcaires qui, en vieillissant et en se transformant, perdent leurs spicules presque complètement ;
5° Il est urgent d'établir sur le littoral francais mediter- ranéen et pour la Corse, une règlementation de la pêche des éponges analogue à celle de la Tunisie ;
6° Il y aurait lieu de reprendre, dans des conditions plus favorables, les essais de repeuplement et aussi d’acclimatation des éponges commerciales fines ;
7° Les résultats d’essaimage artificiel consignés dans ce travail pourront rendre des services importants à la fois à la spongi- culture, au repeuplement et à l’acclimatation des espèces esxotique
Tamaris-sur-mer, le 17 décembre, 1910.
(191)
N EL
AVIS.
Le Bulletin est en dépôt chez Friedlander, 11, Carlstrasse, — Berlin et chez M. Le Soudier, 174-176, boulevard Saint-Germain © à Paris. RE ie | Les numéros du Bulletin se vendent séparément aux prix suivants et franco : Br
Fri ts
x Nos 5 ; | 171. — Notice préliminaire sur la description et l'identification d’une larve Leptocéphalienne appartenant au type of : Oxystomus Rat. (Tilurus Köll), par Louis RouLE........ RL 172. — Etudes sur les Gisements de Mollusques comestibles des Côtes de France (La baie de Saint-Malo), par L. Jousin.. 173. — Atlantique Nord, Bouteilles, Glaces et Carcasses flottantes de 1887 à 1909 (avec 4 cartes graphiques), par A. HauTREux. sa 174. — Etudes sur les Gisements de Mollusques comestibles des
Cötes de France (La baie de Cancale), (avec deux cartes) Par. Le. JOUBIN 560 nen een dena en re te eee
175. — Carte Générale Bathymetrique des Océans, Rapport destine aux Membres de la Deuxieme Commission, par H. Bourse.
176. — Commission internationale pour l’exploration scientifique de l’Atlantique, rédigé par le Prof. Alph. BERGET........
177. — Sur les Molpadides de Norvége, par Edgard HErovArn..,
178. — Notes préliminaires sur les Gisements de. Mollusgues comestibles des Côtes de France. La côte méridionale de la Bretagne comprise entre le plateau de Kerpape et
“la pointe de Trévignon par J. GUÉRIN-GANIVET (avec DRE CATIO) ANT ET Er ae case ete be ea ee
179. — La-péche à maree basse, par R. LEGENDRE 7.1.0...
180. — Pression osmotiquedes liquides des Oiseaux et Mammifères MALINS Par? PORTER TES ee en de roi ee ae
181. — Mesure des densités d’eaux marines par flotteurs totalement - immerges par J.Thouleret Ghevalber../ en...
182. — Campagne scientifique de la Princesse-Alice en 1910, liste des Stations, dressée par J. RicHarp, avec une carte....
183. — Contributions au Systeme des Méduses, basées sur des formes bathypélagiques des campagnes scientifiques de
S. A.S. lé Prince de Monaco, par le D' Otto Maas...
184. — Sur la presence de l’Ergasticus Clouei A. Milne-Edwards | dans les fonds avoisinant les côtes de la Bretagne
: occidentale, "par J. -GuERINSGANIVET cian nen p24 san 185, 186, 187.— Sur la dixiemecampagne dela Princesse-Alice II, oe Sur la onzième campagne de la Princesse-Alice II. Sur les travaux océanographiques du Musée de Monaco. par ~
S. Al. Si le PRINCE ALBERT [8 pe MONACO 55... oe ee
188. — Quelques remarques sur le programme hydrobiologique : - | de Monaco, par Alexander NATHANSOHN........::..:..,.44 7 : 189. — La répartiton géographique du Triangulus munid@
G. Smith, Rhizocéphale parasite des espèces du genre ie Munida Leach, par J... GUERIN-GANIYBT.. 2.2.5.5. Babe on os no Os
190, Couleur des fonds marins, “par J, THOULET+: 2.0.0. ee 191.— Nouyeaux essais de spongiculture au Laboratoire Maritime =~
de Biologie de Tamaris-sur-Mer, par M. le Professeur =~
Raphael Doors. eee DEE SL Er EE EE
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MONACO. — IMPR. DE MONACO.
7 Janvier 1971.
DE
OCÉANOGRAPHIQUE
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(Fondation ALBERT Ter, PRINCE DE Monaco)
MSION DE LA FAMILLE DES TEXTULARIDE © de a sn Pie. Faure-Fremiet pe : ” Préparateur au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.
BOON : OA KD dvi ¢
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Diogenes. = 5 4 Ecrire en italiques tout nom ige latin. 50 Dessiner sur papier ou bristol bien blanc : au en
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1. auteurs reçoivent sn a ae leur mémoire one, en faire tirer un A eo _ - faire la d
‘Un quart de feuille: Ale demi-feuille..... =. ue feuille entiere.....
BR ERTIN DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE (Fondation ALBERT I”, Prince de Monaco)
No 192. — 7 Janvier 1911.
Revision de la famille des Textularidæ
Par E. Faure-Fremiet
Preparateur au Museum d’Histoire Naturelle de Paris
On sait que la classification generale des Foraminiferes repose essentiellement sur la nature de leur test qui peut £tre -arénacé ou calcaire, perforé ou imperforé, etc.; et que dans chacun des groupes ainsi caractérisé, il existe des formes dont l’enroulement des loges est semblable, la nature du test cons- tituant la seule différence entre ces espéces, qui sont dites isomorphes. Si le principe de cette classification est rigoureuse- ment appliqué, le groupe entier des Foraminiferes doit se trouver partagé en un certain nombre de series paralleles ayant a l’origine une forme monothalame distincte. Malheureusement Vapplication de ce principe n'a pas toujours été la règle des zoologistes qui se sont occupés de ces Rhizopodes, et c’est pourquoi il me semble necessaire de reviser soigneusement quelques groupes, celui des Foraminiferes arénacés en parti- culier.
La présente note a pour objet la famille des T'extularidæ de
- Brady, universellement admise aujourd hui.
Brady constate lui-m&me que cette famille est un groupe très large, contenant des formes très variées. Mais il pense que le caractère commun de ces formes est suffisamment important
pour le justifier. - uel est ce caractere ? x Il ne repose pas sur la nature du test, car on sait que les
— 9 —
Textularides comprennent des formes arénacées, des formes calcaires perforées, et d’autres imperforées. I] repose unique- ment sur le mode d’enroulement des loges.
Le test des Textularidæ, dit Brady, forme wie Spirale
allongée dont chaque tour ne comprend qu’un petit nombre de loges, deux ou trois en général. Il en résulte une disposition alternée des dites loges, à peu pres comparable à la disposition des feuilles sur une tige dont la formule phylotaxique serait <, Il est évident qu'un tel caractère n'implique aucun rapport de parentée entre les formes qui le présentent. Il ne faudrait jamais oublier en systématique que les caractères véritablement importants devraient être les propriétés essentiellement biolo- giques d’un organisme quelconque, et que l'idéal serait une définition chimique de l'espèce et de la parente Or ies sécrétions d’un organisme sont le résultat de son fonctionne- ment biologique ; donc leur étude, quand celles-ci sont aussi manifestes qu’en ce qui concerne le test d’un Rhizopode, doit passer avant celle du mode d’enroulement qui peut être conditionné par des causes d'ordre très secondaire. Brady a divisé la famille du Textularide en trois sous- familles : Textularinæ, Buliminæ, Cassidulinæ. Les deux dernières familles sont homogènes et ne nous occuperont pas aujourd’hui. La première ne l’est point.
Considérons deux genres très voisins: le genre Textularia et le genre Gaudryina. La grande différence qui les sépare réside dans ce fait que les loges sont toujours alternes dans le premier, tandis qu'elles forment dans le second une spirale qui répond successivement aux formules :, ; et enfin ;. Ce n’est donc que dans leur partie terminale que le test des espèces de ces deux genres se ressemblent.
Considérons maintenant les genres Bigenerina et Clavulina. Dans le premier, la disposition des loges est d’abord identique à celle d’un Textularia, puis les loges se disposent en une série linéaire dans la partie terminale du test. Dans le second la disposition est d’abord identique à celle d'un Gaudryina, pour. devenir ensuite linéaire comme chez le premier. La conclusion
Ba un
sera celle-ci : le genre Bigenerina devra être rapproché du genre Textularia, et le genre Clavulina du genre Gaudryina dont ils sembleront n'être chacun qu’une modification.
Mais examinons de près la nature du test dans chacune de ces formes. Chez les Textularıa, le test est rugueux, granulé ; mais il est essentiellement calcaire et n’aglutine pas, ou tres peu, de grains de sable. Il est entièrement dissous par les acides. Chez les Gaudryina, Clavulina et Bigenerina, ıl est nettement arénacé. Il me semble donc nécessaire de séparer ces trois genres et d’en faire un groupe spécial. Devrons-nous le réunir à la famille des Zituolide qui comprend justement des arénacés polythalames ? Non. La révision de cette famille fera l’objet d'une autre note ; mais nous pouvons dire dès maintenant que les trois genres sus-nommés présentent un caractère commun très important, mal connu Jusqu'ici et surtout totalement méconnu ; à savoir, que le ciment qui unit les grains de sable du test est chez ces trois genres de nature chitineuse, et que la masse sarcodique de ces Rhizopodes est enveloppée dans une membrane chitineuse imperforée, à la surface de laquelle se trouvent les grains de sable.
Or, nous savons qu'un grand nombre de Rhizopodes bien connus dans les eaux douces ont un test soit purement chitineux (Arcella) soit chitino-arénacé /Gromia, Difflugia etc.) La loge chitineuse d’une Gaudryina ou d'une Clavulina ressemble beaucoup lorsqu'elle est débarassée par l’action d’un acide des sels calcaires et de la couche arénacée qui la recouvre, à celle d’une Arcella. II me semble donc logique et nécessaire de séparer les formes de la famille des Textularidæ et de faire un groupe de Rhizopodes chitino-arénacés dont les Arcelles et les Difflugies représentent les formes monothalames, les Clavu- lines, les Gaudryines et les Bigenerines les formes polythalames.
Malheureusement il faudrait aussi créer un genre nouveau. En effet, toutes les espèces décrites sous le nom générique de Gaudryina ne présentent pas le caractère chitino-arénacé des G. scabra, subrotundata et. rugosa que nous avons prises comme type. Telles sont les G. pupoides et baccata dont le test est calcaire comme celui des Textularia. Peut-étre pourrait-on
les faire rentrer dans le genre Textularia dont elles ne different
que par les premiers tours de spire dont la formule est = et 3, 4
au lieu de;. La sous-famille des Textularine serait alors à peu près réduite au seul genre Textularia. J’ajouterai en effet que le genre Verneuillina se rattache très vraisemblablement à la famille des ZLituolidæ, comme je le montrerai dans une prochaine note. | |
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a Paris.
suivants et franco :
Nos | FT Er 172. — Études sur les Gisements de Mollusques comestibles des
173. — Atlantique Nord, Bouteilles, Glaces et Carcasses flottantes
174. — Études sur les Gisements de Mollusques comestibles des Côtes de France (La baie de Cancale), (avec deux cartes)
175. — Carte Générale Bathymétrique des Océans, Rapport destiné
176. — Commission internationale pour l'exploration scientifique
Te 177. — Sur les Molpadides de Norvége, par Edgard Htrovarp... 1 50
178. — Notes préliminaires sur les Gisements de Mollusques comestibles des Côtes de France. La côte méridionale de la Bretagne comprise entre le plateau de Kerpape et la pointe de Trévignon par J. GuUERIN-GANIVET (avec
179. — La pêche à marée basse, par R.-LEGENDRE ............... 1 50
180. — Pression osmotique des liquides des Oiseaux et Mammifères a marıns par P. PORTIERG ee a ered ale le TI »
181. — Mesure des densites d’eaux marines par flotteurs totalement:
182. — Campagne scientifique de la Princesse-Alice en 1910, liste des Stations, dressée par J. RicHarp, avec une Carte...
183. — Contributions au Systeme des Méduses, basées sur des - formes bathypélagiques des campagnes scientifiques de S. A. S. le Prince de Monaco, par le D* Otto Maas.....
184. — Sur la présence de l’Ergasticus Clouei A. Milne-Edwards dans les fonds avoisinant les cötes de la Bretagne occidentale, ;par J.-GuERIN-GANIVET 2 14.400
“185, 186, 187.— Sur la dixieme campagne de la Princesse-Alice Il, Sur la onzième campagne de la Princesse-Alice I]. Sur les travaux océanographiques du Musée de Monaco, par
S. A: S.'le PRINCE ALBERT I DE, MONACO ...,...,4,45.. 188. — Quelques remarques sur le programme hydrobiologique … : de Monaco, par Alexander NATHANSOHN......:.........,.. 189. — La répartiton géographique du Triangulus munidæ G. Smith, Rhizocéphale parasite des espèces du genre. Munida Leach, par J. GUÉRIN-GANIVET.:......:........ 190. — Couleur des fonds marins, par J. THOULET....... zs neh, 191. — Nouveaux essais de spongiculture au Laboratoire Maritime de. Biologie de Tamaris-sur-Mer, par M. le Professeur - Raphaël Dosors icc. doles oy pate acer ee
192. — Revision de la famille des Textularidæ, par E. Faurs- FREMIET 4 RR Hele ne Me son wee en fee secs di
MONACO. — IMPR, DE MONACO. .
Le Bulletin est en depöt chez Friedländer, 11, Carlsträsse, Berlinet chez M. Le Soudier, 174-176, boulevard Saint-Germain
Les numéros du Bulletin se vendent séparément aux prix.
Côtes de France (La baie de Saint-Malo), par L. Jousın.. a. »
de 1887 à 1909 (avec4 cartes graphiques), par A. HAUTREUXx. 2 ne
Par Le JOUBIN GT Send. ye komo see MON a ous po aye AN aux Membres de la Deuxième Commission, par H. Bourse. 1 »
de l’Atlantique, rédigé par le Prof. Alph. BERGET........ 150 _
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immergés par J. Thoutetet Chevalliers. SC Ne tree
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=. BULLETIN
GRAPHIQUE
| = (Fondation ALBERT Ier, PRINCE DE Monaco)
DIAGNOSES DES POISSONS NOUVEAUX
| PROVENANT DES CAMPAGNES DU. ‚YACHT « PRINCESSE- ALICE D. : (1901 à 1910) er
par: Erich ZUGMAYER. KIN MON i 0000 0) ; : Ss |) à + MONACO f = + 17»?
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- Un quart de faille 4 eae ar. ates —5£20 | 680 840 | | Une demi- feuille... "4 70.| 6 70 | -8 80/11 a Ee Une feuille ue sel: 8 104" 2 80. > 80. 16 20 ome
= Il faut ajouter a ces > prix ¢ celui des s planches quand il a eus
BULLETIN DE L'INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE
(Fondation ALBERT I”, Prince de Monaco)
No 193.— 20 Janvier 1911.
Diagnoses des Poissons nouveaux provenant des campagnes du yacht « Princesse-Alice »
(1901 à 1910)
par Erich ZUGMAYER
La collection des poissons pris par la Princesse-Alice et dont S. A. S. le Prince Albert I de Monaco a bien voulu me confier l'étude, comprend (Plagiostomes non compris) 33 familles, dont 79 genres et 122 espèces. De ces poissons, 23 n'ont pas été décrits jusqu'ici et ils doivent être rangés en douze nouveaux genres et onze nouvelles éspèces. Ce sont les suivants: |
Famille des ALEPOCEPHALIDÆ Bathytroctes Grimaldii, n. sp.
Ce poisson se distingue des espèces voisines par le nombre d’écailles de la ligne latérale, qui est d'environ 75, tandis qu’il est beaucoup plus élevé ou bien moindre dans les autres espèces. Par la formule des nageoires il se rapproche de Bathytroctes melanocephalus (Vaillant) mais il s’en écarte par le rapport des proportions de la tête et du corps; la longueur de la tête est de 2/7 de la longueur du corps, tandis que chez l’espece de Vaillant
REN TE ENT a Phy aed pede In kr; ,
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ce rapport est de 2/5. De B. longifilis (Brauer) avec lequel il aen commun la grande bouche, il se distingue ence que les dents des mächoires sont ici en une seule série et non en plu- sieurs. Pas de papilles scapulaires. :
D 13,°P.11,.9. 7,:Aıı, Lem, es
Noir, la téte d’un noir violace.
Stn. 3024, 1° sept. 1910. 37038 N., 1083 m 00 Filet Bourée en vitesse. Un exemplaire. |
Je prie S. A. S. le Prince Albert [* de Monaco de daigner accepter la dédicace de cette nouvelle espèce.
Asquamiceps, n. g. Asquamiceps velaris, n. sp.
Br 5. D195, Prr4, Vs Ar al cen ee
Alépocéphalidé au corps couvert de petites écailles cycloi- dales, irrégulières, mais denses; la tête est nue. La dentition est restreinte à la mâchoire inférieure seulement, où les dents sont presque microscopiques. Membranes branchiales réunies sur une grande longueur ; la pectorale est relativement grande, de la moitié plus longue que la ventrale. Cinq rayons bran- chiostèges. Opercule prolongé en un lobe membraneux long et large.
Noir violacé ; les nageoires sont brunätres.
Stn. 3039, 8'sept. 1910. :36°06’ N., 0° W. o-30002 an exemplaire. Filet Bourée en vitesse.
Famille ds SALMONIDE
Opisthoproctus Grimaldii, n. sp.
Cette nouvelle espece se distingue de O. soleatus (Vaillant) la seule espece decrite jusqu’ici dans ce genre, par les traits suivants.
La sole de la surface ventrale n’atteint vers l’avant que la verticale du bord postérieur de la papille nasale.
La nageoire anale est completement séparée de la caudale et forme une nageoire indépendante.
EL A A rc j at ss « iy
ca ae
La caudale est grande et située symétriquement par rapport a la ligne latérale ; elle est profondément échancrée.
Les yeux sont protégés latéralement par des écailles verti- cales transparentes.
Le museau est assez allongé et pointu ; la partie préorbi- taire est presque le double de la partie postorbitaire de la tête.
Der Pr Vig, A 8, C 27, 1 27, At 7.
Bei 2G50, > sept. 1910. 36 10 N.,.r1°48. W.. 0-4750™. Deux spécimens. Filet Bourée en vitesse.
Je prie S. A. S. le Prince Albert I’ de Monaco de daigner accepter la dédicace de cette nouvelle espéce.
%
Famille des SCOPELIDE Myctophum (Lampanyctus) Dofleini, n. sp.
Voisin de Myctophum (Lampanyctus) longipes (Brauer) mais en differant en ce que la pectorale n’atteint pas la ventrale et que les organes lumineux sont ronds et non pas en forme de fèves. La formule des nageoires est également differente. Organes précaudaux 4, organe postéro-latéral 1. Ecailles lumineuses précaudales seulement et situées du côté dorsal chez le mâle, au côté ventral chez les femelles.
in 00: 13. Ve, A16,. 1135, It.4/4.
Brunätre ; deux series d’ecailles bleu d’acier bordant la ligne laterale.
PH, 2022, 2699, 2902. 0-4000”,. Sept exemplaires. Filet Richard a grande ouverture.
Je prie M. le professeur Döflein de bien vouloir accepter la dédicace de cette espèce.
Famille des SCOMBRESOCIDE Exocoetus fucorum, n. sp.
Exocet à pectorale arrondie qui atteint la moitié de l’exten- sion de la ventrale. Barbillons aux coins de la bouche présents ou absents. Couleur d’un jaune brunätre, la ventrale et le com- mencement de la dorsale d’un rouge vif carmin. Cinq bandes
(193)
u 4 — transversales entre l’occiput et l’anus, brunes sur le dos, rouges au-dessous de la ligne laterale. Pectorale brune avec une vague tache transversale blanche. L’iris est vert émeraude. Vivant
dans les sargasses. Stn. 2103, 12 août 1905, 37°38. N, eo ae Surface.
Famille des STE RNOPTYCHIDA
Gonostoma polyphos, n. sp.
Gonostoma à dents sur le vomer et à orggnes lumineux relativement grands. Organes de différentes couleurs, bien visi- bles encore apres plusieurs mois de conservation dans l’alcool. Organes de la série ventrale violets ; ceux de la série Jatérale inferieure rouges et oranges; ceux de la série laterale supérieure bleus, verts et violets. Les organes à la base de la caudale sont d’un rouge pâle.
Couleur noire avec faibles reflets métalliques.
Stn. 3036, 7 sept. 1910. 36°07’ N., 10°18’ W. 0-4740",
Stn. 3039,-8 sept. 1010: 236006) N., 9° W. o- 3660", Deux exemplaires. Filet Bourée en vitesse.
Famille des PARALEPIDIDE
Paralepis brevis, n. sp.
: | 3 | | ‘
Hauteur du corps contenue 7 1/4 fois dans sa longueur. Longueur de la téte contenue a peine 4 fois dans celle du corps. Ce poisson a donc le corps beaucoup plus ramassé que . que toutes les autres especes connues. La dentition est faible; le milieu de la mächoire supérieure est parfaitement lisse, ainsi que la langue. Les dents des machoires sont disposées en une série.
stn. 3030, 5 sept. 1910. 37°10’ N., 11°48 Wo Gea Un exemplaire. Filet Bourée en vitesse.
Ut
Famille des STOMIATIDE
Eustomias Braueri, n. sp.
Les traits par lesquels ce poisson se distingue d’Euslomias obscurus (Vaillant) sont surtout les suivants.
La dentition est beaucoup plus forte ; le barbillon est court et gros et se termine en forme de feuille. La pectorale et la ventrale sont tres allongées et capillaires. La hauteur du corps est relativement bien moindre que chez E. obscurus. Elle est contenue 15 fois, l'épaisseur du corps environ 25 fois, la lon- gueur de la tête 6,5 fois dans celle du corps. La tête est allongée et basse; par la forme du front et du museau elle rappelle celle d’un chien. A part un nombre enorme de petits organes lumi- neux, ce poisson porte des bandes irrégulieres d’organes sur la téte et sur Je museau et une double série ventrale. Une série laterale de 79 organes s’étend de la pectorale sur tout le long du corps ; un grand organe sous-orbitaire ; des séries d’organes autour de l’œil, sur l’arc hyoide et sur la partie intérieure de la mächoire inferieure. De nombreuses bandes transversales qui consistent entierement en un nombre infini d’organes minus- cules, couvrent toute l’étendue du corps.
Degas Pro, Vi 8;:A 36.
= 01.3045, 20014 -N.,.8° W..0-1400™.. Un exemplaire. Filet Bouree en vitesse.
Je prie M. le professeur A. Brauer de bien vouloir accepter la dédicace de cette nouvelle espèce.
Nematostomias, n. g.
Nematostomias gladiator, Msp:
Bent. D20, DE V7, A 24, C 2/20/2:
Stomiatidé au corps très allongé; sa hauteur est contenue 12,75 fois dans sa longueur, la longueur de la tête 8,5 fois. Le barbillon est quatre fois plus long que la téte. Il porte des fila- ments accessoires au nombre de 5, dont le plus long a presque la moitié de la longueur du barbillon principal; il sort de
(193)
TR ; DEE stad i deg ns ANT Ve 4 : oF OR, eure
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l’arriere du barbillon ; les autres fils sont disposés en deux paires et ils sont beaucoup plus courts que le premier.
La tête est grosse, le museau est aplati à avant; il s’avance et se détache de la tête proprement dite en formant un angle accentué avec le front, de sorte qu'il rappelle la tête d’un boule- dogue ; la mâchoire inférieure dépasse la supérieure. Séries ventrales d'organes lumineux au nombre de 71; dans la série latérale on compte 74 organes. |
Stn. 3003, 22 août 1910. .44°19. N., 14919 Wo 09 Un exemplaire. Filet Bourée en vitesse.
Trichostomias, n. g.
Trichostomias Vaillanti, n. sp.
Dir. P2 Er V 5, Am BER
Ce poisson se distingue de Grammatostomias (Goode et Bean) dont il est le plus voisin, par les traits suivants :
La dorsale et l’anale ont beaucoup moins de rayons ; ceux de la pectorale et de la ventrale sont en nombre moindre aussi, tres allongés et capilliformes; le rayon isolé de la pectorale a la méme longueur que les autres. La dentition est forte et dense. Les dents ne forment qu’une seule série sur les machoi- res. Le barbillon représente un simple fil; sa longueur est sou- tenue 2,4 fois dans celle du corps. x
Stn. 3024, 1°". sept. 1910. 37°37 N., 1053 ee 2, Un exemplaire. Filet Bourée en vitesse.
Je prie M. le professeur Leon Vaillant de bien vouloir accepter la dédicace de cette nouvelle espèce.
Astronesthes decimus, n. sp.
Br 24..D 14, Po, W721,
Entre la pectorale etla ventrale sont 26 organes photodoti- ques et 23 entre la ventrale et l’anale. La hauteur dw corps est contenue environ 10,5 fois dans sa longueur, la longueur de la tete 6,4 fois.
Le barbillon est inséré un peu 4 l’arriere de la symphyse mandibulaire; sa longueur est environ d’un sixième de la
en nn à et où
= -longueur du corps; il se termine par-une boursouflure oblongue à laquelle est attachée une autre presque sphérique; de la base de cette derniére sortent 4 tentacules filiformes. La ligne laterale est bordée de deux bandes paralleles d’organes lumineux; ces bandes, qui sont ondulées et non pas droites, commencent à l’arriére de l’œil et se recourbent deux fois avant de se conti- nuer a peu pres horizontalement depuis l’arriere de l’opercule.
Dine 3001, 21 aoüt, 1910. 44°25’ N., 11°36’ W. o-4900™. Un exemplaire. Filet Bourée en vitesse.
Famille ds NEMICHTHYIDE Gavialiceps hasta n. sp.
Gavialiceps au corps comprime et non pas cylindrique; les fentes branchiales sont réunies a leur partie antérieure. Pas de pectorales. L’anus est séparé de la fente branchiale par une distance presque double de la longueur du museau. La dorsale et l’anale sont tres mal developpees; une nageoire caudale, quoique minuscule, est distincte. Pas de ligne laterale; pas d’ecailles. Couleur d’un gris d’acier ou argenté; la partie anté- rieure de la tête, le thorax et l'abdomen sont noirs.
Sim. 9045, 9 sept: 1910. 36°14’ N., 8° W. o-1400". Un exemplaire. Filet Bourée en vitesse.
Famille des BERYCIDE
Poromitrella, n. g.
Poromitrella nigriceps n. sp.
Berycidé a double nageoire dorsale, quise compose d’épines dans sa partie anterieure et de rayons mous dans la postérieure, qui est bien séparée de la première. La pectorale est plus courte que la téte. Pas de stries concentriques sur les écailles. Appa- reil operculaire complet.
DD 5 16, VS, Ari, il? Jt 9.
(193)
22 as
Couleur brunatre; une tache triangulaire rouge à la base de la caudale. |
Stn. 2244, 6 sept. 1905. 37°4’ N., 28°%1’ W. 0-3000™. Deux exemplaires. Filet Richard à grande ouverture.
Platyberyx n. g.
Platyberyx opalescens, n. sp.
Le corps est aplati suivant la verticale, l’ceil est grand, la fente de la tres grande bouche est oblique.
Br 5, D ™/28,-P @/14,- M115, A e/r6, Themes
La longueur de la téte est contenue trois fois dans la longueur totale y compris lacaudale. Le diamètre de l’œil est de la moitié de la longueur de la tête. L’espace interorbitaire et le front sont couverts de cavités muqueuses.
Couleur brunâtre avec de vifs reflets opales, surtout dans la région scapulaire. Opercule d’un bleu foncé violacé.
Stn. 3030,.8, sept. 1910. 3606 N., 9° Men ae
exemplaire. Filet Bourée en vitesse.
Scopeloberyx, n. g.
Scopeloberyx opercularis, n. sp.
Berycidé voisin de Melamphaes au corps légèrement com- primé et scopéliforme.
L’angle du préopercule est arrondi. L’opercule porte un prolongement membraneux pointu supporté par une excrois- sance de l’os operculaire. Au dessus de cette excroissance en est
une autre de plus d’un diamètre d’ceil et dont le bord postérieur
porte 6 dentelures arrondies. A l’angle irférieur du préopercule est un prolongement membraneux en forme de crochet.
Br. 8; ouverture branchiale large; les membranes bran-
chiales se recouvrent en partie et sont libres jusqu’à la symphyse mandibulaire.
Au coté ventral de la mächoire inférieure s’eleve une lamelle osseuse allongée horizontale s’étendant vers le bas; une lamelle
SP
ie semblable, mais plus courte se trouve de chaque cété de l’occi- put faisant saillie vers l’arriere.
Sin. 3036,-7 sept. 1910. 36°07' N., 10°18’ W. o-4740™. Filet Bourée en vitesse. Un exemplaire.
Bemilte des CYCLOP LE RIDA
Careproctus dubius, n. sp.
Tres voisin de C. gelalinosus (Pallas) mais s’en distinguant par les traits svivants ¢
La tête est contenue 3.5 fois et non pas 4.5 à 6 fois dans la longueur du corps. La ventouse est situé 4 l’arriere du centre de l’œil et elle est éloignée de la symphyse mandibulaire de deux fois son diametre.
On distingue 2 paires de narines; les postérieures portent des tubes membraneux.
Pas de dents sur le vomer et sur les palatins.
Les 8 à 10 rayons inférieurs de la pectorale sont allongés et en forme de spirale assez épaisse. |
Stn. 2632, 5-9 aoüt 1907. Green Harbour (Spitzberg). Nasse 1204 Un exemplaire.
Famille des MACRURIDE
Macrurus violaceus, n. sp.
D, 1+1+9, D: env. 165, P17, Vo, A env. 150, Il 140, 12/25;
Rapport entre la hauteur et la longueur 1:7,7. Le diamètre de l’ceil est contenu environ 3 fois dans la longueur de la tete; le museau est tres saillant. L’anus est situé bien en arrière.
Les pointes de la partie épineuse dela premiere dorsale sont au nombre de 14 a 20.
L’aréte latérale du museau se prolonge jusqu’au dessous du centre de l'œil et elle est couverte d’écailles aux nombreuses épines. L’espace de la pointe du museau à la lèvre supérieure est d’un diamètre d’ceil et il est presque dans le sens de la
(193)
rar
verticale. La surface supérieure du museau et les tempes sont couvertes d’écailles presque lisses.
Ecailles du corps tres petites, aux fines stries concentriques, irrégulièrement pentagonales. L’aire spinigere qui couvre un peu plus de 1/3 de l’écaille, se compose de onze séries d’épines, dont il y a de 5 à 6épines dans les 3 séries centrales, de 4 à 5 dans les voisines, de 3 à 4 dans les suivantes et de 2 a1 épine dans les séries extrêmes.
Les écailles de la ligne latérale sont plus arrondies que les autres. L’aire spinigere ne couvre qu’un quart dela surface de l’écaille. Le nombre de séries d’épines n’est que de huit, dont 4 de chaque côté de la rainure médiane. Le nombre d’épines de ces séries symétriques de chaque côté de la rainure médiane est de 5, 3, 2 et 1: comptées à partir-de cette rainure,
Sagitta de forme amygdaloïde, pointues aux angles assez . accentués. L’extrémité postérieure porte une petite échancrure. Sillon acoustique divisé en deux parties. Du côté inféro-externe le centre de la sagitta est formé par un groupe de bosses hémisphériques d’où rayonnent de petits sillons jusqu’aux bords.
Barbillon plus petit qu’un diamètre d’œil.
Couleur d’un violet franc à l’exception du thorax qui tire sur le bleu. Une tache rouge à la base de la première dorsale. Gorge et thorax noirs. Iris bleu.
Stn. 2717, 20 juillet 1908. 36°42’N., 8°40’ W. 950". Chalut. Six exemplaires.
Famille des BROTULIDE
Parabrotula, n. g. Parabrotula plagiophthalmus, n. sp.
Brotulidé au corps allongé et trés comprimé. La fente de la bouche est oblique, la mächoire inferieure fait conside- rablement saillie. L’ceil à la forme d’une ellipse parallele au front qui est oblique; la pupille est allongé et verticale sur le grand axe de l’ceil. Ouverture branchiale tres large; membranes libres. Pas de dents à ce qu’il semble; pas d’écailles.
Couleur d’un noir violacé; l'iris est bleu.
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. Stn. 2870, 5 août 1909. 43°04’ -N., 19°42? W. o-1500", Filet Richard à grande ouverture.
Leucochlamys, n. g.
Leucochlamys cryptophthalmus, n. sp.
Brotulidé sans écailles ou ligne laterale. Le corps est gela- tineux semi-transparent. Fentes branchiales larges, membranes libres. L’œil apparaît comme un point minuscule noir bien
‘au-dessous de la surface de la tête.
L’anus est situé dans une papille assez grande; dans cette papille l’intestin se termine par un coude.
Les os du carpe sont allongés et sortent du corps formant une espèce de bras pour la pectorale.
Pas de ventrale; pas de dents sur le palais, mais seulement dans la mâchoire supérieure. La fente de la bouche est hori- zontale.
Stn. 2994, 19 août 1010. 44°08 N., 10°44’ W. 5000", Chalut.
_ Un exemplaire.
Barathrites, n. 9.
Barathrites iris, n. sp.
De Wenv.ııs, P 25, V 1/1, Aceny. 85, Cig.
Ce poisson est voisin du genre Barathrodemus (Goode et Bean), mais il s’en distingue suffisamment pour ne pas pouvoir etre range dans le méme genre.
La narine antérieure ne porte pas de tube. L’ceil est petit, un peu rudimentaire et sans plis de la peau qui le recouvre.
Les nageoires verticales sont continues. La tete est ronde, grosse et molle, couverte de petites écailles polygonales. Sa
longueur est contenue 7 fois dans celle du corps. La bouche
est petite; de petites dents formant brosse se trouvent sur les machoires, le vomer et sur les palatins. L’opercule porte une épine droite à son coin dorsal et une épine cachée dans la peau pres de son bord inférieur.
La fente branchiale est large, les membranes sont entiè-
rement libres, (193)
L’anus est situ& avant la moitié du corps. L’estomac se pro- longe en cul-de-sac vers l’arriere; pas d’appendices pyloriques.
Couleur fondamentale laiteuse et transparente. Du reste le corps offre des nuances brunes, violettes, bleues et jaunes dans ses differentes parties.
Stn. 2108, 12-16 août 1905. 31°44’30” N., 4230 W. 2709. Nasse. Un exemplaire. |
Famille des ZOARCIDE
Pachycara, n. g.
Pachycara obesa, n. sp.
Zoarcidé à peau solide et couverte d’écailles minces. La téte est grosse et ronde, sans épines. Les nageoires verticales sont continues; pas de ventrale, pas de ligne latérale. De fins pores muqueux sur les levres et sur d’autres parties de la téte. Branchies 4, sans fente à l’arriere de la quatrième.
Des dents assez fortes se trouvent en forme de brosse, sur les mächoires, le vomer et les palatins. La langue est épaisse, grande, libre et lisse. |
Br 6. D env. 80, P 18, V —, A env. 70, Il —.
La pectorale est large et arrondie; la dorsale, qui, comme l’anale, est enveloppée d’une peau épaisse, est un peu à l'arrière de la pectorale.
Pas de vessie natatoire, pas d’appendices pyloriques. Couleur d’un brun unicolore, iris bleuätre.
Stn. 1554, 7 Sept: 1903: 45°29’ N., 05 W. 4780" 2; Un exemplaire.
Fe ae Je ne peux ranger les deux poissons decrits ci-dessous dans aucune des familles connues en ce qui est de leur aspect exterieur. Comme il s’agit d’exemplaires uniques et comme l'étude anatomique est impossible sans les détruire, il faudra attendre d’autres récoltes avant de pouvoir émettre une opinion nette sur leur position systématique.
Anotopterus, n. g.
Anotopterus pharao, n. sp.
E66. D —,; P 14, V 4, A 12, ll env. 60:
Le corps est allongé, bas et comprimé, la tête est longue, étroite et haute, rappelant celle d’un Rhamphorhynchus.
La dorsale fait complètement défaut; la pectorale est très petite, la ventrale minuscule et rudimentaire, L’anale et la caudale sont moyennement développées. Une petite nageoire adipeuse au-dessus de l'extrémité de l’anale. Pas d’écailles; ligne latérale relativement distincte, Fente branchiale large, membranes libre sur une grande étendue.
Des dents minces et courtes dans la mâchoire supérieure, qui est formée du maxillaire et de l’intermaxillaire. Les dents de la mâchoire inférieure sont faibles et renversables antérieu- rement, mais fortes et fixes dans la partie postérieure de la mâchoire. Une série de dents très fortes sur le vomer. Pas de dents sur les palatins. Pas de plaques ou d’épine à l’arriere de l’anus, qui est plus rapproché de la ventrale qu’il ne l’est de l’anale.
Couleur d’un gris d’acier et argenté, jaune sur le ventre; la region operculaire et l’iris sont bleus.
>12.3028, 4 sept. 1910, 366430” N., 11949) W. 0-5100™. Filet Bourée en vitesse. Un exemplaire.
(193)
Benthalbella, n. g.
Benthalbella infans, n. sp.
Br642),.D0, pP 22,,.V.7, oa
Jeune ou larvaire, malgré sa longueur qui est de 62 mil- limetres. Sans pigments, à l’exception de l’œil, qui est grand et télescopique, dirigé obliquement vers le haut. Le profil de la tete tombe abrupt de l’occiput au museau; fente de la bouche horizontale; mâchoire inférieure légèrement saillante. Des dents minces et renversables sur les mâchoires, fortes et en forme de crochets sur la langue; vomer et palatins lisses. Fente branchiale large et libre sur une grande longueur. Les os du carpe sortent du corps et forment une espèce de bras pour la pectorale. Une nageoire adipeuse au-dessus de l’anale. Ce poisson rappelle vaguement l’aspect de Dissomma (Brauer).
Stn. 3036, 7 sept. 1910. 36°07 N, 10°18: Wo 1710 Filet Bourée en vitesse. Un exemplaire.
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Le Bulletin est en dépôt chez Friedlander, 11, Carlstrasse, Berlin et chez M. Le Soudier, 174-176, boulevard Saint-Germain — a Paris. à RC ee, Les numéros du Bulletin se vendent séparément aux prix suivants et franco : AT
Nos
174: — Études sur les. Gisements de Mollusques comestibles des Côtes de France (La baie de Cancale), (avec deux cartes) Par JOUBERT SR + slate os CS Mae date wie ces Res
175. — Carte Générale Bathymétrique des Océans, Rapport destiné aux Membres de la Deuxième Commission,par H. BouRÉE.
176. — Commission internationale pour l'exploration scientifique de l'Atlantique, rédigé par le Prof. Alph. BERGET........
177. — Sur les Molpadides de Norvége, par Edgard H£rouArn...
178. — Notes préliminaires sur les Gisements de Mollusques comestibles des Côtes dé France. La côte méridionale de la Bretagne comprise entre le plateau de Kerpapé et la pointe de Trevignon par J. GUERIN-GANIVET (avec UNE. CALLE) a ee lach see Cerne fes was Me ae Re
179. — La pêche à marée basse, par R. LEGENDRE ........,,,....
180. — Pression osmotique des liquides des Oiseaux et Mammifères marins par D.. PORHIER. vc inde. corses ee Meier
181.— Mesure des densités d'eaux marines par flotteurs totalement immerges parle Thouleret Chevalliers ii ete
182. — Campagne scientifique de la Princesse-Alice en 19r0, liste des Stations, dressée par J. RicHarp, avec une carte....
183. — Contributions au Système des Méduses, basées sur des formes bathypélagiques des campagnes scientifiques de S. A. S. le Prince de Monaco, par le D* Otto Maas..... 7
184. — Sur la présence de l’Ergasticus Clouei A. Milne-Edwards dans les fonds avoisinant les cötes de la Bretagne
occidentale, par J. GUÉRIN-GANIVET..:....,.,..,..,,0..
185, 186, 187.— Sur la dixième campagne de la Princesse-Alice II, Sur la onzième campagne de la Princesse-Alice II. Sur les travaux océanographiques du Musée de Monaco, par — ‘S. A; S. 1 PRINCE ALBERT I” DE MONACO- en
188. — Quelques remarques sur le programme hydrobiologique … de Monaco, par Alexander NATHANSOHN....esesseccosesces _ 189. — La répartiton géographique du Trangulus munidæ. G. Smith, Rhizocephale parasite des espèces du genre Munida Leach, par J. GuÉRIN-GANIVET........:,..,.... +190. — Couleur des fonds marins, par J. THOULET.... 4 BE © -191.— Nouveaux essais de spongiculture au Lab6ratoire Maritime de Biologie de Tamaris-sur-Mer, par M. le Professeur :. Raphaël DuBôis.s.r.. riens ns ee ehe 192. — Revision de la famille des Textularide, parE. FauRé- . — FREMIET. 03 soccer emttemanes mue da de ness secte se SO 193. — Diagnoses des Poissons nouveaux provenant des campa- — gnes du yacht « Princesse-Alice » (1901 a rgro), par Erich ZUGMAN ER ES a ee CONN Cw ane olga ead SOON
Pr
MONACO. — IMPR. DE MONACO.
25 Janvier ı91ı1.
BULLETIN
I DINSTITUT OGEANOGRAPHLOUE
(Fondation ALBERT ler, Prince pe Monaco)
| TROISIÈME NOTE. PRÉLIMINAIRE SUR LES POLY- SCHETES. PROVENANT DES CAMPAGNES. DE L'HIRONDELLE ET DE LA PRINCESSE-ALICE, OU DEPOSEES DANS LE MUSEE OCEANOGRA- PHIQUE DE MONACO. |
Par Pierre FAUVEL
Professeur a l'Uuiversité catholique d'Angers
2 MONACO
_intérnationaux. dé = SER * < = a autant gie spate les abréviations. ae 8
| bibliographiques. | i
_4o Ecrire en italiques tout. nom. Siege ue Le |
50 Dessiner sur papier ou bristol bien blanc au ee Wolf Su ee ‚ou a l'encre de Chine. 2 <
papier e procedey ; es = 8o Remplacer autant que > possible igs Seales par des u dans. je Se “texte en donnant les dessins faits d’un tiers ou a un en, Bus Bande, a la dimension définitive qu’on 1 désires
+ 50er. 2 | soo | 150 ex. | 200 ex. x | 250
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a | Adresser tout ce qui < concerne le Bulletin à i l'adresse uivani - Musée océanographique Bulletin), Monacı
À
BULLETIN DE L'INSTITUT. OCEANOGRAPHIQUE (Fondation ALBERT I”, Prince de Monaco)
Ne 194 — 25 Janvier 1911.
Troisième note préliminaire sur les PoLY- CHETES provenant des campagnes de l'Hirondelle et de la Princesse-Alice, ou déposées dans le Musée Océanographique
de Monaco. Par Pierre FAUVEL.
Professeur à l'Université catholique d'Angers.
Famille des EUNICIENS, sensu Grube
Genre Rhamphobrachium, Ehlers RHAMPHOBRACHIUM AGASSIZI, Ehlers
Eine 20) 50227..05°.N., 30% 55 W.,,1597..inetres. Sable Huet Vase blanche. Chalut. — Stn. 553, 37° 42 40’ .N., 25° 05’ 15” W., 1385 métres. Sable vaseux. Sondeur a robinet. — ‘Stn. 1116, 31° 43 30” N., 10° 46’ 45” W., Maroc, 2105 mètres, vase rose à globigérines. Chalut.—Stn. 1190, 15°14’ N., 23° 03°45” W., 628 mètres, près de Maio, sable vaseux. Chalut. — Stn. 1196, 750 18° N., 23° 02’ 45° W.., pres de Maio, r300 mètres, fond dur. CHalut: — Stn. 1209, 16°.34’ N., 23° 03’ 15” W., 1477 mètres à 7 milles auS.-W. de l’île de Sal. Chalut.
La plupart des spécimens de cette intéressante espèce, décrite jadis par Ehlers de la Mer des Antilles, sont des fragments antérieurs, mesurant 30 à 4o mill. de long sur 6 à 8 mill. de large.
Les bulbes sétigères des trois premiers parapodes mai chacun deux gros faisceaux de fines soies-tendons chitineuses,
formant ainsi 6 gros cordons, revétus chacun d’une gaine mus- culo-conjonctive, et disposés autour de l’intestin. Ces faisceaux de soies chitineuses de section circulaire et dépourvues d’orne- mentation se prolongent en arrière sur plus de 50 460 mill. de longueur et font saillie à l'extérieur sur les fragments antérieurs d'animaux brisés.
Chez l’Onuphis conchylega et | Hyalinecia tubicola on ne ren- contre pas ces gros faisceaux de soies de soutien et le bulbe sétigère du premier parapode ne s'étend pas plus loin, en arrière, que le,20° ou 3M eesctieete.
Les tubes sont blancs, parchemines, recouverts d’une couche de vase plus ou moins épaisse. A l’entree, la section du tube est comprimée en forme de 8, elle devient ensuite elliptique, puis circulaire.
Mer des Antilles, Acores, Maroc.
Genre Onuphis, Aud. Edw.
(sensu Langerhans, de Saint-Joseph, Gravier)
ONUPHIS CONCHYLEGA, Sars
Onuphis conchylega, Sars. Northia conchylega, MaLMGREN. Nothria conchylega, Mc’ InTosu. Onuphis Eschrichti, ŒRSTED. Diopatra Eschrichti, GRUBE. Onuphis hyperborea, Hansen.
Stn.:42, 46° 47°N., 3° 52°45” WW," 136. metres, or 3 Chalut..—- Stn. 46, 46°.24° 42’ .N;, 3935/1527 W., 135 met, sable gris, alenes jaunes et blanches, Chalut. — Stn. 47, 46° 28’ N., 3° 31° 45” W., 130 mètres, sable gris, alenes blanches et jaunes. Chalut. — Stn. 53, 43° 44507 N., 5°51'43 (yee mètres, sable gris et roche. Chalut. — Stn. 59, 43° 53’ N., 6° 40° 45” W., 248 mètres, sable fin. Chalut. — Stn. 85, 40° 31’ N., 4° 31’ 45” W., 180 mètres, sable vaseux, alénes blanches et jaunes. Chalut. — Stn. 162, 46° 5000” N., 47° 51,30. We
um aeere
parages de Terre-Neuve, 155 métres, sable fin, petits cailloux. eat =~) Sin: 198, 38° 26 20” N., 28° 38’ 55” W., au sud de Fayal, 800 mètres, sable et vase. Chalut. — Stn. 234, 39° mete) 82.070 552.25” W., à l'Est de Graciosa, gravier ferru- ee Chalut. — Stn. 527, 38° 09 N., 23° 157-45" W., 4020 Sie... Chalut. — Stn. 536, 37°54’ N., 24° 43) 15” W., 2178 mètres, sable vaseux et globigérines. Chalut. — Stn. 553, > 10 N. 25° 05’ 15” W., 1385 mètres, sable vaseux. Cha- Eur oi: 57>, 38° 27 -N.,.20° 30’ 15” W., 1165 mètres, sable eux. Chalut. — Stn. 602, 38° 37’ 30”. N., 28°. 13’ 05” W., 1290 metres, roche. Chalut. — Stn. 614, 38° 27°12” N., 28° 40’ 05 W., pres de Fayal, 778 mètres, sable vaseux gris noirätre. ame 4 tauberts. —- Sin. 616, 38° 46’ 35” N., 28° 17° 20” W., pres de la pointe Rosales (S. Jorge) 1022 metres, roche. Barre avaueerts. — Stn. 618, 38° 51’ 45” N.. 28°. 06’ 15° W., 1143 metres, vase et sable gris. Chalut. — Stn. 673, 37° 51’ N.., Bau 54 NV, 2252 metres, vase a globigerines.: Chalut. — Bin. 719, 39° it’ N., 30°24 15” W., 1600 mètres. Chalut. — Em, 37-40 N., 26° 26° 15% W., à l’ouest de S. Miguel, 2919 metres, sable vaseux. :Chalut. — Stn. 863, 39°19’ N., 26° 55’ W., 1940 mètres, vase grisätre piquée de fin sable noir. Chalut. — Stn. 866, 38° 52’ 50” N., 27° 23’ 05”, W., pres de Terceira, 599 mètres, sable à gros grains. Chalut. — Stn. 922, pe 10. N., 5° 48’ 15’ E., près la pointe sud de Norvège, 343 feires, vase verdatre. Chalut. — Stn. 956, 69° 17 30” N., PB 50:52 EB, pres des iles-Lofoten, 1815 mètres, vase. Tube sendeur Buchanan. —-Stn..970, 76° 30’ N., 25° 27’ E., pres de Vile Hope, 48 mètres, gravier, coquilles. Chalut. — Stn. 1012, 88 0ı N., 10° 51’ E., au Nord du Spitsberg, près de la ban- quise, 430 mètres, sable vaseux. Chalut. — Stn. 1043, 59° 03’ N,. 4° 08 W., 420 milles environ à l'Est des Orcades, 88 mètres. Malt. — Stn. -1106, 43° 28 N., 7° 02’ E., environ 5 milles devant Cannes, 712 métres, vase grise compacte. Grand chalut Br Pechie. —Stn. 1209, 16° 34’ N., 23° 03’ 15° W., à 7 milles au BMW de lile de Sal, 1477 mètres. Chalut. — Stn. 1334, 39° 34’ N., 29° 02’ W., 55 milles au N.-N.-W. de Fayal, 1900 métres, vase a globigérines et sable volcanique. Chalut. —
(194)
ne Stn. 1349, 38° 35° 30” N., 28° 06° W., entre Pico ers. Jorge, 1250 mètres, vase et sable volcanique. Chalut. — Stn. 2442, Baie Wijde, (Mouillage de Lake Valley) Spitsberg; 20 mètres environ. Petite drague.— Cap Ferrat, Tunisie, « Melita » 170 mètres.
Cette espèce est représentée par un très grand nombre de tubes caractéristiques renfermant encore, pour la plupart, la partie antérieure de l’animal.
Les spécimens du Spitsberg (Stn. 1012) répondentexactement aux figures d’(Ersted de lO. Eschrichti. L’Onuphis hyperborea de Hansen ne diffère de l’O. conchylega qu’en ce que son 2° séti- gère ne porterait que des soles aciculaires, en outre les mächoires n’auraient que 8 dents au lieu de 9, et seraient de couleur plus claire. Ces caractéres ne paraissent avoir aucune valeur spécifique car chez l’O. conchylega les soies capillaires et les soies pectinées font souvent défaut au 2° sétigère. D’un individu à l’autre on note aussi des différences dans le nombre des dents des mâchoires et dans leur coloration.
Suivant les stations, les tubes membraneux, aplatis, sont tantôt recouverts de graviers plus ou moins gros, tantôt in- crustés de larges débris de coquilles appliqués à plat, comme sur ceux que Mc’ Intosh (1908, pl. LXIII fig. 7-c-d) attribue à l'Onuphis britannica. Hansen avait déjà fait remarquer que les tubes de l’O. hyperborea présentent également ces deux struc- tures qui n'ont rien de caractéristique, l’animal utilisant les matériaux à sa portée. Ainsi, souvent les tubes provenant des fonds vaseux sont revêtus, en partie, de foraminiferes.
Aucun caractère ne distingue les spécimens de la région des Acores de ceux des mers arctiques.
La présence de cette espèce aux environs de Cannes et sur les côtes de Tunisie est intéressante à signaler.
Mers arctiques, Atlantique, Mer des Antilles, Açores, côtes du Maroc, Méditerranée.
Onupuis, Spec.
Stn. 527, 38.08 N., 23° 15°45” W., 4020 metres. Cala Parmi les nombreux tubes membraneux, minces, aplatis,
a
recouverts de foraminiferes, provenant de cette station, deux seulement renferment encore des petits fragments antérieurs de l'animal.
"If mauvais état de ces débris n’en permet pas une étude approfondie et il est impossible de décider s'il s’agit d’une simple variation de l'Onuphis conchylega ou d'une espèce distincte. Ils s’éloignent notablement du type par certains caractères.
ONUPHIS QUADRICUSPIS, Sars
Onuphis quadricuspis, Sars. Nothria quadricuspis, Mc’Intosn. Diopatra socialıs, EHLERS.
a, 97° 42. 40 N., 25° 05’ 15° W., 1385 mètres, sable Pesce. Omaliit.— Stn. 703, 39°21’ 20” N.,31° 05 45”. W., 1360 m es (ypalut,—— Stn. 922, 56° 16’ N., 5°48’ 15” E., pres la pointe Sud de Norvége, 343 métres, vase verdatre. Chalut.
Weveespece nest représentée, aux stations 553 et 703, que par quelques fragments antérieurs en assez mauvais état. Celui de la station 703 est accompagné d’un debris de tube plat, revetu de quelques fragments de coquille.
Les mächoires ressemblent tout à fait a celles figurées par Mc’ Intosh.
Le petit spécimen de la station 922, tronqué postérieurement et d’un diamètre de 1 mill. 3, était renfermé dans un tube mem- braneux recouvert d’une épaisse couche de vase fine. Il ne diffère des précédents que par les soies pseudo-composées des premiers sétigères qui n’ont pas encore acquis leur structure definitive. L’articulation n’est représentée que par un léger étranglement, la serpe dentelée est encore renfermée a l’in- terieur d'un long capuchon pointu. La première branchie apparait au 6° setigere.
Ehlers,apres avoir décrit d’abord cette espèce sous le nom de Diopatra socialis, a ensuite reconnu lui-même son identité
(194)
N ER EST C4
Du
avec l'O. AGREE de Sars. Voisine de la Diopatra Pourtalesi, Ehlers, elle s’en distingue cependant.
Le. soles antérieures figurées par Ehlers sont intermediaires entre celles des specimens des stations 922 et 553.
Atlantique.
Genre Hyalinoecia, Malmgren Hyarinecia TUBICOLA, O.-F. Müller
Nereis tubicola, O.-F. MULLER. Onuphis tubicola, EHLERS. Hyalinecia tubicola, MALMGREN. Northia tubicola, JoHNsTON. Onuphis sicula de QUATREFAGES.
Stn. 44, 46° 27’ N., 4°.09’.45” W., 166 metres, Sable wascux. alénes jaunes. Chalut. — Stn. 46,-46° 24° 42” N., 3° 35’ 15 WW, 155 mètres, sable gris, alénes jaunes et blanches. Chalut. — Stn. 47, 46° 28’ N., 303145” W., 130 mètres, sable eric, Ins» blanches et jaunes. Ghalut.— Stn. 57, 43° 22307 N 0.2 et W., 240 mètres, roche, galets, sable. Chalut. — Stn. 59, 43° 53’ N., 6° 40° 45” W., 248 mètres, sable fin. Chalut.— Stn. 85, 46°31’ N., 4° 31’ 45” W., 180 mètres, sable vaseux, alénes blanches et jaunes. Chalut. — Stn. 802, 33° 02’ N., 16° 19° 45” W., Baie de Porto Santo, 60 mètres (7). Chalut: ‘= Sin. 899, Az 37 35 29° 14° 45” W., Banc de la Princesse Alice, 200 metres, sable et coquilles. Chalut. — -Stn.. 1043, 59° a N, a2 62. ee 20 milles environ à l'Est des Orcades, 88 mètres. Chalut. — Stn. 1092, 42° 30’ N., 9°37’ 45” W., 1743 mètres, vase. Chalut.— Stn. 1116, 31°.437-30” N;, 10° 46’ 45” \W., Maroc So males u large de Mogador, 2165 métres, vase rose a globigérines. Chalut. — Stn. 1118, 29° 08: 30° Niu, 13° 02:45" Wes co Er Lanzarote, à 3 milles de terre, 1098 mètres, vase sableuse piquetée de noir, Chalut. — Stn. 1135, 17° 14 N., es ees W., a5 milles à l'E. de la pointe N. de Sao Antao, Cap cm. 1700 mètres, sable volcanique et à globigérines un peu vaseux. Chalut, — Stn. 1209, 16°34’ N., 23° 03’ 15” W., a7 mailles an
— 7 — S.-W. de Sal, 1477 mètres. Chalut. — Stn. 1242, Banc de la Seine, 240 métres, gravier et coquilles brisées. Chalut. — Stn. 1248,
36° 08’ N., 8°02’ 45” W., 1500 mètres, vase grise. Chalut. — Stn. BA) N. 7 2520” E., à ı mille au S. de Monaco, 48 metres, sable, gravier, coquilles brisées. Petit Chalut. — Se 1204, 45° 42° N.. 7°24”25. E., pres de: Monaco devant le Gap-d Ail, 125 mètres, vase grise et roche. Petit chalut. — Stim. 1504, 36° 41 N.,14° 11 45” W., Banc dela Josephine, 208 mièties, sable. Chalüt. — Stn. 1463, 45° 24° N., 3°07 W,, 932-150 mètres, vase sableuse. Chalut à plateaux. — Stn. 1479, Br oa N „>22 11 W.,.ı414 mètres. Nasse. — Stn. 1535, 47° Boa 5210. W.,. 132 metres, sable et coquilles. brisées: Chalıt a plateaux. — Stn. 2034, 33° 47 N., 14° 21° W., Banc de la Seine, 185 mètres, Chalut. — Stn. 2048, 32° 32’ 30” N., 17202: W., 1908 mètres. Chalut. — Stn 2990, 43° 45' 30” N., 9° 41’ W., Chalut. — « Melita» 1890 au S.-W. de Belle-Ile, 160 metres. — « Melita » 1892 au large du Cap Ferrat, Tunisie. — 30 Janvier 1906, Cap-d’ Ail. — Stn.022,— Stn. 079 pres Monaco. — Stn. 0576, Cap-Martin 45-60 métres. Chalut. — Stn. 01065.
m@ette-espece, bien connue, est représentée, dans certaines stations, par un tres grand nombre d'individus. Les tubes chitineux des stations 44, 46, 1135, 1248, 1535 sont de grande elle 12 216 cent.),ceux du Banc de la Seine (Stn 1242) sont très nombreux mais généralement de taille moyenne (6 à 7 cent.)
Mers arctiques, Manche, Atlantique, Méditerranée, Mer du Japon.
HYALINŒCIA BILINEATA, Baird.
SONO 470 1130, N., 3° 07’ 15” W.,,63 metres, sable. gravier, coquilles brisées. Chalut.
Deux petits spécimens incomplets et sans leur tube repré- sentent seuls cette espèce.
HYaALINŒCIA RUBRA, Langerhans.
Sesam 2034, 332472 N., 14° 21” W.,i Banc. de la Seine, 185 métres, Chalut.
(194)
Br
Cette espèce, voisine de l’Ayalinacia rigida Claparéde, a d’abord été trouvée à Madère par Langerhans. La station 2034 n’en a fourni qu'un seul petit spécimen sans son tube. |
Madère.
Genre Eunice, Cuvier. Eunice Harassu, Audouin et Milne-Edwards
Eunice Harassit, AuDb.-Ebwarps. _ Eunice rubro-cincla, EHLERS.
(?) Leodice punctata, Risso.
(?) Eunice Rissot DE QUATREFAGES.
Station 38, 47° 21°12” N., 3° oo’ 23” W., Meuillaee du Palais (Belle-Ile) 10 mètres, nullipores. Drague toile. — Stn. 44, 46° 27° N 4° 10° W., 166 mètres, sable vase eines jaunes. Chalut. — Stn. 45, 45° 48’ N., 3° 38° W., 160 mètres, sable fin, pointes d’alénes, Chalut. — Stn. 46, 46° 24’ 42” N., 3° 35’ 15” W., 155 mètres, sable gris, alènes jaunes et blanches. Chalut. — Stn. 56, 43° 38° 30” N., 6°08’ 15° W,, ge mètres, sable et galets, Drague toile. — Stn. 57, 43° 44 30° Ney pee? 15” W., 240 mètres, roche, galets, sable. Chalut. — Stn. 59, 43° 53° N., 6° 41’ W., 248 mètres, sable fin. Chalut. — Stn. 1535, 47° 46’'N., 5° 40° W., 132 metres, sable er con, brisées. Chalut a plateaux. .
Monaco 7 décembre 1902. — Monaco 16 décembre 1902, (M. Marquet). — Monaco »4 janvier 1903, coffre du Port. — Port de Monaco 18 novembre 1908. — Cap-d’Ail, 14 juin 1905, 4o mètres. Drague.— Stn. 060, og1, 0140, 0344, 0352, environs de Monaco.
L’examen de ces nombreux spécimens de l’Atlantique et de la Méditerranée et leur comparaison avec d’autres recueillis par moi aux environs de Cherbourg, et aux iles Chausey,= dion provenait le type de l'espèce, m'ont permis de rectifier la diagnose et d’apprecier les limites de variation de | Eunice
Harassii. Ainsi que je le montrerai dans le mémoire in extenso, les individus recueillis au large se rapprochent notablement de Eunice pennala.
Quant à ceux de Monaco, ils répondent exactement, pour la plupart, a la description qu’Ehlers a donné de son Eunice rubrocinta. Cette dernière n’est qu une forme, ou tout au plus une variété locale, de l'E. Harassu.
Manche, Atlantique, Méditerranée.
EUNICE PENNATA, O. F. Müller
Nereis pennata, O.-F. MürLer.
Nereis pinnata, O.-F. MüLLer.
Eunice norvegica (L. partim) (Ersten.
Leodice norvegica (L.) Sav. MALMGREN.
Eunice pennata (MürL.) ŒRSTED. - MARENZELLER. Eunice amphiheliæ, Route. (pro parte)
Station: 46, 46° 24’ 42” N., 3° 35’ 15° W., 155 mètres, sable gris, alenes jaunes et blanches. Chalut. — Stn. 66, 43° 12° 15” N., 9° 33’ 15” W., 363 mètres, vase. Chalut.—Stn. 112, 38°34’ 4 De 282.66 15° W., entre Pico et Sao-Jorge, 1287 mètres sable fin. Chalut. — Stn. 161, 46° 04’ 40” N., 46° 42° 15” W., parages de Terre-Neuve, 1267 metres, sable gris, vase molle. Chalus — Stn. 198, 38° 26° 25” N., 28° 38°55” W., au sud de Fayal, 800 mètres, sable et vase. Chalut. — Stn. 213, 39° 22° Aes. 31° 25. +5” W., 1384 mètres, sable vaseux, débris de Ptéropodes. Chalut.— Stn. 226, 38° 31’ 19” N., 28° 34’ 30” W., détroit de Pico-Fayal, 130 métres, gravier, sable, coquilles brisées. Chalut. — Stn:227, 38° 83° N., 28° 26:37" W., pres
Pa cote sud de Pico, 1135 mètres, roche, gravier, sable,
Palm. Stn. 375, 46° 33” N., 7° 36 45° -E., au large de Monaco, 2230 mètres, vase verdätre, Sondeur à robinet. — Stn. 096,382 467357 N., 28° 17 20”. W., pres la pointe Rosalés (Sao Jorge) 1022 mètres, roche. Barre à fauberts. — Stn. 663, bye 28 300 N., 25° 32’ W., au sud.deS. Miguel, 1722 mètres, ms grise et sable noir. Chalut. —. Stn. 673,-37° 51’ N., 26°
(194
= oe
54’ W., 2250 mètres, vase blanche à globigérines. Chalut. — Stn. 683, 38°:20 :N:, 28° 05’ W., sud de Pico 1550 mer Chalut. — Stn. 684, 38° 20’ N., 28 05’ W. sud de Pico, 1550 mètres. Chalut: — Stn. 698, 39° ı1;N., 30° 44 ao 2 yy 30 S.-E. de Flores, 1846 mètres, vase grise sableuse. Chalut. — Stn. 702, 39?.21' 20” N:,31° 05’ 53” W., 1360 metres Cine — Stn. 719, 39° 11’ N., 30° 24’ 15” W., 1600 mètres Chaine — Stn. 738, 37° 40° N., 26° 26’ 15" W.; à PWide 5 Bee 1919 mètres, sable vaseux. Chalut. — Stn. 743, 37°35’ 45” N., 25° 17 15” W., île S. Miguel, 1404 mètres, gros sable trace Chalut. Stn. 866, 38° 52° 50” N., 27° 23 obo We pe Terceira, 599 mètres, sable à gros gravier. Chalut. — Stn. 873, 38° 37-45". N., 28° 14° 20” W.;-entre Pico et Sao Jorer mare mètres, sable noir vaseux. Nasse. — Stn. 899, 37° 597 Ne 202 15’ W., Banc de la Princesse Alice, 200 mètres sable er coquilles. Chalut. — Stn. 922,;-58° 16". Ni; «5° 48 24s pres pointe Sud de Norvège, 343 mètres, vase verdâtre. Chalut. — Stn. 1052, 65° 41 N., 9° 30 E., cote) de Norvege, 440 memes vase gris verdatre. Chalut. — Stn. 1242, Banc de la Seine, a 1 mille à l'Est de ‘la bouée, 240 mètres, gravier, cequiles brisées. Chalut. — Stn. 1304, 36° 41’ N., 14° 12?.W., Bane de la Joséphine, 208 mètres, sable. Chalut. — Stn. 1331, 38° 40’ N., 26° o1’ W., 30 milles à l’est de Terceira, 1805 mètres, sable vaseux. Chalut. —Stn. 1334; 39° 34 -N., 20° 02 WW 205: milles au N.-N.-W. de Fayal, 1900 mètres, vase à globigérines et sable volcanique. Chalut. — Stn. 1344, 38° 45’ 30” N., 28° 08" W., N. de Sao Jorge, a3 1/2 milles \de’terre, 1692 un m 3
Chalut..— Stn. 1349, 38° 35’ 30” N., 28° 06’ W., entre Peace,
Sao Jorge, 1250 mètres, vase, sable volcanique. Chalut. — Stn. 1463, 45° 24’ N., 3° 07’ W., 932-150 mètres, vase sableuse. Chalut à plateaux. — Stn.:1540, 47° 16) N., 5°: 16 ae métres, sable, coquilles. Chalut 4 plateaux. — Stn. 2034, 33° 47 N., 14° 21’ W., Banc de Seine, 185 mètres. Chalut. — Stn. 2534 Karlsö, Tremails. — Stn. 2720, 36° 42° N., 820 75 W., 749-310 metres. Chalut & étriers.
Cette espéce présente une grande variabilite. Aussi a-t-elle été décrite sous des noms différents et souvent confondue avec
Bh ees Me IN
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d’autres espèces, entre autres avec l’Eunice floridana, qui vit également en commensalisme avec les Polypiers, et que l’on trouve, parfois, cöte a cöte avec elle dans certaines stations. Elle s’en distingue, cependant, par un certain nombre de caracteres bien tranchés.
Ainsi que l’a fait remarquer Marenzeller !’Eunice norvegica de Linné comprend les deux espèces. Dans l'impossibilité de savoir exactement à laquelle ce nom devrait être appliqué il est nécessaire de le supprimer et d'adopter le nom d’Eunice pennata, correspondant à la première bonne description de cette espèce.
Dautre part elle présente des aflinités sı étroites avec Eunice Harassii qu'il est parfois à peu pres impossible de décider sûrement a laquelle des deux doivent être rapportés certains individus de petite taille à caractères intermédiaires.
L’Eunice pennata semble être, tout simplement, une forme de l’Eunice Harassii adaptée aux grandes profondeurs et modifiée par son commensalisme avec les Polypiers.
Mers ärctiques, Atlantique, Méditerranée.
Evnice viTTATA, Delle Chiaje.
Nereis vittata, DELLE CHIAJE. Eunice vittata, CLAPAREDE. Eunice limosa, EHLERS.
SO 712, 38234. 30. N... 26° 06) 15” W., entre Pico: et Sao Jorge, 1287 metres, sable fin. Chalut. — Stn. 244, 38° 33’ HAN 20° FO. 15 \W.... 1266 metres, sable gris vaseux. Chalut. — otn. 503, 47° 10’ N., 5° 48’ W., 1262 mètres, sable argileux Gevaseux. Chalut.”- Stn..553, 37° 42’ 40° Ni, 25° 05’ 15” W., 1385 mètres, sable vaseux. Chalut. — Stn. 702, 39° 21’ 20” N., 21000. 3.2.1360 metres. Tramail. — Stn.- 1203, 15° 54 N.,22° 55’ W., a 4 milles au S.-W. de Vile Boa-Vista, ot metres, fond dur. Chalut. — Stn. 1349, 38° 35’ 30”’ N., 28° 06’ W., entre Pico et Sao Jorge, 1250 mètres, vase, sable volcanique. Chalut. — Monaco 7 décembre 1902 (M. Marquet) - Port de
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Monaco 18 novembre 1908. — Cap-d’Ail 31 janvier 1906, 40 mètres. — Pointe de la Vieille, 13 mars 1903, 30-40 m. — Baie de Canton, 22 septembre 1906. — Stations 0196, 0289, 0299, 0373 des environs de Monaco.
Les branchies, commencant au 3° sétigere, manquent a la moitié ou aux deux tiers postérieurs du corps. Cette espéce est surtout caractérisée par la longueur de l’antenne médiane et par ses soies aciculaires à 3 dents. |
Les acicules et les soies aciculaires sont jaunes.
Méditerranée, Atlantique, Acores, Cap-Vert, Détroit de Bass, Mer du Japon.
EUNICE TORQUATA, de Quatrefages.
Eunice torquata, QUATREFAGES. — PRUVOT et RACOVITZA. Eunice Harassii, GRUBE, CLAPAREDE (nec. AUD. Epw.) Eunice Claparedii, QUATREFAGES, de SAINT-JOSEPH. Eunice Laurillardi, QUATREFAGES.
1?) Leodice fasciata, Risso.
Eunice fasciata, EHLERS.
Eunice annulicornis, JOHNSTON.
Station 1152, 16° 44’ N., 24° 44’ 30” W., à 314 milles de la pointe S. W. de Santa Luzia, 52 mètres, cailloux cales coquilles, sable. Chalut. — Stn. 1203, 15° 54° N, 22035) 3a à 4 milles au S. W. de l’île Boa-Vista, gı mètres, fond dur. Chalut. — Côte de Bône (M. Chevreux) dans les racines de Posidonia. — Guéthary (M. Dollfus)
Marenzeller et de Saint-Joseph, chacun pour des raisons différentes, considèrent comme deux espèces distinctes l’Eunice torquata et l'Eunice Claparedii, au contraire Pruvôt et Raco- vitza les réunissent.
L'examen des spécimens de Guéthary, déterminés comme E. torquata par M. de Saint-Joseph, de ceux de Bône et de ceux, très nombreux, des stations 1152 et 1203, m'amène à la conviction qu'il s’agit bien d’une espèce unique, présentant de
a anc
nombreuses variations, dont les deux formes extrémes sont dune part l’Eunice torquala de Guéthary. de l’autre l’Funice Claparedii de Port Vendres, de Banyuls et de Bone.
Les spécimens de Boa-Vista nous offrent toutes les variétés intermédiaires entre ces deux formes extrémes, qui présentent d’ailleurs, aussi, bien des différences d’un individu à l’autre.
Ehlers a voulu ressusciter le vieux nom d’Eunice fasciala en se basant sur le fait que Grube avait identifié son E. torquata à l'E. fascıata Risso de Quatrefages. Mais, d’après de Saint- Joseph, cette assimilation résulterait d’un examen superficiel. D'ailleurs, comme l'avaient déjà fait remarquer Pruvot et Racovitza, les Euniciens de la collection de de Quatrefages étaient déterminés et étiquetés avec de telles erreurs qu'il faut se défier absolument de cette identification. En pareil cas le plus sage est de conserver le nom adopté par les auteurs ayant donné de l’espèce une description suflisamment précise et détaillée.
Atlantique, Iles du Cap Vert, Méditerranée.
Eunice Cérsrepi, Stimpson.
Eunice (Erstedii, Stimpson. Eunice (Erstedi (?) St. Mc’Intosn.
Sidon 964.900 30-30 ~N., 26° 50° 1%. W., 845 metres, focie,, Batre a fauberts. — Stm. 587,389 36’ 40° N., 27°17 15° 32.793 metres. sable. Barre ‘à fauberts. — Stn. 838, 37° 55" N., 25° 23’ 45” W.,88o mètres, roche. Barre à fauberts. — Sn 22110, con 25 Ny 31° 22’ 30° W., 1220 metres, vase, sable voleanıque et globigérines. Chalut. — Stn. 2034, 33° 47 N,, r4° 21 W. Banc de Seine, 185 metres. Chalut. — Stn. 0299 environs de Monaco.
La plupart des spécimens ont de go a 140 mill. de long sur 5 à 7 mill. de large. Un jeune individu de la station 584 ma que 65 mill. sur 2 mull.
Par ses acicules noirs, la forme de ses machoires, l’absence
(194)
sare! de branchies sur la région postérieure, cette espèce se rapproche de la forme Claparedi de |’ Eunice torquata, mais elle en diffère par ses antennes et ses cirres simplement articulés et non moniliformes, par ses branchies moins ramifiées et par ses segments abranches beaucoup plus nombreux.
Elle présente aussi des aflinités avec l’Eunice floridana mais en diffère : 1° par ses branchies apparaissant bien plus anterieu- rement, 2° par sa longue région postérieure abranche.
Elle est à l’Eunice torquata ce que | Eunice pennata est à l’Eunice Harassit, c'est-à-dire une forme de profondeur, à branchies moins ramifiées et manquant sur une grande partie de la région postérieure.
Atlantique, Méditerranée.
EUNICE GRAVIERI, n. spec. Station 2034, 33°47'.N.,, 14° 21° W:, Banc de Semen
metres. Chalut. Diagnose. — Antennes nettement moniliformes, l'impaire
b
Fig. 1. — Eunice Gravieri. — a, partie antérieure x 10 = un parapode de la region branchiale >< 40
atteignant Jusqu'au 8° sétigère. — 4 yeux. — Cirres tentacu- laires beaucoup plus longs que le segment buccal. — ı'° branchie
Se voi) AA ui 4 7 : . OP Ae OT QU ae nr Zi en Du
AD ke
au 5° sétigère. Branchies toutes simples, cessant au 20° -26*° sétigere. — Cirre dorsal plus long que les branchies de 1/2 ou i/3. — 2 longs urites articulés. — Acicules noirs. — Soie aciculaire noire, bidentée, à capuchon, apparaissant au 25° sétigère. — Soles pectinées
à côtés généralement inégaux. — 7 Mächoires semblables à celles de /
Eunice (Erstedi. 2 Gere espece nest représentée que par deux petits specimens dent un est tronque et dont lautre mesure 28 mill. de long sur null: de large. Ce qui differencie immedia- A d tement cette espèce c'estla présence Fic. — 2. Eunice Gravieri. — ‘des 4 yeux bien développés. L'Eu- a, Soie aciculaire X 150. — nice Edwardsi Mc’Intosh présente By Sole HSCrpe Anierieure ; j f x 350. —1c, soie ‚en serpe aussi cette particularité exception- postérieure X 350.— d, soie nelle dans le genre Eunice mais pectinee >< 350°
elle diffère de VE. Gravieri par de nombreux caractères.
Atlantique. Eunice CorLinı, Augener.
Salon 1116, 31° 43° 30° N., 10° 47’ W., Maroc, 50 milles au large de Mogador, 2165 metres, vase rose a globigérines. PhalutStn. 1203, 15° 54 N., 22° 54 45” W., aamilles au S.-W. de l’île Boa-Vista, 91 mètres, fond dur. Chalut.
La station 1203 n’a donné qu'un spécimen tronqué, en mauvais état. Ceux de la station 1116 sont très nombreux, pour la plupart de grande taille, 120 à 170 mill. de long sur 7 à 9 mill. de large, et plusieurs sont encore engagés dans les Polypiers avec lesquels cette espèce vit en commensalisme.
-.. Gette espèce se rapproche de l’Eunice Œrstedi par ses
(194)
re branchies manquant a de nombreux segments posterieurs 3 elle s’en distingue par la simplicité plus grande encore de celles-ci qui apparaissent, en outre, a un segment plus éloigné de la tete. Ses mächoires sont aussi plus asymetriques.
Elle se distingue de l’Eunice floridana par ses branchies simples, par ses nombreux segments posterieurs abranches et par l’apparition plus postérieure de la 1"° branchie.
Par contre, elle vit comme elleen commensalisme avec les Polypiers.
Antilles, Maroc, Iles du Cap-Vert.
EUNICE FLORIDANA, Pourtalès.
Marphysa floridana, POURTALES.
Eunice floridana, EnHLErs.
Eunice florideana, Pruvot et Racovitza. Eunice philocorallia, BUCHANAN. Leodice Gunneri, STORM.
Eunice amphiheliæ, Marion, ROULE. Eunice Gunneri, St. ROULE.
Station 227, 38°23" N°, 28° 267 39° W:, pres a gone seme de Pico, 1135 mètres, roche, gravier, sable. Chalut. — Stn. 584, 38° 30’ 30” N., 26° 50’ 15” W., 845 mètres, roche. Barre a.fauberts.— Stn. 602, 38° 37 30” N., 28° 13° W.. 12500memes, roche, Chalut. — Stn. 837, 570 55’ N., 25% 24 2 mw. metres, roché., Nasse. — Stn. 838, 37° 55°N.,25° 25 32 u 880 mètres, roche. Barre à fauberts. — Stn. 1349, 38° 35° 30” N., 28° 06’ W.,entre Pico et Sao Jorge, 1250 mens sa sable volcanique. Chalut. — Sur le cäble rompu des Acores (Capitaine Chaves) 26 février 1903.
Les spécimens de la station 584 sont assez nombreux, plusieurs sont de forte taille, dépassant 120 mill. de long, sur 7 a8 mill. de large. Certains sont encore engagés dans des
coraux. Les specimens de la station 838 sont aussı de grande taille, ainsi que celui de la station 1329, mesurant 160 mill. sur ro mill. |
Cette espèce, décrite pour la première fois avec précision per Ehlers, sur. des spécimens, des côtes de la Floride, fut ensuite retrouvée dans la Méditerranée et étudiée par Maren- zeller, Pruvot et Racovitza. Quoi qu’en pense Roule, l’espece de la Méditerranée ne se distingue pas de celle de la Floride et les différences dans le nombre des segments, la longueur des cirres tentaculaires, les dents du tube n’ont aucune valeur spé- cifique. Par contre, Roule reconnaît l'identité de son Eunice amphiheliæ et de l'E. philocorallia Buchanan avec l’E. flori- dana (sensu Marenzeller, Pruvot et Racovitza) qui n’est autre que l’Eunice Gunneri Storm. Buchanan a reconnu aussi l’iden- tité de son E. philocorallia avec l'E. Gunneri. Mais, d’après Marenzeller, l'E. Gunner: est bien réellement VE. floridana. C'est également la conclusion à laquelle m’amene l'examen
d’un spécimen d’Eunice Gunneri, provenant des côtes d’Irlande,
que M. Southern a eu l’amabilité de me procurer et qu'aucun caractère ne permet de distinguer de l’Eunice floridana des Mers et de la Floride. C'est donc ce dernier nom, bien antérieur à celui de Storm, qui doit prévaloir, ainsi que Maren- zeller l’a déjà fait remarquer.
Quant à l'E. amphiheliæ de Roule, autant qu'on en peut juger par la description de l’auteur, elle doit comprendre un mélange d’E. floridana et d’E. pennata. Ces deux espèces ont été souvent confondues, car elles ont le même mode de vie en commensalisme avec les Polypiers, et on les rencontre souvent côte à côte, ainsi que je l’ai constaté aux stations 227 et 1340.
Ainsi que Pruvot et Racovitza l'ont déjà fait remarquer, l'E. floridana parait dériver de I’E. torguata dont elle serait une forme de profondeur modifiée par commensalisme avec les Polypiers. L’E. Collini serait, à notre avis, une modification analogue de la variété Claparedii de l'E. torguata, tandis que l'E. pennata dériverait, par le même processus, de l'E. Aarassıı.
Atlantique Nord, Antilles, Açores, Méditerranée.
(194)
Be
EUNICE SICILIENSIS, Grube.
Eunice Siciliensis, GRUBE.
Eunice adriatica, SCHMARDA. Eunice valida, GRAVIER,
? Eunice tenia, CLAPAREDE.
? Eunice ebranchiata, QUATREFAGES. Eunice leucodon, EHLERS.
‘ Melita” N° 49, 13 septembre 1892. 22 mètres.
Un seul petit spécimen en mauvais état. Les acicules, noirs a la pointe, sont jaunes a la base.
Cette espèce a une aire de distribution très étendue, on la rencontre dans l'Atlantique, la Mer des Antilles, le Detroit de Magellan, la Méditerranée, la Mer Rouge, le Golfe Persique et l'Océan Indien.
Genre Marphysa, Quatrefages. (Nausicaa Kinberg. — Nauphanta Kinberg)
MARPHYSA SANGUINEA, Blainville.
Leodice opalina, Savicny. p. 51.
Nereidonta sanguinea, BLAINVILLE 1828.
Eunice sanguinea, Aupourn et Mine Epwarps. T. IT. p. 147. Marphysa sanguinea, QuATREFAGES. (1805) T. I. p. 332, pl. x, fig. 5. Marphysa hemasoma, QUATREFAGES. (1865) T. I., p. 334. Marphysa Leidii, QuaTREFAGES. (1865) T. I., p. 337
Monaco :6 décembre 1902 (M. Marquet). — Port de Monaco, 18 février 1908 et 5 mars 1908.
Cette espèce, si commune dans la Manche et l'Océan, est plus rare dans la Méditerranée.
MAaARPHYsA FALLAX, Marion et Bobretzky
Marphysa fallax, Marion et BoBRETZKY (1875) p. 13 pl. 1, fig. 1.
Cap-d'Ail, 16 décembre 1905, 5 mètres. Drague. — Stn. 0299, environ de Monaco.
Cette petite espèce, qui ressemble tant, à première vue, à la Lysidice Ninetta est bien conforme à la description de Marion.
Manche, Méditerranée.
Genre Lysidice, Savigny (Ehlers char. emend.)
LysipicE Ninetra, Audouin et M. Edwards
Lysidice Ninetta, Aupovın et MıLne Epwaros. Lysidice rufa, Gosse.
Lysidice punctata, GRUBE.
Lysidice Mahagoni, CLAPAREDE.
Lysidice torquata, (JUATREFAGES.
Srmonsg, 45° 53) N., 6° 41 W., 248 mètres, sable fin. Ehalut. — Stn. 198, 38° 26° 25” N., 28° 38’ 55” W., au sud de
Fayal, 800 métres, sable et vase. Chalut. — Stn. 226, 38° 31’ RON 28° 34° 302 W., détroit de Pico-Fayal 130 mètres, gravier, sable, coquilles brisées. Chalut. — Stn. 234, 39° or’ 40”
205565" W., à Pest. de Graciosa, 454 mètres, gravier fepruemenx..Chalut.-—- Stn. 738,370 40 N., 26°%26°-157 W.,.a Youest de Sao Miguel, 1919 mètres, sable vaseux. Chalut. —
(194)
— 20 —
Stn. 882, 38° 03° 40° N., 28° 35’ W., détroit de Pes 98 mètres, gravier, sable, coquilles brisées. Chalut. — Stn. 1203, 15° 54? N., 22° 55’ W., a4qmilles au S.-W.delre Po: Vista, gt metres, fond dur. Chalut. — Baie Pim, 13 août 1888. — Baie de Canton, 22 septembre 1906.— Cap-d’Ail, 27 mai 1905. — Cap-d’Ail, 3 juillet 1905, 14 métres. Drague. — Toulon, février 1907, résidu du lavage des huîtres. — Port de Monaco, 18 février 1908. — Stations : 09T — 0179 — 0212 — 0299 — 0344 — 0373 aux environs de Monaco.
Certains spécimens des stations 59, 198 226 et 234 ne présentent plus de traces du collier antérieur qui subsiste cependant, d’ordinaire, méme surles animaux conservés dans l'alcool. Langerhans avait déjà remarqué l’absence du collier sur des spécimens de Madère.
Atlantique, Méditerranée.
Genre Staurocephalus, Grube
(Anisoceras Grube, Prionognathus Keferstein)
STAUROCEPHALUS RUBRO-VITTATUS, Grube
Staurocephalus rubro-vittatus, EHLERS. Staurocephalus eruceformis, MALMGREN, LANGERHANS.
Station 56,-43° 38°30 N., 6° 08’ 15” W., 00 ‘metres, Sable et galets. Drague toile. — Stn. 273, 50° 22’ N., 0°00) W. pres du Dogger Bank, 70 metres. Chalut de péche. — Stn. 970, 76° 306’ N., 25° 27° 15” E., pres de l'île Hope, 48 metres, srayaer et coquilles. Chalut. — Stn. 0125 — Stn. 0179. Gangui. — Stn. 0212, environs de Monaco. — Stn. 0585. Coque de l’Eider.
L’examen et la comparaison de ces spécimens de provenances si diverses confirment absolument les vues de Pruvot et Raco- vitza au sujet de l’identité de cette espèce avec le Staurocephalus erucæformis de Malmgren. = |
Les différences entre les deux espèces consistaient d’abord
RTS
dans l'absence d'article terminal aux antennes et aux cirres parapodiaux dorsaux.
Ces auteurs ont démontré « que la non articulation des antennes ne constitue pas un caractère spécifique. L'absence de l’article terminal au sommet du cirre parapodial doit être attribuée à une erreur d'observation ». L'absence des para- gnathes n’a pas davantage d'importance, ces organes n’existant pas chez tous les individus et manquant même le plus souvent.
Mers arctiques, Manche, Atlantique, Méditerranée.
Genre Lumbriconereis Blainville
(Grube rev.-incl. Zygolobus Grube) LUMBRICONEREIS FRAGILIS O. F. Müller
Lumbricus fragilis, O.-F. MULLER. Lumbriconereis fragilis, CERSTED.
Lumbriconereis fragilis, MALMGREN.
Lumbriconereis borealis, KINBERG.
ratio Joo, 37° 42) 40 -N.,'25° 05’ 15° W., 1385 mètres, Fable vaseux. Ghalut. — Stn. 634, 43° 42’ 20” N., 7°27) 35” E., au large de Monaco, 280 mètres. Chalut. — Stn. 922, 58° 16’ N., 5°48 15” E., près la pointe Sud de Norvège, 343 mètres, vase verdätre. Chalut. — Stn. 929, radede Rörvig, 25 metres. Tra- mail, — Sin. 939, 66° 49° N., 13° 43’ E., 177 metres, vase noire. imal. — Sin. 960, 72° 37"N., 14927 E., entre la Norvège et Vile des Ours, 394 mètres, vase et gravier. Chalut. — Stn.
976, 76° 45’N., 23°20’ E., entreles îles Hope et Edge, 6 mètres,
vase. Chalut. — Stn. 997, 78° 22’ N., 17° 10° E., dans l’Isfjord, Baie Temple, 102 mètres, vase noire. Chalut. — Stn. 1012, 80°01’ N., 10° 51’ E., au Nord du Spitsberg, près de la banquise, 50 metres, sable vaseux. Chalut. — Stn. 1017, 79° 28 N., 5°40 E., au N.-W. du Spitsberg, près de la banquise, 1865
(194)
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metres, vase sableuse. Chalut. — Stn. 1060, Baie Red, Spitsberg, g-12 métres, cailloux, gravier, coquilles. Petite drague. — Stn. 1074, Baie Treurenberg, Spitsberg, 92 mètres. Petite drague. — Stn. 1269, 36° 06’ N., 7° 56’ W., environ 60 milles dans le S. S.-E. du Cap Saint-Vincent, 1473 métres, vase. Chalut. — Stn. 1450, 45° og’ N., 3° 18’ W., 1804 mètres, vase sableuse. Chalut. — Stn. 2442, Baie Wijde, mouillage de Lake Valley, Spitsberg, 20 mètres environ. Petite drague. — Stn. 2483 Havre Safe, Spitsberg, environ 25 métres. Sur un grappin.
Les spécimens du Spitsberg sont nombreux et généralement de forte taille. La plupart sont tronqués postérieurement. L’absence de soies composées est une des caractéristiques de cette espèce. Les soies à crochet n’apparaissent pas toujours au 22° setigere, comme l’indiquent Ehlers et Grube: Song nr on ne lestrouve.qu au 24°, 52° erımeme au dela.
C’est avec quelques doutes que je rapporte a cette espéce le gros spécimen de la station 634, dont des fragments mesurent ensemble 70 mill. de longueur, environ, sur 5 mill. de diamètre et comprennent une centaine de segments. Les rares soles qui subsistent encore, la plupart étant cassées au ras des parapodes, sont toutes simples. Les mächoires sont bien celles d’une Lumbriconereis. La troisième paire n’a qu’une dent, d’un côté, mais deux, peu marquées, de l’autre.
La présence de cette espèce au large de Monaco est in- téressante, mais on sait que Marenzeller l’a déjà signalée dans la Méditerranée.
Par contre, c’est la première fois, croyons-nous, qu'elle est. rencontrée au voisinage des côtes de France. (Stn. 1450).
Mers arctiques, Atlantique, Açores, Madère, Cap Saint- Vincent, Méditerranée.
LUMBRICONEREIS IMPATIENS, Claparède
Lumbriconereis fragilis, DELLE Cutase (nec O.-F. MULLER) Lumbriconereis breviceps, EHLERS. Lumbriconereis impatiens, CLAPAREDE.
en
Salon 40, 470 11 35 N:, 3° 07’ 15’ W.., 63 mètres, sable, Peer coquilles brisées. Chalut. — Stn. 1525, 47° 55’ N., 4° 08’ W., au large des Glénans, 98 mètres, vase. Chalut à plateaux. == Melita ” Golfe de Bone, 2 février 1901, 22 mètres, vase
molle. Chalut. — Port de Monaco, avril 1904, sur des cailloux. — Port de Monaco, 5 mars 1908. — Stn. 0344, environs de Monaco.
Cette espèce, susceptible d’atteindre une grande taille, (nous en avons recueilli a St-Vaast-la-Hougue dépassant 4o centi- mètres) se rapproche de la Lumbriconereis fragilis par l'absence de soies composées.
Le spécimen, incomplet, de la station 1525 mesure 130 mill. de long sur 6 mill. de diamétre, tous les autres sont de petite taille, ceux du Golfe de Bone n'ont que de 15 a 30 mill. Sur les spécimens du port de Monaco les soies sont plus élancées que sur les individus de la Manche, le support des machoires est plus court; ils répondent bien a la description de Claparéde qui a déja constaté le variabilité des machoires, celles de la 3° paire ont, en effet, l’une deux dents, l’autre une seule.
Manche, Atlantique, Méditerranée.
LUMRICONEREIS FUNCHALENSIS, Kinberg
Station 594, près la pointe S. Antonio (Acores), 54 mètres, sur une ancre ramenée du fond. — Madère, résidu du nettoyage
des Spondyles.
Cette espéce se rapproche de la L. impatiens par l’absence de soies composées et de la L. coccinea par sa téte globuleuse. Langerhans s’était demandé si elle ne représente pas simplement
la forme jeune de la L. coccinea, de Saint-Joseph fait remarquer
que Pruvot et Racovitza n’ont constaté l'absence de soies com- posées chez la L. coccinea que sur de très petits spécimens de 24 segments tandis que ceux de Langerhans avaient 60 mill. et 154 segments.
Atlantique, Méditerranée.
(194)
LUMBRICONEREIS COCCINEA, Renieri
Nereis coccinea, RENIERI. Lumbriconereis coccinea, GRUBE, PRUVOT et RacoviTza.
Station 236, 38° 03’ 25°. N.,.27° 58 W., plage ep aimee Praya (Graciosa). Marée. —- Cap-d’Ail, 17-18 mars 1903. Stn. 091—0199—0373, environs de Monaco.
Cette espèce se rapproche de’la Lumbriconereis Latreilh dont elle diffère principalement par la forme globuleuse de la tête et par ses soles composées, toutes à Serpe courte.
LUMBRICONEREIS LATREILII, Audouin et M. Edwards
Lumbriconereis Latreilli, Aupourn et M. Epwarps. Lumbriconereis Nardonis, GRUBE. Lumbriconereis Edwardsi, CLAPAREDE.
Zygolobus Edwardsi, CLAPAREDE.
Lumbriconereis tingens, KEFERSTEIN.
Station 476, mouillage de l’île Berlinga, (Portugal), dans l’estomac des Rougets. — Stn. 952, 69° 17 30 N, 223 7 près des îles Lofoten, 1185 mètres, vase. Chalut. — Stn. 0196 —0245—0299, environs de Monaco.
Cette espèce, à tête conique, possède, a la fois, es) cares composées à longue serpe et d’autres à serpe courte.
M. de Saint-Joseph a réussi à débrouiller sa synonymie assez compliquée. :
Manche, Atlantique, Méditerranée.
LUMBRICONEREIS PARADOXA de Saint-Joseph
Lumbriconereis paradoxa de Satnt-JosepH (1887) Annélides de Dinard, p- 217, pl. vu, fig. 72-73, pl. 1x; fig. 74-76.
95 ==
Statom'226, 38° 31° 19 N.,»38° 34’ 30” W., détroit de Pico-Fayal, 130 métres, gravier, sable, coquilles brisées. Chalut.
Cette espèce n'est représentée que par un seul spécimen, tronqué postérieurement, mesurant 17 mill. de long sur ı mill. de diamètre. |
On n’en connaît encore que deux exemplaires, le type de Saint-Joseph et celui ci-dessus indiqué.
Cette forme, extrêmement intéressante, est, comme le fait remarquer de Saint-Joseph, intermédiaire entre le genre Lum- briconereis et le genre Drilonereis.
Parla forme du corps, l'absence d’yeux, la forme et la distribution des soies, c’est bien une ZLumbriconereis ; machoires, au contraire, la rapprochent des Arabella et des Drilonereis, sans, cependant, étre identiques.
Dans le mémoire zu extenso j'en donnerai une étude détaillée, complétant la description de de Saint-Joseph.
Malgré ses caractères intermédiaires la nécessité ne se fait pas sentir de créer pour elle un genre nouveau.
Manche, Méditerranée.
SES
Genre Drilonereis, Claparède char. emend. DRILONEREIS FILUM, Claparède.
Son 534,372 14 N. 12951 45 E., a l'ouestide, Porto Empedocle, 224 mètres, vase et sable. Chalut.
Un seul spécimen.
Les soies sont toutes simples et semblables sur toute la longueur du corps. Dans chaque parapode elles sont de deux sortes : les unes longues, fortes, limbées, à double courbure, les autres capillaires, très fines. Ces dernières paraissent avoir échappé à Claparède et à de Saint-Joseph. Comme Grube et de Saint-Joseph, j’observe un labre formé de deux plaques chitineuses noires, presque triangulaires. Claparède n’en avait pas trouvé.
(194)
bas Bits Fe
« Il est probable, dit de Saint-Joseph, que Claparéde aura observé des exemplaires chez lesquels cette piéce aura été enlevée par un accident, ou par une mue, comme il est arrivé pour les Nematonereis unicornis que j'ai trouvées plusieurs fois sans machoire supérieure ».
Manche, Méditerranée.
Genre Arabella, Grube Sous genre Maclovia, Grube.
Mac ovia IRICOLOR, Montagu
Nereis tricolor, MonTAGU.
Arabella tricolor, Mc’Inrosx.
Maclovia tricolor, WILLEY.
Lumbriconereis tricolor, JOHNSTON.
Arabella tricolor, Euvers.
Notocirrus tricolor (Jounst) Mc’IntosH (nec EHLERS) Lumbrinereis gigantea de QUATREFAGES.
Maclovia gigantea, GRUBE, de SAINT-JOSEPH.
Station 594, près la pointe S. Antonio (Acores), sur une ancre ramenée du fond, 54 métres. — Port de Monaco, 18 février 1908.
Les deux spécimens de la station 594, trés contournes, tronqués, sont de taille relativement petite.
Le petit spécimen de Monaco est entier, comme les deux autres, il a aussi 5 machoires a 3 supports et des soies simples a aileron crénelé.
Ils correspondent bien a la description de de Saint-Joseph et ne different des spécimens de la Manche, auxquels je les ai comparés, que par leur taille plus faible. Ceux-ci sont d’ailleurs identiques aux spécimens de Maclovia iricolor qui m'ont été envoyés par le Laboratoire de Plymouth.
Willey ayant établi Videntité de l’espece anglaise avec la Nereis iricolor Montagu, d’une part, et avec la Maclovia
gigantea Grube, d’autre part, il y a lieu d’adopter, comme il le propose, le nom de Maclovia tricolor Montagu qui a la priorité.
Manche, Atlantique, Méditerranée.
Famille des OPHÉLIENS, Grube
Genre Polyophthalmus de Quatrefages
PoLYoPHTHALMUS pictus, Dujardin
Ajouter : Station 1702, grande Salvage, mouillage. Littoral.
55T, 9 décembre 1908. — N° 630, 1 mars. 1009, Gangui, 2 métres, des environs de Monaco.
Les spécimens de la station 1702 sont tres nombreux mais petits, en mauvais état, brunis ou noircis. Les yeux latéraux ne sont plus visibles que sur quelques uns.
Certains, cependant, montrent encore les taches pigmentaires caractéristiques.
Genre Tachytrypane, Mc’Intosh
TACHYTRYPANE JEFFREYSII, Mc’Intosh
”
Tachytry pane Jepreysi, Mc InrosH (1877) ““ Valorous” p..505, ‘pl. rxv,
HELLO:
Station) 2048, 40° 45° 45° N., 5° 50’ W, 3910 mètres. Chalut a étriers.
L’aspect de cet Ophélien, très allongé, entièrement d’un blanc jaunätre un peu nacré, rappelle tout à fait celui d’un Ascaris.
Le spécimen unique de la station 2948 mesure 60 mill. de long sur 2 mill. de diamètre. Il correspond bien a la description
(194)
due eka
et a la figure de Mc’ Intosh, dont le spécimen provenait de
1750 brasses, sur fond de vase, par 59° 10’ N., 50° 25’ W. Cette espèce présente de grandes aflinités avec les Polyoph-
thalmus, elle en differe, surtout, par l’absence d’yeux latéraux.
Océan Atlantique.
Famille des CAPITELLIENS, Grube
DE
Genre Capitella, Blainville CAPITELLA®GARITATAS Pabuicius
Lumbricus capitatus, FABRICIUS. Lumbricus litoralis, JoHNSTON. Capitella Fabricii, BLAINVILLE. Lumbriconais marina, (Ersten. Valla ciliata, JOHNSTON. Capitella capitata, VAN BENEDEN.
Station 929, rade de Rorvig, 25 mètres. Tramail. — N° 552 Port de Monaco, 4 janvier 1909, 2 metres a 2 métres 5o.
Les spécimens de la station 929 sont macérés, en très mauvais état. Cependant on distingue encore laforme pointue du prosto- mium, les 7 segments antérieurs à soies capillaires, mélangées d’uncini au 7°.
Les spécimens du port de Monaco se présentent sous l’aspect d'un boudin, de 20 centimètres de long, environ, sur 5 à 8 mill. de diamètre, entièrement formé d’inombrables petites Capitella agglomérées ensemble par du mucus mélangé de quelques débris de Posidonia et d’Algues avec quelques Nématodes libres.
Les jeunes Capitella n’ont, pour la plupart, que 5 à 8 mill. de long, les plus grandes atteignent 12 à 15 mill.
Il n’y a que fort peu de mâles. Beaucoup n'ont pas encore les six segments antérieurs à soiescapillaires mais possèdent des crochets plus antérieurement, comme les Capitomastus ou mieux
comme la jeune Capitella figurée par Eisig (Capitelliden pl. xxvi, De. 7): |
Quelques rares males, tout petits, ont cependant déjà leurs crochets génitaux.
La plupart de ces animaux sont encore immatures, quelques femelles, cependant, ont déjà des œufs.
Mers Arctiques, Manche, Atlantique, Méditerranée.
Famille des MALDANIENS, Savigny Genre Maldanella, Mc’Intosh
MAaLDANELLA Hara, Izuka
Clymene harai, Izuxa. Axiothea campanulata, Moore.
Station, 2964, 46° 17 30”, N., 5° 42° W., 4380 mètres. Chalut. ©
Le spécimen, unique, était encore renfermé, en partie, dans un épais tube cylindrique de vase molle, faiblement agglomeree. Il mesure 70 mill. de long sur 5 mill. de diamètre et a 19 séti- gères et 2 segments anté-anaux achètes. I] est entièrement décoloré, d’un blanc laiteux, opalescent, presque transparent.
Cette espèce fut d’abord décrite, presque simultanément, du Japon par Izuka et Moore sous les noms de Clymene harai et d’Axiothea campanulata. Moore (1906) a reconnu, lui même, l'identité de son espèce avec celle d’Izuka et indiqué qu’elle appartient bien au genre Maldanella. |
Ce genre, créé par Mc’Intosh (1885), pour trois espèces nou- velles de Maldaniens de l'Océan Pacifique est caractérisé, principalement, par l'absence complete de soies aciculaires ventrales ou de crochets au 1° sétigère.
C’est la première fois qu'il est rencontré dans l'Atlantique
(194)
EN 2
et la Maldanella harai en est la seule espèce de l'hémisphère Nord.
Mer du Japon, Atlantique.
Genre Maldane, Grube MALDANE BICEPS, Sars
Clymene biceps, Sars. Maldane biceps, MALMGREN. Asychis biceps, ARWIDSSON.
Station 0794, environs de Monaco, 624 mètres. Sondeur Léger.
Le spécimen, unique, de cette station mesure 72 mill. de longueur sur 3-4 mill. de diamètre et compte 19 sétigéres et 2 anté-anaux achètes.
Le nombre des dents des lobes latéraux de la téte est de 6 a droite et de 7 à gauche, on en compte une vingtaine au lobe dorsal. L’aspect de la téte est semblable a la figure 200 d’Ar- widsson. Le segment anal a des lobes un peu plus découpés, le lobe ventral est subdivisé en deux, ayant, à gauche, 5 dents obtuses, dont 3 peu distinctes, 4 droite 4 dents plus nettes. L’incisure médiane du lobe dorsal laisse 4 dents à droite et 6 à gauche, dont 2 peu distinctes.
Le premier setigere porte une sorte de collerette, semblable à celle figurée par Arwidsson.
La répartition du pigment et des cellules muqueuses est conforme à la description et aux figures de cet auteur (pl. vi, fig. 204-206-207). Les soies sont identiques. Les uncini com- mencent,. à gaucherau 27° séteère droite au one
La présence de cette espèce septentrionale dans la Méditer- ranée est fort intéressante. C’est un nouvel exemple à ajouter à d'autres devenant de plus en plus nombreux. |
Ban
EI ER
Famille des SABELLARIENS de Saint-Joseph
(HERMELLIENS, Quatrefages)
Genre Phalacrostemma, Marenzeller
Diagnose. — Pédoncules operculaires séparés, portant chacun une couronne circulaire, ou faiblement spiralée, de longues palées disposées sur un seul rang. — Quelques grosses soies dorsales en crochet. — 1 à 3 cirres médians entre les bases des pédoncules. — Deux gros palpes canaliculés à bords froncés. — Pas de tentacules filiformes. — Quatre segments parathora- ciques a pinnules en palettes rectangulaires. — Branchies peu nombreuses (une dizaine environ). — A l’abdomen, pinnules dorsales à uncini en étrille, soies capillaires ventrales. — Région caudale achète. — Tube épais formé de grains de sable ou de foraminiferes.
Pédoncules trés allongés, a
longues palées. Un grand cirre
upalr entre les pédoncules: .- P. elegans, n. spec. Pédoncules courts, a palées
plus courtes. 2-3 petits cirres
médians entre les pédoncules. P. cidariophilum, Marenzeller
PHALACROSTEMMA ELEGANS, N. Spec.
Slalom) 2018, 252°) 39) 30. N., 17° o2 :W.,.1068 mètres. Sondeur Léger.
Diagnose. — Pédoncules operculaires tres allongés, séparés sur toute leur hauteur, portant chacun une couronne circulaire de tres longues palées disposées sur un seul rang. En dehors du cercle, sur le côté interne du pédoncule, 1-2 soies aciculaires
(194)
aa
plus courtes et plus fortes. — Sur le côté externe de chaque pédoncule, 4 papilles cirriformes. A la face dorsale, à la base des pédoncules, 2 gros crochets chitineux précédant une aire dorsale allongée, deprimee. A la face ventrale, un grand cirre impair, entre les pé- doncules. Deux gros palpes creusés en gouttière à bords froncés. De chaque côté 4
mais pas de tentacules. — Au 1 sétigere une crête trans- versale trilobée et un fais- ceau de soies capillaires. — 4 segments parathoraciques portant, dorsalement, une branchie et une grande palette rectangulaire à soies aplaties, ventralement un faisceau de soies capillaires. — Aux seg- ments suivants pinnules dor- sales à uncini en étrille, soies
Fic. 3.— Phalacrostemma elegans.— yentrales capillaires. NUL eur a, face dorsale. — b, face ventrale
X 8.
paires de branchies (du 2° au 11° setigeres). — Le cirre ventral disparait vers. te 112 /sémeere.
L’unique spécimen, tronqué postérieurement, mesure 17 mill. de long, sur 3 mill: de large. IH est accompagne un fragment de tube de 18 mill. sur 7 mill. de diamètre externe et 2,5 mill. de diamètre interne. Ce tube épais, presque cylindrique, est formé de globigérines et de foraminifères. Il est doublé intérieurement d'une mince membrane transparente.
Cette espèce est remarquable par l'allongement de ses pédoncules operculaires et de ses palées disposées en forme de tulipe. 7 | ; | ag
papilles latérales cirriformes
EB Zul Dan ST el
ER Le
Le grand cirre impair, interpédonculaire, est ’homologue des papilles que l’on rencontre, à la même place, chez le Phala- crostemma cidariophilum, au nombre de 1 à 3. Mais chez le P. elegans ce cirre est beaucoup plus développé. Verrill mentionne, chez sa Sabellaria vulgaris : « a single median lanceolate process also arise between the operculigerous lobes »
La petite « languette ciliée, triangulaire » que de Saint- Joseph décrit chez la Sabellaria spinulosa entre les deux pédon- cules, et qui manque à la S. alveolala, représente sans doute l’état rudimentaire du cirre, si développé, du P. elegans.
En dehors du genre Phalacrostemma, les gros palpes cana- liculés se rencontrent chez: Pallasia murata Allen, P. asteri- formis Augener, Sabellaria varıans Treadwell.
Les segments parathoraciques, au nombre de 4 paires, se retrouvent aussi chez la Pallasia murata Allen, la P. levispinis Grube, la P. Giardi Me’Intosh, la P. asteriformis Augener, la P. tenera Augener.
PHALACROSTEMMA CIDARIOPHILUM, Marenzeller
Aux stations déjà mentionnées ajouter :
St tom 700.30 21° 20° N., 31° 66 W., 1360 mètres. ment. ıStn. 1096, 36° 07 N:, 8° 03’ W., 1440 mètres, fond dur. Chalut, (au sud du Portugal), sur des coquilles de Dentale et de Buccin avec Sympagurus bicristatus.
Genre Sabellaria, Lamarck
SABELLARIA ALVEOLATA, Linne
Sabellaria anglica, GRuBE. Hermella alveolata, QUATREFAGES. Sabellaria alveolata, MALMGREN. Sabellaria crassissima, LAMARCK.
(194)
Ajouter : Environs de Marseille (N° 1059), un assez grand nombre de spécimens de belle taille.
Famille des AMPHARETIENS, Malmgren
Genre Amage, Malmgren AMAGE AURICULA, Malmgren
Amage auricula, MALMGREN. « « MARENZELLER, Sud. Jap. Annel. II p. 198, pl. u, fig. 6.
Station 922, 58° 16’ N., 5° 48° E., pres la pointes ua de Norvege, 343 métres, vase verdätre. Chalut.
L’unique spécimen mesure g mill. de long sur 2,5 mill. de
diamètre,
Bien que son état ne m'ait pas permis d’en faire une étude anatomique complète J'ai pu néanmoins observer quelques caractères venant à l'appui des vues que j'avais émises jadis sur les Ampharétiens. Indépendamment du type Melinna, j'avais établi, chez les Ampharétiens à palées, le type anatomique Amphicteis et le type Ampharele et j'avais indiqué que ces deux types anatomiques se retrouvent également chez les Ampharé- tiens sans palées, qui forment deux séries parallèles. On pourrait ainsi définir les Samytha des Amphicteis sans palées et les Sabellides des Ampharete sans palées.
Je n’avais pu, malheureusement, me procurer, à cette époque, de spécimens d’Amage.
L'examen de l’Amage auricula m'a montré que cette espèce rentre bien dans le groupe des Ampharétiens du type Amphicteis sans palées.
Le prostomium est échancré en avant en deux palpes rudi- mentaires, les tentacules sont lisses, les pinnules uncinigères commencent au 4° sétigère, les plaques onciales sont du type Amphicteis, un peu intermédiaires, cependant, entre’. ces
aes
er
PRE ie
derniéres et celles des Ampharete, quelques-unes des dents se trouvant disposées par paires, ainsi que Marenzeller l’a déjà constaté, d’une façon même encore plus pause sur des Amage auricula du Japon.
Une déchirure accidentelle m’a permis de vérifier quelques détails d'anatomie interne.
L’estomac est du type Amphicteis à invagination interne en doigt de gant. Il ne parait pas y avoir de glandes ventrales et il ne semble pas exister de néphridies a long tube en U du type Ampharete. Je n’ai malheureusement pu vérifier ni le nombre des néphridies, ni les segments auxquels elles appartiennent, ni la place du diaphragme.
Malgré ses ressemblances anatomiques avec les Samytha, correspondant au type Amphicteis sans palées, j'hésite à sup- primer le genre Amage qui n’a que 14 sétigères thoraciques et 8 uncinigères abdominaux tandis que Samytha en a respecti- vement 17 et 12.
Quant au genre Sabellides, pourvu de 14 sétigères thora- ciques seulement, il appartient au type Ampharete sans palées.
Mers Arctiques, Japon,
Famille des TEREBELLIENS Grube
Genre Amphitrite, O.-F. Müller (Malmgren, Marenzeller char. emend.)
AMPHITRITE RUBRA, Risso
Ajouter : N° 540, Port de Monaco, 18 décembre 1908.
Genre Nicolea, Malmgren NICOLEA VENUSTULA, Montagu
Ajouter : Port de Monaco, 19 janvier 1909.
(194)
Genre Pista, Malmgren
Pista CRISTATA, O.-F. Müller
Ajouter : Station 1248, 36° 08° N., 8° 03’ W., au S.-H. du
Portugal, 1500 mètres, vase grise. Chalut. — N° 540, port
de Monaco.
Le spécimen de la station 1248 était encore renfermé dans un tube de vase brune, fragile et très épais. Il mesure 35 mill. de long sur 4 mill. de large. Deux branchies seulement sont conservées, celle de gauche de. la premiere paire eteete aa droite de la deuxième. Les deux autres sont tombées.
Genre Thelepus, Malmgren
THELEPUS CINCINNATUS, Fabricius
Ajouter: Station 1463, 45° 09’ N., 222930" W., 132 metres sable, coquilles brisées. Sondeur Léger. — Stn. 1535, 47° 46’ N., 5° 40’ W., 132 mètres, sable et coquilles brisées. Chalut à plateaux.
Famille des SERPULIENS, Burm. Genre Spirographis, Viviani SPIROGRAPHIS SPALLANZANI, Viviani
Ajouter : N° 540, Port de Monaco, 18 décembre 1908.
i oe
Genre Potamilla, Malmgren
PoraMILLA RENIFORMIS, O.-F. Müller
Ajouter : Station 41, 47° 19° 45” N., 3°05’ W., 19 mètres, vase. Drague toile, spécimen avec tube caractéristique. — Madére, résidu du nettoyage des Spondyles (tubes vides). — Rocher Saint-Martin, 9 décembre 1907, 60 métres. Tramail.
Genre Dasychone, Sars
DasycHonE Bompyx, Dalyell
Amphitrite Bombyx, DaryELr. Branchiomma Dalyelli, KOLLIKER. Dasychone argus, Sars.
Sabella polyzonos, GRuBE.
Sabella Bombyx, Jounston. Sabella verticillata, QUATREFAGES. Dasychone Dalyelli, MALMGREN. Dasychone Bombyx, CHATIN. Dasychone polyzonos, Lo Branco.
BHO 1940, 47°-16°.N., 5°.16.:W,, 140. metres,’ sable et coquilles. Chalut a plateaux. |
Le spécimen, unique, est entier, de tatlle moyenne et accompagné de son tube.
DasycHoNE LucvLLana, Delle Chiaje
Ajouter : Cap Roux, 6 avril 1907, un specimen, sans tube.
(194)
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Genre Serpula, L. sens. str. Philippi
SERPULA VERMICULARIS, Linne Ajouter : Station 0585, environs de Monaco et coque de l’Eider. — N° 559, Etang de Thau, Balaruc-les-Bains. — Station 1264, 43° 42’ N., 724 257 E;, pres de Mass
devant le Cap d’Ail, 123 mètres, vase grise et roche. Petit Chalut ; (variété echinata). — Stn. 01065, environs de Monaco.
Genre Salmacina, Claparéde.
SALMACINA DysTerı, Huxley
Ajouter : Station 0287, environs de Monaco.
Genre Spirorbis, Daudin
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(sensu Mesnil)
SPIRORBIS VIOLACEUS, Levinsen
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Ajouter : Station 2442, Baie Wijde, mouillage de Lake Valley (Spitsberg), 20 métres environ. Petite drague. Sur Buccinum glaciale. — Stn. 2509s, Baie Cross (Spitsberg.) E- Tremail. Sur Buccinum glaciale. |
2 a N > ia)
SPIRORBIS SPIRILLUM, Linné
Ajouter : Station 2509 Pi, Baie Cross (Spitsberg). Trémail Sur coquille de Buccinum glaciale.
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SPIRORBIS CORRUGATUS, Montagu
Ajouter : Station 0576, Port de Monaco, sur des cailloux.
Genre Hyalopomatopsis, Saint Joseph
Hyaroromarorsıs MARENZELLERI, Langerhans
router Station 1904, 36° 41 N., 14° 12°°W., Banc de la Josephine, 208 mètres, sable. Chalut. — Stn. 1311, 37°37’N., 229: VW. 1187 metres. Chalut. — Stn. 1349, 38° 35’ 30” N.., 28° 06 W., 1250 mètres, vase, sable volcanique, entre Pico et Sao Jorge. Chalut. |
_Les tubes sont fixés sur des coquilles habitées par Sympa- gurus bicristatus.
Genre Pomatoceros, Philippi
POMATOCEROS TRIQUETER, Linné
Ajouter : N° 576, Port de Monaco. Sur un caillou.
(194)
— 10,
APPENDICE
MAcLoviA GENICULATA, Claparede
Notocirrus geniculatus, CLAPAREDE (1868) p. 149, pl. vi ; fig. 6. » » Marıon (1875) p. 15, pl. 1, fig 2. ? Notocirrus scoticus, EHLERS 1874 nec Mc’Intosn.
Station 01242 (1910) environs de Monaco, 50 mètres environ. Petit chalut à étriers.
Un gros fragment antérieur, très tortillé, long de 150 mill. environ, sur 5 mill. de diamètre. |
L’aspect extérieur est exactement celui de la Macloviairicolor. Les yeux sont disposés sur une rangée transversale au nombre de 4, mais l’avant dernier de droite est double, formé de deux masses arrondies tangentes situées l’une derrière l’autre.
Chez la Maclovıa 1ricolor, qui porte normalement 4 yeux en bande transversale, on observe fréquemment des irrégularités de ce genre dans le nombre et la forme des yeux. /
L’aspect des pieds, avec leur petit cirre dorsal est conforme aux figures de Claparède. Il en est de même des soies qui sont toutes simples mais de deux sortes : les unes faiblement limbées, les autres à limbe plus développé, présentant à la base une crête en aileron dentelé, ou plus exactement deux crêtes légèrement divergentes, situées de part et d’autre de la soie, ainsi qu’on peut s’en rendre compte en l’examinant de face. Vus de côté les deux ailerons se profilent l’un sur l’autre.
Les soies de Maclovia iricolor sont aussi de deux sortes et présentent exactement la même disposition, ainsi que j'ai pu m'en assurer sur plusieurs spécimens de diverses provenances. Elles sont absolument semblables.
Les deux espèces ne peuvent se distinguer que par la forme de la première paire de mâchoires, en grand croc à base denti-
Aes culée chez la Maclovia iricolor,.en plaque dentelée dont la premiere dent, correspondant au croc, n’est pas beaucoup plus développée que les autres chez la Maclovia geniculata.
Les mächoires 11, 111, ıv, sont semblables a celles de la Maclovia iricolor et de | Arabella quadristriata, telles que ces dernieres ont été représentées par Ehlers. La figure de Marion n’en rend pas trés bien l’aspect. es
Elles ont de grandes dents aigués, recourbées en arriere, et une expansion chitineuse latérale aliforme. La cinquième paire est représentée, de chaque côté, par un seul petit croc aigu, plus ou moins marqué par la quatrième paire et facile à confondre avec elle. ;
Les supports filiformes sont au nombre de trois : deux longs noirs et un impair plus clair et plus court. La forme un peu differente de la premiere paire de mächoires est donc le seul caractere permettant de distinguer cette espece de la Maclovia iricolor. Elle doit donc rentrer dans le méme sous-genre et etre designee sous le nom de Maclovia geniculata, le genre Notocirrus, sensu Claparède ayant été supprimé avec raison.
Mediterranée.
Genre Terebella
TEREBELLA LAPIDARIA, Kähler
Ajouter : Stn. 0289 environs de Monaco, un petit spécimen dans un tube de Vermiliopsis.
Genre Vermiliopsis, Saint Joseph
VERMILIOPSIS INFUNDIBULUM, Langerhans
Ajouter : Stn. 0289, environs de Monaco, tube vide. — Stn. 01065, sur un tube de Vermet.
(194)
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Nes
176. — Commission internationale pour l'exploration scientifique
de l'Atlantique, rédigé par le Prof. Alph. Bercer........, 1 En a
197: — Sur les Molpadides de Norvége, par Edgard HrrovArD... !
178. — Notes preliminaires- sur les Gisements. comestibles des Cötes de France. La cöte meridionale de la Bretagne comprise entre le plateau de Kerpape et. la pointe de Trévignon par J. GUERIN-GANIVET (avec une Be re ee See iat te
179. — La pêche à marée basse, par R. LEGENDRE ........,......
180. — Pression osmotique des liquides des Oiseaux et Manuel foes marins Par Pr. PORTION. vas un. aw desu coe lee eee Ele
181. — Mesure des densités d’eaux marines par flotteurs totalement
immérgés par JS, ThouleterChevaller su... al...
182. — Campagne scientifique de la Princesse-Alice en 1910, liste des Stations, dressée par J. RicHarp, avec une carte....
183. — Contributions au Systeme des MEdlages, basées sur des formes bathypelagiques des campagnes scientifiques de S. A. S. le Prince de Monaco, par le Dr Otto Maas.....
184. — Sur la présence de l’Ergasticus Clouei A. Milne- Edwards -
‘dans. les fonds avoisinant les cötes de la Bretagne ‘occidentale, par J: GUERIN-GANWET... nn denne
185, 186, 187.— Sur la dixieme campagne de la Princesse-Alice IL Sur la onzieme campagne de la Princesse-Alice I]. Sunt
les travaux océanographiques du Musée de Monaco. par S: AS: lé Prince ALBERT | DE MONACO...
188. — Quelques remarques sur le programme hydrobiologique |
de Monaco, par Alexander NATHANSOHN................:.. 189. — La répartiton géographique du Triangulus munide ?
G. Smith, Rhizocéphale parasite des espèces du genre . GUÉRIN- Sn epe 190. — Couleur des fonds marins, par J. THOULET......... cee
191. — Nouveaux essais de spongiculture au Laboratoire Maritime. le Professeur
RR
Munida Leach, par J.
de Biologie de Tamaris- -sur-Mer, par M.
FRÉMIET.:. <2.
see. een eee:
193. — Diagnoses des Poissons nouveaux provenant des campa-
gnes du yacht « Princesse- Ace » (1901 à 1910), par. Erich ZUGMAYER. Sd pie ha nol aie a cere erat
194 — Troisième note préliminaire sur tes Polychétes provenant des campagnes de l’Hirondelle et de la Princesse-Alice, ”
ou déposées dans le Musée M ut de > Monaco,
par Pierre HAVE Semi ant ee PR Et BIN DC D
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“MONACO. — IMPR, DE MONACO.
Ke Bullen est en dépôt chez Friedlander, ee a Berlin et chez M. Le Soudier, TA 176, boulevard Saint- Germain, à Paris. EN Les numéros du Bulletin se vendent séparément aux prix suivants et franco :
de Mollusques :
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192. — Revision de la. famille des Textularide, par E. Faurt-
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(Fondation AL BERT Ter, > PRINCE DE Monaco)
(OTES PRELIMINAIRES SUR LES GISEMENTS
DE MOLLUSQUES COMESTIBLES DES COTES — DE FRANCE: LA RADE DE BREST.
(AVEC UNE CARTE)
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par J. GUERIN-GANIVET -
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Les auteurs recoivent 5: exemplaires de leur memoire. is peuvent, € en. |
_ outre, en faire tirer un nombre quelconque — faire la demande sur le a ite _ manuscrit — suivant le tarif suivant : ) te 50 ex. | 100ex. | 450 x. | 200 ex. | 250 ex. | 5 500 Ovex. | ,
Un quart de feuille orale ae A yok Sfaoch 68a 8£40 | 10 40 | ink an, Br, ‚Une demi-feuilles..:,....1 24/70) Go 880) p 271399 22 80] —--
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Il faut ajouter a ces prix celui des planches quand il ye a lieu. à : os =
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BUEBETIN DE L’INSTITUT OCEANOGRAPHIQUE
(Fondation ALBERT 1°, Prince de Monaco)
No 195. — 30 Janvier ıgrı.
NOTES PRELIMINAIRES
SUR LES
Gisements de Mollusques comestibles des Cötes de France."
La Rade de Brest.
(AVEC UNE CARTE)
par J. GUERIN-GANIVET.
Docteur ès-sciences. Naturaliste attaché au Service Scientifigne des Pêches au’Ministere de la Marine.
Ainsi qu’on peut en juger par la carte jointe à cette note, la rade de Brest constitue l’une des parties du littoral breton les plus riches en mollusques ; c’est le type par excellence des régions abritées où la faune est abondante et variée, sorte de cuvette irrégulière à bords déchiquetés dont le centre est marqué par une dépression collectrice des eaux des rivières et
des havres nombreux qui s’y jettent.
(1) La liste des notes précédemment parues est la suivante :
19 GUÉRIN (J). — Notes préliminaires sur les gisements de Mollusques comestibles des côtes de France. — Les côtes de la Charente-Inferieure, (Comptes rendus de l’Association française pour l’Avancement des Sciences;
_ Congrès de Grenoble, t. XXXIII, p. 825-852, pl. ıv). 1904.
20 Jousın (L.). — Idem. — Les côtes de la Loire à la Vilaine, (Bulletin
du Musée Océanographique de Monaco, n° 59). 1906. 30 Guérin (J.). — Idem. — Le golfe du Calvados, (loc. cit. n° 67). 1906. 4° Jousın (L.). — Idem. — La région d’Auray (Morbihan). (Bulletin de
l’Institut Océanographique, n° 89). 1907. |
La disposition parfois abrupte de la cöte en rend l’examen fort difficile, et j'ai dû pour la première fois renoncer au pro- gramme d’exploration minutieuse auquel je n’avais pas dérogé en dressant toutes les cartes qui accompagnent mes notes anté- rieures ; il n'est en effet pas un gisement, dans l’ensemble de ceux dont j'ai jusqu à présent parlé, qui n’ait fait l'objet d’une vérification personnelle ; mais il ne m'a pas été possible d’agir ainsi en ce qui concerne une partie des côtes de la rade de Brest: les côtes rocheuses du goulet, celles de la presqu’ile de Quélern, de Vile Longue, et une partie des côtes de la pres- qu’ile de Plougastel sont inexplorables à pied, en raison de leur verticalité qui en rend le parcours même dangereux ; d’autre part, l'exploration de ces côtes à l’aide d’une embarcation n'est praticable que par des mers exceptionnellement calmes ; elle
50 GUERIN-GANIVET (J.). — Idem. — L’embouchure de la Loire, la Baie de Bourgneuf et les cötes de Vendee, (loc. cit., n° 105). 1907.
6° sin (L.). — Etudes sur les gisements de Mollusques comestibles des côtes de France. — Lacöte Nord du Finistère, (loc. eut, ne 115). 1008.
7° Joustn (L.). — Idem. — Le Morbihan Oriental, (loc. cit., n° 116). 1908.
8° GUERIN-GANIVET (J.). — Notes préliminaires sur les gisements de Mollusques comestibles des côtes de France. — L’estuaire de la Gironde. (loc. cit., n° 131), 1909 ; et Travaux scientifiques du Laboratoire de Zoologie et de Physiologie maritimes de Concarneau, t. I, fasc. 2, 1909.
9° GUERIN-GANIVET (J.). — Idem. — La côte des Landes de Gascogne ei le bassin d’Arcachon (loc. cit. no 135), 1909; et Travaux scientifiques du Labo- ratoire de Zoologie et de Physiologie maritimes de Concarneau, t. I, fasc. 5,
1909. : woe Jousın (L.). — Etudes sur les gisements de Mollusques comestibles des cötes de France. — La cöte de Lannion a Treguier (loc. cit., no 136), 1909. ; ce Jousin (L.). — Idem. — La côte de Tréguier a Paimpol; Vile de Brehat, (loc. cit., n° 139). 1900. 3 120 Jousin (L.). — /dem.— La baie de Saint-Brieuc (loc. cit., n° 141). 1909. 130 GUERIN-GANIVET (J.). — Notes préliminaires. L'ile aux Moutons et
l'archipel des îles de Glenan (loc. cit., n° 154). 1909 et Travaux scientifiques... tl, fase. 6.).1809.
14° GUÉRIN-GANIVET (J). — /dem. — La cote morbihannaise de la riviere d’Etel a lanse de Kerguelen (loc. cit., n° 155, 1909, et Travaux scientifi- dues... t. ],-Tase. 7), 2008.
150 GUÉRIN-GANIVET (J). — Idem. — La côte méridionale du Finistere comprise entre la pointe de Penmarch et la pointe de Trevignon (loc. cit., n° 170, 1910 et Travaux Scientifiques. t. II, fasc. 1.), 1910.
16° Jousin (L.).— Etudes sur les gisements de Mollusques comestibles des côtes de France. — La baie de Saint-Malo (loc. cit., n° 172). 1910.
170 JouBin (L.). — Idem. — La baie de Cancale (loc. cit., n° 174). 1910.
180 GUÉRIN-GANIVET (J). — Notes preliminaires.... La côte meridionale
de la Bretagne comprise entre le plateau de Kerpape et la pointe de Trévi- gnon (loc. cit., n° 178, 1910 et Travaux Scientifiques... t. II. fasc. 2). 1910.
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exige, en conséquence, une presence ininterrompue sur les lieux afın de profiter des occasions favorables, et on comprendra que, dans ces conditions, j’aie été dans l’obligation d’y renoncer. Mais l’ensemble des renseignements trés précis que je dois a Vobligeance de MM. Mouëllo, ancien administrateur de l'Inscrip- tion maritime a Brest, actuellement a Morlaix, et Margot, administrateur à Camaret, à qui j adresse mes plus sincères remerciements, les affirmations des divers agents de la Marine et des pécheurs que j’ai interrogés, et les quelques vérifications qu'il m'a été donné de faire en quelques points de ces côtes abruptes, m’autorisent cependant a publier un travail dont je n'hésite pas à garantir l’exactitude.
Les frais de dessin et de gravure de cette nouvelle carte ont été, cette fois encore, supportés personnellement par S. A. S. le Prince de Monaco: je le prie de vouloir bien agréer expression de ma très vive et très respectueuse gratitude.
La rade de Brest est une des régions littorales des plus interessantes: en dehors delle, dans toute l’étendue des côtes armoricaines, il n’existe nulle part une concordance si évidente entre la topographie générale des côtes, la nature géologique du sol et la distribution lithologique des éléments du fond.
La rade ne communique avec l'Océan que par l’etroit goulet de Brest qui sépare par deux kilomètres à peine, la côte brestoise de la petite presqu ile de Quelern ; sa région orientale montre deux échancrures profondes, constituant les deux estuaires de l’Elorn et de l’Aulne, séparés par la presqu’ile de Plougastel dont la pointe avancée (pointe de l’Armorique) est formée par les fameux quartzites du même nom.
La direction générale des plissements du sol, tous parallèles, est à peu près normale à la direction du littoral. La conséquence de cette disposition, lorsque les couches géologiques sont de nature différente, est que l’abrasion s'exerce plus particulière- ment sur les roches les plus tendres en creusant inévitablement
(195)
des hävres et des estuaires que separent des promontoires d’autant plus accentués que leur constitution petrologique offre à l’action des eaux une résistance plus grande; — et si l'alternance géographique de ces roches suit un certain parallé- lisme, elle entrainera le méme parallélisme dans la disposition des estuaires : c’est ce qui s’est passé dans la rade de Brest: creusés dans les schistes de Porsguen ou les grauwackes dévoniennes du Faou, les havres (anse de l’Auberlac’h, du Moulin Neuf, de Penfont, de Daoulas, de l'Hopital-Canfrout, etc.,) sont tous parallèles à la direction générale de l’Elorn (ou rivière de Landerneau) dont le lit et l’estuaire, creusés dans schistes phylladiens, témoignent du peu de résistance des roches encaissantes. Le goulet de Brest lui-méme ne doit son existence qu’a la destruction des schistes phylladiens sous la méme influence, et sil n’en reste plus trace au nord de la presqu’ile de Quelern, on les retrouve encore aux pointes du Délec, du Diable et de Portzic, appuyés sur les gneiss granuli- tiques qui en forment le soubassement ; l’abrasion a d’ailleurs mis à nu les gneiss dans la région nord de la rade (côte brestoise, pointes du Grand et du Petit Minou), créant ainsi des solutions de continuité dans les phyllades qui sans interruption réunis- saient certainement Landerneau al’entrée du goulet. D’ailleurs, si la riviere de Chateaulin (ou Aulne) parait quelque peu faire exception a ce parallélisme, c’est que les tufs et les calcaires de Rosan, que l’on rencontre sur la presque totalité de sa rive gauche, ont guidé d’eux-mémes son cours naturel ; mais il est facile de constater que les petites anses qu’elle recoit n’ont pas échappé au parallélisme général, concordant avec la direction des terrains schisteux.qu elles traversent 70 „et SH on 20 > maintenant à l’influence de l’abrasion l’acceleration produite par l’erosion météorique, ce qui .est loin detre un cr; negligeable, on comprendra la disposition géographique de la rade de Brest, que protége le massif quartziteux de la presqu’ile de Quelern, dont V’altitude atteint 80 mètres à la pointe des Espagnols. ; C’est ainsi que s’est réalisé le type des anses, créé par de
Martonne pour les cötes de rias formées dans les régions plissées normalement à la direction des lignes de rivage (1). Ces phénoménes se sont d’ailleurs produits sur toutes les
côtes situées au sud de la rade de Brest, dans la région occiden-
tale de la presqu’ile de Crozon, par exemple, où les angles rentrants du rivage, toujours situés dans les roches tendres, se sont multiplies par suite des effets d’une tectonique compliquée, mise en évidence par les travaux de Barrois (2), de Kerforne (3) et ceux encore plus récents d’Azéma (4) qui a introduit dans leur explication les influences du charriage.
La lithologie et la topographie sous-marines sont la consé- quence des considérations précédentes.
Le remaniement des schistes phylladiens de l’Elorn ou des
schistes dévoniens ou grauwackes du Faou a pour conséquence
la présence presqu’exclusive de la vase dans les deux grands
estuaires de la rade, et l’entrainement des sédiments se fait sentir plus particulièrement sous l'influence du courant de Y Aulne jusque dans la baie de Roscanvel dont le fond, constitué par un sable provenant de la désagrégation des quartzites, est vaseux dans la plus grande partie de son étendue. Il est a remarquer que cette zone sablo-vaseuse est toute entière située au sud-ouest d’une ligne réunissant la pointe des Espagnols a celle de Pen ar Vir, et qu’elle permet d’affirmer que, au moment du renversement du courant lors de l’étale de jusant, le refoule- ment des eaux de la rade par celles qui arrivent par le goulet de Brest se fait en grande partie dans la baie de Roscanvel, et le
(1) MARTONNE (E. de). — Le developpement des côtes bretonnes et leur étude morphologique. (Bulletin de la Société scientifique et médicale de l'Ouest, t. XII, pp. 233-260), 1903, et Travaux scientifiques de l’Université He Renmes,t. Il, pp. 333-348, 1903.
(2) Barrois (Cx.). — Presqu’ile de Crozon (Bull. Serv. carte géol. Fr., 1. X, 1899). (3) KERFORNE (F.). — Etude sur la région silurique occidentale de la peesqu tle de Crozon (Bull. Soc. Sc. Med. Rennes,: T. X, pp. 1-234) 1901. (4) AzEMA (L.). — Note sur la tectonique de la pointe occidentale du
Eomsiere (Bulls Soc. Sc. nat. Ouest France, (2), T..X,° pp. 157-177, Pl. XVII-XXI) 1909.
Azema (L.). Note sur les nappes de charriage dans la région de Camaret mull, Soc. Sc, nat. Quest France, (2), T.X, pp. 55-62) 1910.
(195)
> 0 ah 1
depöt des particules vaseuses en suspension dans l’eau est ainsi
favorisé par le ralentissement de leur vitesse de déplacement (1); ce sable vaseux passe d’ailleurs au sable pur, puis a la roche, quand on se déplace vers le centre de la rade, puis vers le goulet de Brest, oü la profondeur atteint son maximum (46 metres).
La topographie sous-marine est une autre conséquence de
ce régime, l’exhaussement du sol sous-marin tendant à se
produire dans le fond des anses ou des baies, par suite de l'accumulation des sédiments ; et il arrive en effet que les isobathes sont d’autant plus voisins de la cöte que celle-ci se dessine en promontoires plus exagérés. L’isobathe de 10 mètres, par exemple, suit de trés pres la presqu’ile de Quelern et la côte septentrionale de la rade et du goulet, mais il s’éloigne de la cöte a l’ouest de la péninsule de Plougastel; il en est de même au sud de cette même presqu’ile, de celle du Binde, et au Nord de toute la côte septentrionale de la presquile de Crozon qui lui fait face; mais 1l est à noter que ces isobathes s’avancent très profondément en amont dans les rivières, et
(1) C’est pour une raison analogue que les fonds sont sablo-vaseux dans la petite anse de Camaret, le dépôt des sédiments argileux qui proviennent du démantellement des schistes du voisinage étant favorisé par le calme
relatif des eaux de la petite baie, les forts courants du goulet de Brest ne.
se prêtant pas à leur sortie facile.
Ces faits sont à rapprocher de ceux que Barrois (*) a déjà signalés dans le Morbihan et à ceux que j’ai signalés dans le golfe de Riantec (**); mais tandis que dans ces derniers cas on a affaire à des golfes ou hâvres ne communiquant avec la mer que par des passes assez étroites, les baies de Roscanvel et de Camaret sont au contraire largement ouvertes, l’une dans la rade Brest, l’autre à l’ouest de la presqu’ile de Quélern ; mais dans tous les cas, c’est le fait du ralentissement de vitesse des courants propres à ces baies qui est la cause essentielle de l’envasement, sans en être, toutefois, la cause primordiale, celle-ci résidant évidemment dans la présence de roches argileuses ou calcaires dans le voisinage, ou dans le transport des éléments résultant de leur destruction par d’autres courants, dans le cas où ces roches mêmes sont éloignées des golfes ou des baies.
(*) Barroıs, (CH.). — Sur les phenomenes littoraux actuels du Morbihan Ann. Soc. géol: Nord, T.:XXIV, pp. 182 226, pl AV er V) 189%
(**) GUÉRIN-GANIVET (5.). — Notes préliminaires....: La côte morbi- hannaise de la rivière d’Etel a l’anse de Kerguelen (Bull. .Instit. Océan. n° 155, et Trav, Sc. Concarneau, 11417 fase. 7,1909),
EN AT RC RK NR, % & he
nn que l’Aulne, en particulier, creuse son lit au point de constituer, depuis le Folgoat jusque dans la rade même, une véritable rivière sous-marine, une dépression brusque se faisant sentir depuis 10 mètres jusqu’à atteindre 26 mètres sur un espace insignifiant. |
L’ensemble de toutes ces considérations crée a la rade de Brest un régime qui ne peut-être que très favorable au dévelop- pement des mollusques, lesquels peuvent s’abriter dans la vase ou le sable vaseux des havres ou des baies, où les apports d’eau douce ne peuvent que les favoriser beaucoup, du moins pour certains d’entre eux.
x x
Tous les gisements situés dans la rade de Brest sont placés, sous la surveillance des agents de deux quartiers maritimes seulement.
1° Le quartier de Brest, dont l’etendue est comprise entre la pointe du Petit Minou, au nord, et le petit havre du Loch, sur la côte septentrionale de la presqu’ile de Crozon ;
2° Le quartier de Camaret, dont il ne sera question que des côtes septentrionales.
Er BUITRES:INDIGENES
La rade de Brest était autrefois un lieu de production ostreicole beaucoup plus important qu’aujourd’hui; les bancs naturels y étaient a la fois plus nombreux, plus étendus et plus riches, de même que le nombre des parcs exploités. J’examinerai
successivement ces deux points.
I. — GISEMENTS NATURELS,
Independamment des gisements naturels que l’on trouve actuellement dans la rade, et qui sont plus ou moins productifs, plus particulièrement dans le sud, j’ai pu retrouver l'indication
(195)
Rx > LR = 7 VA ROC Sa ge st te LL SOU Se Aas HER 2e 4
re .
de gisements dont il ne reste plus aucun vestige. Je comprendrai tous ces gisements dans l’enumeration suivante, faite en suivant la côte de la pointe du Petit Minou a l’anse de Camaret. —
1. Ancienne huitriere de l’'Elorn. L’emplacement de cet.
ancien gisement est incertain. Je n’en ai d’ailleurs eu Vindica- tion que par les pécheurs, dont les dires sont généralement affirmatifs ; il était situé sur la rive gauche de l’Elorn, sur une
étendue d’un kilomètre, en face de la pointe de Pen an Traon.
Les causes de sa disparition sont inconnues.
2. Anciennes huitrieres de Porsguen et de Tinduff. — Il ne reste absolument rien des anciens gisements désignés sous ces noms ; ils étaient importants, situés en face des localités dont ils portent les noms, et occupaient, par conséquent, Pentrée de l’anse du Moulin-Neuf, par des fonds vaseux de 3 à 5 mètres; leur étendue totale atteignait environ une centaine d'hectares.
3. Ancienne huitriere de la pointe du Binde. Ce gisement est situé à l’ouest de la pointe du même nom; on y trouve encore quelques huitres, mais elles sont rares ; le gisement a d'ailleurs toujours été extrêmement instable et proviendrait, suivant les pêcheurs des localités avoisinantes, de la dispersion des huitres d’un ancien parc dont on retrouve encore l'emplacement à la pointe du Binde ; l'instabilité du banc tient à ce que les lames de fond et même les forts courants de flot rejettent les mollus-
ques sur les grèves de galets situés plus au nord, en les condam-
nant à une destruction certaine.
4. Huitriere du Moulin à mer. — Ce gisement, qui s'étend parallèlement à la côte entre l’anse du Bourg et l'entrée de la rivière de l'Hôpital, paraît se développer depuis quatre ans environ; il est établi sur fond de gravier légèrement mêlé de vase et découvre, en grande partie, aux grandes marées d’équi- noxe ; il s'étend sur un kilomètre, parallèlement à la côte.
5. Huitriere de Tibidy.— Ce banc est analogue au précédent; il est situé à l’est et au nord de l'ile de Tibidy et s’est repeuplé depuis quatre ans également ; il est actuellement stationnaire et est établi sur fond de maerl mêlé de vase; il s’etend de la petite localité de Kerdréolet à l'entrée de la rivière du Faou, ot il tend à se réunir au gisement suivant,
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6. Huitriere de Prioly. — Cette huitriere est située beau- coup plus à l’est dans la rivière du Faou; elle décrit une courbe à concavité tournée vers l’ouest, sa partie sud étant au nord immédiat de la poudrière d’Arin; elle est établie sur fond de vase et actuellement en bon état. |
Ces deux huitrieres ont une tendance à se fusionner et à s’accroitre ; en 1908, elles n’occupaient que des emplacements Telarivement, restreints sur la rive droite de l'estuaire de la rivière de Chäteaulin ; actuellement elles occupent une portion Ar enenal, et on rencontre des: huitres même sur les grèves vaseuses de Landévennec, sur la rive opposée.
Il reste maintenant à faire mention des petits bancs très curieux de la riviere de Chäteaulin qui sont établis a droite ou à gauche sur ses bords; ils ont une largeur insignifiante ne dépassant généralement pas cinq à six mètres, et une étendue variable, les uns n’ayant pas cent mètres de longueur, les autres pouvant parfois atteindre un kilomètre ; leur situation et leurs dimensions sont d’ailleurs sujettes à des variations considérables; ils sont actuellement productifs et sont localisés aux endroits suivants.
& et 9. Huitrieres nord de la rivière de Chateaulin. — Deux petits bancs situés l’un en face l’autre entre Térénez et l’anse du Folgoat.
10. Huitrière du Garo. — Très petite aussi et située en face de l’anse du même nom.
11 et 12. Huitrières de Langoat. — Deux petits gisements ayant une tendance à se réunir.
13 el 14. Huitrières de Tregarvan et de la Foret. — Au nombre de deux, la dernière s'étendant jusqu’à Duhaut, dans la rıyıere.
Tous ces petits bancs ne sont pas très peuplés et la concur- rence vitale exercée par les moules qui abondent dans la riviere en est la raison essentielle.
Il résulte de tout ce qui précède que la production naturelle des huitres dans la rade de Brest est actuellement limitée A
celle des gisements situés dans la riviere de Chateaulin ou dans son estuaire,
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II. = PARCS :D’ELEVAGE. ET. DE DEPOT
Les parcs d’élevage et de dépôt sont tous groupés dans les hävres ou les rivieres ; beaucoup d’entre eux ont été abandonnés et ce qu'il reste actuellement ne constitue pas un ensemble bien important.
Un petit nombre de parcs sont situés dans l’Elorn : l’un d’entre eux, celui du Canfrout (75), est completement aban- donné; les autres sont exploités et l’élevage et l’engraissement s'y pratiquent dans de bonnes conditions : c’est ainsi qu'il existe quatre parcs sur la rive gauche de la rivière, l’un à Saint- Jean (76), et les autres groupés au Cap (77); l’ensemble de ces parcs occupent une surface de quatre hectares et demi environ ; leur fond est sablo-vaseux.
Le reste des côtes occidentales de la presqu’ile de Plougastel ne présente d'autre parc que celui de Porsmeur (78), qui est surtout utilisé comme dépôt et qui est situé entre la pointe du Carreau et celle de l’Armorique. |
Un deuxième groupement de parcs existe dans l’anse de l’Auberlac’h où l’industrie ostréicole a beaucoup périclité : il n'existe plus que deux parcs sur cing sur la rive droite [parcs de l’Auberlac’h (19)l, et aucun sur la rive gauche où l’on peut voir l'emplacement de trois parcs aujourd’hui abandonnés [parcs des Fours à chaux (20)]; les fonds sont partout sablo- vaseux.
Dans l’anse du Moulin-Neuf, les parcs de Tinduff (27) ont été abandonnés et il n'existe plus qu’un seul parc à Teuen (22) établi sur fond de vase,
L'ancien parc du Binde (23), établi sur fond de gravier et de coquilles brisées, est complètement délaissé, de même que deux parcs (23 bis) situés entre l’anse du Bourg et l’entree de la rivière de l'Hôpital, près du gisement du Moulin à mer (4).
Enfin il existe un parc à Goasquellou (24), près de la pointe d’Hanvec, et l’on peut retrouver encore les restes d’un ancien parc, abandonné depuis 25 ou 30 ans, sur les grèves de Landé- vennec (24 bis).
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En somme neuf parcs seulement existent actuellement dans la rade de Brest, sur les vingt-trois dont il vient d’étre fait mention : l’ostreiculture y est donc assez peu développée.
Il. — HUITRES PORTUGAISES.
Les huitres portugaises (Ostrea angulata Lam.) n’existent pas dans la rade de Brest. Mais des essais furent faits il ya environ vingt ans pour l’y acclimater ; les remarques qui suivent n'ont donc plus qu'un intérêt historique, mais elles sont intéres- santes et je crois qu'il n'est pas inutile de les signaler.
Le 29 septembre 1890, la commission de visite des huitrieres de la rade, constatant non seulement l’appauvrissement des huitrieres, mais encore la disparition du plus grand nombre, émit le vœu qu’un essai d’ensemencement de l’huitre portugaise fut fait dans l’Elorn, dans les environs du banc de Saint-Marc ; ce vœu fut renouvelé l’année suivante, et 80000 huîtres portu- gaises provenant de l'estuaire de la Gironde furent déversées dans l’Elorn, de telle manière qu’à basse mer, aux plus fortes marées d’équinoxe, elles étaient toujours recouvertes par 50 à 60 centimètres d’eau : la disparition des huîtres était complète huit mois plus tard. Un nouvel essai tenté le 17 avril 1893 sur 20000 huîtres fut suivi du même insuccès. Sans connaitre exactement les causes de ces deux échecs successifs, on peut affirmer que les pêcheurs y ont contribué pour beaucoup, et il ‚n’y a pas à le regretter : ils se servaient en effet des mollusques comme appat, ainsi que M. Bavay, ancien pharmacien en chef de la Marine, me l’a affirmé, à la suite de constatations person- nelles, dans une lettre manuscrite. En tous cas aucune autre tentative n’a été faite depuis cet insuccès dont il n’y a qu'à se téliciter.
Je terminerai ces quelques considérations sur l’histoire des huîtres portugaises dans la rade de Brest en rappelant ici l’asser- tion de Daniel (1); d’après cet auteur l’Ostrea angulata Lam.
| (1) Dane (F.) — Faune malacologique terrestre, fluviatile et marine des environs de Brest (Journ. Conchyl., Vol. XXXI, pp. 263-363et 330-301), 1882.
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aurait existé bien antérieurement à 1893 dans la rade de Brest; il ly signale en effet des 1883 «comme élevée dans les parcs | et paraissant devoir s’y acclimater ». Ily a vraiment lieu de se demander s’il n’y a pas là quelque erreur de determination.
III. — MOULES.
Les moules sont rares dans la rade de Brest.
Sur toute la côte septentrionale, la production est nulle, et il n’y a rien à signaler en dehors de leur présence sur les roches situées immédiatement au sud du fort Mougam (25), à l'entrée même du Goulet.
Dans l’Elorn, un seul banc de moules existe près de Saint- Jean (26), où il occupe l'emplacement de l’ancien Biesment, d’huitres précédemment signalé (7).
En suivant la cöte vers le sud, on constate leur absence complète et l’on n’en rencontre pas sur toutes les cötes de la presqu’ile de Plougastel et même au sud dans les diverses anses ; un gisement s’établit parfois dans l’estuaire de la rivière de Daoulas (27), sur la vase, et deux autres s’observent à l'entrée de la rivière de l’'Hôpital-Canfrout (26), sur les mêmes fonds.
Mais la rivière de Châteaulin offre à cet égard un contraste frappant avec la pauvreté mytilicole des eaux de la rade : on peut dire qu’elle ne constitue guère qu’une vaste moulière (29); les deux rives et même le chenal, en certains endroits, sont littéralement couverts de moules, au point qu’elles génent le développement des petits bancs d’huitres et qu’on les emploie en abondance comme engrais; il est à noter que les moules se développent très profondément en amont dans la rivière, et qu'on les rencontre parfois jusqu'à la Foret, Duhaurrre Pen ar Ros.
Enfin quelques moules, très rares, s’observent encore sur le littoral entre Landévennec et le Loch.
Les moules n'existent pas dans tout le reste de la rade; seule, la partie occidentale de la presqu'île de Quélern est garnie de
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nombreuses mouliéres toutes établies sur le flanc des roches, et généralement inaccessibles en raison de leur situation très ouverte aux vents du large. On peut dire que le revêtement de moules est à peu près continu de la pointe des Espagnols à à la petite anse du Pouldu, qui n’est, en fait, que la partie est de l’anse de Camaret. Les moulières portent les noms des principales pointes : moulières des Espagnols (30), de la pointe Robert (27), de Cornouailles (32), de: Kerviniou (33), des Gapucins (34, dui Diable (35) de ‘Tremet (36), de l’anse du Pouldu (37); quelques moules se retrouvent sur les roches de la pointe Sainte-Barbe (38) ; on n’en retrouve plus ensuite qu’a l’est de la pointe du Grand Gouin (39). Sur la plupart de ces gisements, les moules acquiérent de belles dimensions.
IV. — MOLLUSQUES DIVERS.
De méme que les moules, les Haliotides (Haliotis tuberculata Lin.) ne sont pas très communes dans toute l’étendue de la rade. Aux environs de Brest, on n'en trouve guère qu à l’époque des grandes marées d’équinoxe, au bas des enrochements des jetees; sur le littoral de la presqu:ile de Plougastel. on n’en trouve guère qu à Vile Ronde, et entre la pointe du Corbeau et celle de | Armorique et à l’est de cette-derniere, à:l’entrée de anse de l’Auberlac’h; elles ne s’y rencontrent d’ailleurs qu’en petite quantité. Entre la pointe septentrionale de l’île Longue et celle de Pen ar Vir, elles sont un peu plus abondantes, mais elles ne sont pas appréciées, en raison des accidents que leur ingestion provoque ; enfin on peut en récolter quelques-unes. dans les endroits rocailleux de la côte occidentale de la pres- qu’ile de Quélern et à l’ouest de la pointe du Grand Gouin.
Les palourdes (Tapes decussata Lin.) sont abondantes dans la plupart des grèves sableuses ou sablo-vaseuses du littoral ; elles constituent la seule production des petites anses de Délec (go) et de Sainte-Anne (gz), mais elles abondent dans toute l’etendue de l’Elorn où elles occupent les anses de Saint-Marc
(42), du Moulin Blanc (43), de Canfrout (44), de Kerhuon (45),
(195)
ce: TA a de Saint Nicolas (46) et remontant méme dans la riviére jusqu’au petit villlage de la Foret (47); elles se retrouvent sur la rive gauche de la rivière (46), et sur les côtes de la presqu'île de Plougastel (49), mais en quantités d’autant plus faibles qu'on se rapproche plus de la pointe de l’Armorique (So et 57); au
sud de la presqu’ile, leur intensité de répartition varie suivant
une alternance a peu pres réguliére suivant qu’elles habitent la
cote ou le fond des baies: elles sont donc plus nombreuses dans
les anses de l’Auberlac’h (52) et dans celles dont la réunion
forme la baie de Daoulas (55 à 60) qu’entre la pointe de Doubidy © et celle de Pen a Land (53 à 55) et qu'à la pointe du Binde
(67 et 62); elles se multiplient toutefois à l’entrée des havres
ou des rivières qui se réunissent à la rivière de Chäteaulin
(63 à 67), où elles sont même abondantes. Au sud de la rade, | les palourdes existent sur la presque totalité de la côte, depuis
les grèves vaseuses de Landévennec (68 et 69), jusqu’à la baie ie de Roscanvel ; mais elles sont très disséminées, sauf dans le fond des baies oü elles vivent en plus grandes quantites [le Stang, dans le fond de l’anse du Poulmic (70), sables du Fret (72 et 73), baie de Roscanvel (74 à 77)]. Les sables des anses du Pouldu et de Camaret en contiennent en petites quantités | (79 à 81). *
Les sourdons (Cardium edule Lin.) ont une répartition | analogue, mais notablement moins étendue. Ils sont abondants dans toute la rivière de l’Elorn aux mêmes endroits que les palourdes (42 à 49); les côtes de la presqu’ile de Plougastel en sont déjà moins richement pourvues, et on n'en trouve plus a partir de la pointe du Corbeau ; il faut cependant les mentionner dans les anses du Moulin Neuf (56) et de Penfont (57) et par endroits seulement, sur ia côte occidentale de la presqu’ile de Crozon (70 à 78); enfin on en trouve quelques-uns dans les anses du Pouldu et de Camaret (79 et So).
La répartition des bigorneaux (Littorina littoralis Lin.) est suflisamment explicite sur la carte pour qu’il n’y ait pas lieu d’y insister ; leur présence est particulièrement intéressante dans la rivière de Daoulas et surtout dans la rivière de Châteaulin, sur la plupart des grèves vaseuses. |
Les praires (Venus verrucosa Lin.) sont tout a fait localisées en quelques points du littoral : on en rencontre à la pointe de Doubidy (53), a la pointe de Pen a Land (55), a l’entree de la rivière de Daoulas et dans l’anse de Saint-Jean (5g et 60), toute la région nord de l’estuaire de la riviere de Chateaulin (67 a 68); elles existent en beaucoup plus faible quantité au nord de la presqu’ile de Crozon (68 a 75), sauf a Landévennec (68 et 69), et dans la baie de Roscanvel (74 et 75) où elles sont plus nombreuses Les sables de Camaret en contiennent également quelques-unes (80.)
Les Solen sont localisés a la limite des laisses de basse mer dans toute la rivière de l’Elorn et au nord de la presqwile de Plougastel (42 4 49); il y en a aussi dans la petite anse du Corbeau (50), dans celle de l’Auberlac’h (52), et en quantité notable à l’entree de la rivière du Faou et de celle de Chateaulin (o7. Je men ai pas rencontré sur toute la côte nord de la presqu ile de Crozon.
Les myes (Mya arenaria Lin.) n’existent guére en abondance que sur la rive droite de |’Elorn dans les anses du Moulin Blanc (83 et 84), de Canfrout (85) et de Saint-Nicolas (86).
Enfin les coquilles Saint-Jacques (Pecten maximus Lin.) et les petoncles (Pecten varius Lin.) constituent l’une des richesses les plus grandes de la rade: on peut en effet dire que toute son étendue est occupée par un immense gisement de Pecten qui en épouse à peu près les contours en pénétrant dans toutes Îles baies ou les petites anses. L’inspection de la carte dispense d’ailleurs de toute considération propre à préciser l'étendue de ce gisement ; on remarquera toutefois que le Pecten maximus est beaucoup plus abondant dans le sud de la rade que dans le nord, entre l’île Longue et l'entrée de la rivière de Châteaulin.
Un fait également remarquable est la variation de coloration que présentent ces mollusques suivant la région de la rade dont ils proviennent ; le fait est d’ailleurs bien connu des pêcheurs qui pratiquent ce genre de pêche et n’a pas recu, du moins jusqu'à présent, d'explication satisfaisante. Ces Pecten maximus se pêchent par milliers dans la rade; les uns sont consommés sur place, les autres exportés; enfin une grande quantité est utilisée sur place, pour la fabrication de conserves alimentaires.
(195)
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Les pétoncles sont aussi récoltés, mais ils ne sont guére
. . > . , 2 We utilisés que pour la consommation locale. Ils sont surtout — abondants a la limite des fonds où se péchent les Pecten ‘maximus, au niveau des mers les plus basses ou a quelques
metres de jeu
En résumé, si la rade de Brest a beaucoup perdu de son importance au point de vue ostréicole, elle est un lieu de pro- duction important des autres Lamellibranches comestibles qui s'y reproduisent suflisamment abondamment pour qu'il soit inutile de songer même à en règlementer la pêche. Toutefois
une exception pourrait peut-être être faite en ce qui concerne.
les coquilles Saint-Jacques ou même les pétoncles, en vue de la protection du banc très important qui occupe la presque totalité de la rade, et qui est une véritable source de revenus pour les pêcheurs et même les industriels de la région. Il est vrai que la stabilité de ce banc est beaucoup plus grande que les bancs similaires qu’on rencontre ailleurs sur les côtes de France, en raison de sa situation dans un endroit abrité, mais il faut compter avec les abus d’une exploitation qui pourrait affaiblir sa production. C’est en cela qu’une réglementation qui tendrait
à déterminer un minimum de taille pour les coquilles suscep-
tibles d’être vendues par les pêcheurs pourrait ici intervenir :
c'est d’ailleurs un vœu qui a déjà été plusieurs fois émis et dont
la réalisation serait, du moins pour certains gisements, une
garantie de stabilité ; elle ne saurait en effet l’être pour tous,
2 en raison de la facilité avec laquelle ces bancs se déplacent, et